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S’équiper face aux pannes de courant

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Elevage - S’équiper face aux pannes de courant
La génératrice puise son énergie directement sur la prise de force du tracteur. Sur ce modèle, le courant peut être dispensé en triphasé (prise rouge) ou en normalisé 220 V (prise bleue). © G. Baron/GFA

La plupart des élevages ne peuvent pas se passer de courant plus de quelques heures, voire minutes. Alors que les gestionnaires de réseaux électriques craignent des coupures cet hiver, il est essentiel d’être bien outillé.

Le gestionnaire du réseau électrique français RTE (1) a évoqué une « vigilance particulière » pour l’hiver 2020-2021. La crise sanitaire a entraîné des retards sur l’entretien et la maintenance du parc nucléaire français. Plusieurs réacteurs seront à l’arrêt et des tensions fortes pourraient avoir lieu sur l’approvisionnement en électricité. Les mois de février et mars seront particulièrement à risque, surtout en cas de vague de froid.

L’installation d’un groupe électrogène s’impose dans les gros élevages avec une demande élevée et constante en électricité. Il est important de vérifier son installation avant d’en avoir besoin. © TSE-Aldor

Février et mars à risque

Or, pour de nombreux élevages, les coupures d’électricité représentent un gros danger et une urgence absolue. Dans les bâtiments à ventilation dynamique, deux heures peuvent suffire pour entraîner la mort des animaux. L’air est alors sursaturé en humidité et les bêtes sont comme noyées, les poumons gorgés d’eau. Pour les élevages laitiers, le risque est moins important, mais l’impossibilité de traire pénalise automatiquement la production et peut nuire à la santé et au bien-être des animaux.

Situé à côté du compteur électrique, l’inverseur de source permet le passage du réseau à la production par la génératrice ou le groupe. L’alimentation se fait via une prise de courant triphasée. © G. Baron/GFA

En cas de défaillance du réseau, les éleveurs doivent donc produire leur propre électricité. Deux solutions s’offrent alors selon les fermes : les groupes électrogènes autonomes et les génératrices.

Le groupe électrogène, parfois indispensable

Dans les bâtiments porcins ou avicoles à ventilation de précision, le groupe électrogène à déclenchement automatique est un indispensable. « La coupure d’électricité n’est pas une urgence relative, mais bien une urgence absolue », expose Jean-Loïc Pédrono, technico-commercial chez Techni Sud Élevage (TSE), dans le Morbihan. Ceux utilisés dans les élevages varient de 35 à 300 kVA (kilovoltampères), carburent au GNR et sont généralement carrossés et capotés. Une batterie assure le démarrage du bloc-moteur qui entraîne un alternateur à 1 500 tours/min. Le courant dispensé est stable. Ces machines sont conçues pour endurer une marche permanente. Pour assurer un lancement et une réactivité immédiate, ils sont souvent maintenus à une température avoisinant 60 °C par le réseau électrique.

TSE vient de mettre au point un boîtier qui active et vérifie automatiquement le groupe électrogène et le courant qu’il fournit. Cette vérification peut avoir lieu, au choix, tous les huit, quinze ou trente jours. © TSE-Aldor

Lorsque ce dernier subit une panne, le groupe se lance automatiquement et un inverseur de source change l’alimentation du circuit électrique de la ferme. Jean-Loïc Pédrono rappelle l’importance de surdimensionner cet outil de secours : « Pour démarrer un moteur électrique, il faut parfois 7,5 fois sa puissance nominale. Ainsi, un outil de 1,5 kW qui prend 3 A en charge nominale peut demander jusqu’à 23 A lors du démarrage. » Pour éviter les surcharges, il recommande de dimensionner le groupe pour qu’il tourne à un rythme de croisière à 70 % de sa puissance maximale. La consommation et le prix dépendent de la puissance, mais pour une installation de 100 kVA, il faut compter environ 15 l/h et un investissement financier compris entre 15 000 et 20 000 €.

La génératrice, reine de l’élevage laitier

En cas de coupure de courant, les éle­vages laitiers ont pendant longtemps assuré les traites au moyen d’une pompe à vide directement attelée au tracteur. Cette solution n’est plus commercialisée et son usage très limité n’est plus d’actualité. Les génératrices reprennent ce principe et sont très largement utilisées. « Elles représentent 95 % des dépannages dans les fermes laitières », précise Régis Le Roch, responsable activité lait chez TSE. Un alternateur est directement entraîné par la prise de force. Une fois qu’elle est attelée, la machine est branchée sur l’inverseur de source. La puissance est généralement comprise entre 20 et 50 kVA. Les plus puissantes peuvent aller jusqu’à 85 kVA. Il faut veiller à dimensionner selon les besoins de la ferme. « Chez nous, le best-seller est la 37 kVA », poursuit Régis Le Roch. L’alternateur tourne à une vitesse de 1 500 tours/min grâce à une démultiplication. Un système de régulation évite les variations importantes de tension, qui peuvent notamment détériorer les matériels électroniques.

Deux types de régulation

Certains modèles sont régulés au moyen d’un condensateur de tension. La marge de précision du courant distribué est alors de plus ou moins 5 %. La régulation électronique assure quant à elle un maximum de 2 % de variation. Des interrupteurs différentiels peuvent être installés pour sécuriser les matériels les plus sensibles aux fluctuations, sur les installations robotisées par exemple. Le prix d’une génératrice varie selon la puissance et le niveau de régulation, mais il est généralement compris entre 2 000 et 4 000 € HT. Un tracteur de 50 ch suffit pour une génératrice de 30 kVA, tandis que les modèles les plus puissants nécessitent 120 ch.

Gildas Baron

(1) Réseau de transport d’électricité.

« Veiller à l’entretien est primordial »

La fréquence d’utilisation des équipements de secours varie selon la vulnérabilité de la ferme aux coupures. Même s’ils ne servent que très rarement, il est capital qu’ils soient réparables. Jean-Loïc Pédrono alerte sur les groupes électrogènes à bas prix distribués sur Internet. « De nombreux produits sont issus du marché asiatique et n’ont pas forcément les mêmes pièces détachées que les standards français. Les dépannages peuvent alors devenir très compliqués, voire impossibles. Quand un éleveur appelle mais que nos techniciens ne peuvent pas intervenir pour cette raison, les conséquences peuvent être très graves. » Il souligne un autre point de vigilance essentiel : la vérification régulière du fonctionnement des engins. Si les génératrices peuvent ne fonctionner qu’une seule fois par an sans problème, les groupes doivent être démarrés à une certaine fréquence. Pendant longtemps, de nombreux élevages souscrivaient des abonnements électriques EJP. Les prix de l’énergie y sont très bas, sauf pendant une vingtaine de jours où ils sont très élevés, souvent pendant les vagues de froid. « Ces abonnements disparaissent, et les groupes électrogènes sont parfois oubliés dans un coin, explique Jean-Loïc Pédrono. Mais veiller à l’entretien est primordial. Les longues périodes sans démarrage augmentent les risques de pannes. » TSE vient de mettre au point un boîtier pour démarrer et vérifier les installations tous les huit, quinze ou trente jours.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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