L’autonomie est la clé d’une structure stable pour le Gaec de Brandéha. L’exploitation produit du lait et des cultures en agriculture biologique à Allaire, dans le Morbihan. La vente de la récolte de maïs grain 2020 a poussé Hervé Guillemot et ses trois associés à investir dans un séchoir. « Notre maïs a été acheté 250 €/t par une coopérative, confie l’agriculteur. Pendant ce temps, le maïs sec bio se négociait à plus de 400 €/t. »

La cellule contient une chambre dans laquelle est soufflé l’air chaud et sec. Le grain circule autour de cette chambre et dans une vis qui la traverse. À la fin du séchage, la goulotte pivote et le grain ne recircule plus mais est évacué par le haut. © G. Baron

Un GT 580 d’occasion

Les quatre associés ont alors étudié la piste du séchoir et ont fini par valider cet investissement. Ils ont acquis un séchoir GT 580 d’occasion. L’outil peut sécher tous types de céréales. « Nous l’avons aussi acheté pour changer l’utilisation du maïs dans l’alimentation du troupeau, complète l’éleveur. Notre ration hivernale reposera moins sur l’ensilage désormais. Elle s’articulera principalement autour de l’enrubannage et du foin, le maïs grain apportera l’énergie sous une forme intéressante du point de vue zootechnique. Notre production de concentrés fermiers à partir de méteil sera également sécurisée même lors des récoltes humides. »

Un moteur électrique de 18,5 kW (25 ch) anime le ventilateur, le système de brassage et les vis de remplissage et de circulation. © G. Baron

250 euros pour 11 t de maïs sec

L’engin est prévu pour sécher jusqu’à 14 tonnes de maïs brut. La cellule cylindrique de 3,35 m de diamètre contient une chambre intérieure grillagée dans laquelle un ventilateur combiné à un brûleur à gaz souffle de l’air chaud et sec. Pour passer de 32 à 15 % d’humidité, il faut quatre heures de séchage, puis 45 minutes de ventilation à froid. Pendant ces cycles, les grains sont en mouvement permanent, remontés en haut du cylindre par une vis qui traverse la chambre de séchage avant de redescendre par gravité le long des parois extérieures de la chambre de séchage. « Lorsque c’est terminé, il faut tourner la goulotte à l’aide d’une perche, explique l’éleveur breton. En haut de la vis, les grains sont alors évacués par cette goulotte à 5 m de haut, plutôt que d’être remis en circulation. »

Ce modèle de séchoir implique la mise en place d’une citerne pour le propane liquide. Une distance d’au moins 7,50 m doit être respectée avec le séchoir, et un raccord homologué doit relier la citerne au branchement de la machine. © G. Baron

Le mécanisme peut être entraîné par une prise de force à 540 tr/min, mais un moteur électrique de 18,5 kW a été ajouté pour simplifier l’utilisation de la machine. Plutôt que de mobiliser un tracteur qui consomme du GNR durant près de cinq heures, il faut compter moins de 90 kWh d’électricité. « Au prix où nous la payons aujourd’hui, cela revient à 11 € d’électricité, glisse Hervé. Dans le même temps, il faut compter environ 235 € de gaz, TICPE (1) comprise. » Il faut donc débourser moins de 250 € pour sécher entre 13 et 14 t de grain brut, soit environ 11 t de maïs sec. « Nous pourrons vendre notre maïs sec à sa juste valeur et choisir le moment opportun pour le faire. » L’investissement a demandé environ 20 000 € au Gaec de Brandéha, dont la moitié pour l’achat du séchoir. Le reste comprend la mise en place d’une citerne de propane liquide et les raccords de gaz et d’électricité.

Diversification

Il existe des modèles qui fonctionnent au fioul, ils ont l’avantage d’être plus mobiles, mais ne sont pas adaptés pour une utilisation directe à destination de l’alimentation humaine. « Nous travaillons avec un paysan boulanger, explique Hervé. Nous pourrons donc également sécuriser cette récolte en cas d’été compliqué comme cette année. »

Le Gaec de Brandéha compte aussi sur cet outil pour se diversifier. Le séchoir va ainsi être mis à l’épreuve prochainement avec la récolte de sarrasin destinée à une crêperie locale. Une valorisation du maïs sous forme de polenta vendue en circuits courts est aussi envisagée avec un meunier et des commerçants locaux.

G. Baron

(1) Taxe intérieure de consommation sur les produitsénergétiques.