DIFFÉRENTES DÉPENSES

Charge liée à l’intégration

Le coût de l’énergie représente une part plus ou moins importante des charges opérationnelles d’une exploitation agricole. « Cela va particulièrement dépendre du degré d’intégration de l’exploitation, explique Laurent Somer, conseiller énergie-climat pour les chambres d’agriculture de Bretagne. En aviculture, où les systèmes sont très intégrés, le propane peut représenter une charge significative. Cette charge est moindre en production laitière peu intégrée. »

 

Différences selon les productions

La chambre d’agriculture de Bretagne et le CerFrance Finistère ont montré que le type de dépense énergétique variait selon les productions. En 2018, le premier poste de dépense énergétique en production laitière est le carburant (7 075 €/ exploitation) suivi par l’électricité (4 471 €/exploitation). Pour la production avicole, le combustible devient le premier poste de dépense énergétique (12 231 €/exploitation) suivi par l’électricité (6 076 €/exploitation). En élevage porcin, l’électricité constitue le premier poste de dépense énergétique (32 737 €/exploitation) suivi par le carburant (7 751 €/exploitation).

ANALYSER SA CONSOMMATION

Se comparer

Il est possible d’analyser les consommations énergétiques de son élevage à partir des factures annuelles. « Il existe des références pour chaque filière, souligne le conseiller. Celles-ci sont disponibles auprès des instituts techniques ou des chambres d’agriculture. » Elles permettent ainsi de se comparer et d’évaluer la marche de progrès possible. Les chambres d’agriculture proposent notamment des formations ainsi que des accompagnements à l’optimisation de la consommation énergétique.

 

Repérer les postes de dépenses

« Il s’agit, dans un premier temps, de repérer les postes de dépenses énergétiques et d’identifier ce à quoi elles servent (ventilation, chauffage, éclairage, racleurs, etc..), poursuit Laurent Somer. On procède à une approche globale sur le chauffage par exemple, et on identifie les équipements économes qu’il serait judicieux d’installer. »

DES PISTES.D’AMÉLIORATION

Optimiser les équipements en lait

En production laitière, la salle de traite et le robot de traite constituent les principaux postes de consommation électrique. « Les équipements de traite, le positionnement du tank à lait ou la ventilation du groupe froid peuvent jouer sur la facture d’électricité, indique le spécialiste. Certaines pompes à vide consomment de l’énergie inutilement sans besoins particuliers. »

 

De nouveaux équipements

Certains équipements peuvent être intéressants pour diminuer la consommation électrique. « Début 2020, un tiers des laitiers bretons se sont engagés dans une démarche de réduction de leur consommation, ajoute l’expert. Ce sont 2 800 pré-refroidisseurs et 700 récupérateurs de chaleur qui ont été installés. Par an, 22 GWh sont économisés. »

 

Impact des pratiques

Concernant la facture en GNR (gazole non routier), Laurent Somer rappelle quelques fondamentaux : « La conduite doit être économe, les pneus n’ont pas besoin d’être trop gonflés. Les outils doivent être adaptés et bien réglés. » La réduction du travail du sol permet de baisser la consommation de carburant. « En comparaison, ce sont 45 l de GNR qui sont consommés pour un hectare labouré, 20 l pour un hectare en technique culturale simplifiée (TCS) et seulement 5 l pour un hectare en semis direct », précise-t-il.

 

Développer son autonomie

« L’autoconsommation photovoltaïque, totale ou avec vente de surplus, réduit la consommation annuelle d’électricité de 20 à 40 % », note l’expert. Les systèmes solaire-thermique et chaudière à bois peuvent aussi être des pistes à creuser en fonction du volume d’eau chaude sanitaire consommé par jour et de la présence d’autres ateliers nécessitant du chauffage. 

Alessandra Gambarini