La location d’un tracteur ou d’un transporteur pour faire face à une charge de travail ponctuelle est une solution qui se développe, aussi bien chez les agriculteurs que dans les collectivités locales. La location est généralement facturée à la journée, ce qui défavorise l’agriculteur lorsque le chantier est arrêté par la météo, par exemple. Afin de ne comptabiliser que les heures d’utilisation réelle, le tractoriste autrichien Lindner a noué un partenariat avec le spécialiste allemand de la blockchain, Cash On Ledger.

Une technologie transparente

Cette technologie repose sur deux principes : la suppression des intermédiaires et la décentralisation des vérifications. Ainsi, dans le cas d’un paiement entre un vendeur et son client, il n’est plus nécessaire de passer par la banque, qui jouait jusqu’à présent le rôle d’intermédiaire de confiance. La blockchain certifie elle-même la transaction. Toutes les opérations et échanges d’informations s’effectuent directement entre utilisateurs et des milliers d’ordinateurs décentralisés, appartenant à des particuliers ou à des entreprises, qui mettent leur puissance de calcul au service de la chaîne pour valider et enregistrer la transaction de façon indélébile et infalsifiable.

Les données de la télématique sont transmises par la blockchain, ce qui élimine le risque de falsification. © Lindner

L’utilisation de cette technologie est totalement transparente. Il n’y a pas de démarche particulière à faire pour enregistrer ses données ou pour les lire. Le système garantit l’intégrité de l’information entre l’émetteur et le récepteur, mais il n’en certifie pas la qualité. Si l’indication entrée est fausse, la même erreur sortira au bout de la chaîne. La blockchain supprime donc l’intermédiaire de confiance, ce qui nécessite une vérification au moment de la saisie de la première information.

Récupérer les données de télématique

Le recours à ce système pour remonter les données de la télématique TracLink du tracteur garantit l’authenticité des informations. En effet, contrairement au compteur horaire du tracteur ou à certaines informations de la télématique, il n’est pas possible de modifier celles de la blockchain.

En plus du nombre d’heures d’utilisation, TracLink remonte des données sur l’utilisation de la machine. Le service de location de Lindner sait si le tracteur a été employé pour du simple transport ou pour des travaux plus lourds et peut éventuellement adapter le tarif.

La transaction gérée avec la blockchain

Cash On Ledger propose aussi à l’agriculteur de régler sa facture en utilisant la blockchain, par exemple en achetant un crédit d’heures. Le tracteur est bloqué lorsque le crédit est épuisé.

Pour le moment, cette solution de facturation est testée sur des tracteurs et transporteurs loués à des collectivités locales en Autriche. Des agriculteurs se sont également manifestés pour tester cette solution.

Corinne Le Gall