Les sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) du réseau de La Ceinture verte, présentes en Béarn, Limousin, Drôme ou Seine-Maritime, regroupent des acteurs locaux, tels que les chambres d’agriculture, les collectivités locales, les couveuses agricoles, des associations (des groupements de producteurs bio, Graine de Cocagne, l’Association drômoise d’agroforesterie, le Collectif fermier 64, etc.). Cela leur permet de lever plus facilement des fonds publics d’investissement (Leader, Agence de l’eau, Crédit agricole, Caisse des dépôts) et auprès d’investisseurs solidaires.

La SCIC achète des terres propices au maraîchage, par lot de 2 hectares, « la taille idéale adaptée pour une UTH (unité de travail humain) maraîchère, divisés en 1,2 hectare de plein champ et 0,15 hectare sous serre », explique Maïte Goyhenetche, responsable technique de La Ceinture verte béarnaise.

Démarrage facilité

Une ferme déjà équipée

La Ceinture verte équipe la parcelle d’un forage ou d’adduction d’eau potable, d’électricité, d’un système d’irrigation complet, édifie la serre et le bâtiment de stockage (100 m2). Ce foncier, ces améliorations foncières et le bâtiment sont mis à disposition d’un porteur de projet. S’il est jeune agriculteur, qu’il soit en société ou en individuel, il peut bénéficier personnellement de la DJA (dotation jeune agriculteur). Sinon, de toute autre aide à laquelle il est éligible (aide régionale, prêt d’honneur…).

Il destine, par conséquent, ces financements à d’autres investissements comme l’outillage, et non au foncier et aux améliorations foncières, qui représentent le plus souvent 60 % de l’investissement de départ. Il peut bénéficier toutefois de certaines aides régionales type PCAE (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) et PVE (plan végétal environnement).

 

Un accompagnement technique

La mise à disposition de l’outil de production est associée à un accompagnement technique. Le technicien de La Ceinture verte connaît l’outil puisqu’il a contribué à sa mise en place, il est donc en mesure de conseiller autant sur le système d’irrigation que sur la mise en place des cultures, l’agronomie, l’ergonomie au travail, en faisant aussi appel aux compétences du réseau des structures adhérentes.

Un maraîcher tuteur indemnisé par La Ceinture verte et qui réalise au minimum une visite par mois fait aussi partie de l’accompagnement technique.

 

Cotisation mensuelle

La ferme et l’accompagnement sont fournis contre une cotisation progressive mensuelle de 300 € la première année, 450 € la deuxième, puis 600 € à partir de la troisième année et 750 € par mois en quatrième année, dont 150 € d’épargne dans la coopérative, le tout « à condition qu’il y ait au moins 14 500 € de revenu disponible par an », précise Maïte Goyhenetche.

Juridiquement, l’agriculteur et la SCIC concluent un contrat de prestation de services, associé à une mise à disposition de matériel (serre et irrigation) et un prêt à usage sur une durée de dix-huit ans pour la parcelle, ce qui évite de tomber dans le champ d’application du statut du fermage.

LIBERTÉD’ENTREPRENDRE

Une installation à part entière

« Il ne s’agit pas d’intégration », avertit Doris Robert, directrice de la SCIC Ceinture verte Pays de Béarn. En effet, les agriculteurs installés sont libres de choisir leurs fournisseurs et leurs clients (grossistes, coopératives, Amap, magasins de producteurs). « La Ceinture verte ne vend et n’achète rien », résume-t-elle. Les agriculteurs d’une même SCIC se retrouvent plusieurs fois par an pour des échanges de pratiques, du tutorat, des achats groupés… « Cependant, nous exigeons la certification en agriculture biologique, en cohérence avec les attentes des consommateurs et des porteurs de projets maraîchers », indique Doris Robert.

Gaia Campguilhem