Avec la pression mise sur les traitements phytosanitaires, la flexibilité d’emploi des produits devient primordiale. Être en mesure d’appliquer une matière active précise sur une zone définie devient un argument de poids lors du choix d’un pulvérisateur. Dans ce contexte tendu, l’injection directe apparaît comme une solution crédible. Il faut dire que la technique n’est pas nouvelle puisqu’elle est apparue à la fin des années quatre-vingt-dix.

Une cuve remplie d’eau claire

L’idée est de travailler avec la cuve principale remplie d’eau claire et d’injecter le produit directement dans le circuit. Cette solution supprime la problématique du rinçage de la cuve et les éventuelles pollutions par débordement.

DiiMotion attend la normalisation des bidons pour supprimer les cuves intermédiaires de produit. © DiiMotion

Essentiellement commercialisée par des équipementiers, l’injection directe n’a jamais vraiment trouvé son public en France, notamment en raison de la complexité de l’installation. Berthoud n’a jamais réellement mis en avant son concept Clean Sprayer, primé au Sima 2015, et la solution d’Agrifac est encore à l’état de prototype. La solution la plus aboutie jusqu’à présent était celle de DiiMotion, une start-up spécialisée dans la pulvérisation. Celle-ci est basée sur cinq cuves de produit pur, trois pour les liquides et deux pour les poudres. Le dispositif embarque aussi deux cuves intermédiaires dans lesquelles se prépare une pré-bouillie. Ce mélange est injecté au plus près de la rampe, avec une vanne doseuse par tronçon. Ce kit DiiMotion est vendu entre 20 000 et 25 000 € et s’adapte sur tous les pulvérisateurs, y compris sur les cuves frontales.

Chez Amazone, la rampe est dotée de deux conduites d’alimentation, jaune et verte, l’une pour la bouillie de la cuve principale et l’autre pour l’injection directe. © Amazone

Danfoil et Amazone se lancent

Nouveau venu sur le marché français, le danois Danfoil a dévoilé un pulvérisateur haut de gamme à Innov-Agri. L’engin est équipé en option de l’injection directe, avec jusqu’à cinq pompes d’injection. L’injection se fait juste en amont de la rampe.

De son côté, Amazone se lance aussi dans l’injection directe avec le dispositif DirectInject, qui sera dévoilé lors de la prochaine édition d’Agritechnica. L’objectif n’est pas de travailler avec une cuve d’eau claire mais d’apporter ponctuellement un produit spécifique. Le mécanisme est composé d’une cuve supplémentaire de 50 l avec une pompe doseuse. Les deux éléments sont intégrés du côté droit de la machine, dans le coffre de rangement.

Au travail, si le chauffeur constate qu’il faut un traitement ponctuel sur des adventices, il peut activer DirectInject depuis la cabine. Le produit supplémentaire est alors injecté et appliqué en plus de la bouillie contenue dans la cuve principale. Le mélange est injecté en plusieurs points d’alimentation sur la rampe.

Pour l’injection directe, Amazone installe un bac de 50 litres et une pompe doseuse dans le coffre de rangement. © Amazone

Grâce à la circulation continue sous haute pression DUS pro, la bouillie circule toujours dans la conduite, avec la pression de pulvérisation définie, même lorsque les buses sont fermées. En activant l’injection directe, cette circulation est fermée, ainsi le produit injecté par DirectInject ne retourne pas dans la cuve principale de bouillie.

Corinne Le Gall