En 2012, le Gaec de l’Obermatt s’est séparé de sa salle de traite 2 × 6 en épi. Michel, Jean et Thomas Debes ont depuis un système de traite unique en France, situé à Jetterswiller, dans le Bas-Rhin. « Nous avons rapidement écarté l’idée de la traite robotisée, explique Michel. Il était important pour nous de passer ce moment au cœur du troupeau, et les coûts de maintenance sont vraiment élevés. Le carrousel a été étudié, mais c’était cher pour nos 130 laitières. » Ils ont finalement fait le choix d’une salle en tandem, avec le système de traite Multilactor, de Silicon Form.

Lorsque la traite d’une vache est terminée, un cycle de nettoyage se lance automatiquement. Il dure environ une minute. Le poste au premier plan est, ici, en phase de lavage, tandis que les deux situés derrière sont en pleine traite. © G. Baron

Une traite douce pour l’éleveur et l’animal

Sur ces postes de traite, les quatre gobelets sont indépendants, sans griffe. La machine identifie la vache grâce à sa boucle d’oreille électronique, puis présente les gobelets en face de la mamelle.

La traite est douce pour l’éleveur comme pour l’animal. Chaque gobelet pèse moins de 400 g et s’installe indépendamment des autres, avec une facilité déconcertante. Ainsi, pour Abigaël Benoist, salariée sur la ferme, « le plus dur physiquement dans une traite, c’est le déplacement de pots des vaches dont le lait est séparé ». Il n’y a aucun besoin de forcer et la pose est très intuitive. « Avec ce système, il n’y a pas de trayon avant ou arrière, pas de sens, on ne peut pas se tromper », sourit Michel.

Chaque gobelet pèse moins de 400 g et se pose indépendamment des autres. Une main suffit et aucune force n’est requise. Brancher une vache est très intuitif avec ce système. © G. Baron

En outre, la traite est également douce pour l’animal, avec un vide bas de 36 kPa, mais la machine peut descendre jusqu’à 33 kPa. La mamelle est stimulée par un mouvement qui imite celui d’une tétée de veau. L’aspiration des gobelets est désynchronisée pour qu’ils tirent à tour de rôle. De plus, l’angle du poste varie légèrement, et les tuyaux sont en mouvement permanent. Ils reposent sur un bras appelé actuateur, qui bat à un rythme variable. Lorsque le débit de lait tombe en dessous de 800 g, le mouvement des tuyaux est intensifié pour une traite complète en douceur. Autre avantage : si une vache se décroche, un seul gobelet est concerné et son aspiration cesse alors instantanément.

Lorsqu’une vache entre dans son box de traite, la machine présente les gobelets à proximité de la mamelle et identifie l’animal. L’écran affiche l’évolution du débit de traite. © G. Baron

100 vaches par heure

L’investissement pour l’ensemble de l’installation des 16 postes s’est chiffré à 240 000 euros. Un système de double entrée et double sortie assure un remplissage presque permanent des quais, optimisé par des capteurs de présence qui pilotent les ouvertures des barrières. Une vache lente à traire n’en bloque ainsi aucune autre. Après le décrochage automatique, un cycle d’une minute de rinçage et désinfection des gobelets se lance, puis la place est disponible pour une autre vache. À deux trayeurs, la cadence atteint 90 à 100 vaches par heure. Lorsque l’ensemble des animaux est passé, il ne reste plus qu’à nettoyer les quais. Un bouton suffit pour enclencher le cycle de lavage de la machinerie.

Sur le même quai, un double couloir d’entrée et de sortie est aiguillé par des barrières qui bougent automatiquement, en fonction de ce que détectent les capteurs de présence dans chaque box. © G. Baron

Une diminution des mammites de 80 %

Michel a vu une nette amélioration des résultats zootechniques depuis qu’il a changé de système de traite. « Le nombre de mammites a diminué de 80 %, témoigne l’éleveur. Le fait d’avoir des traites complètes et douces a permis d’allonger les lactations sans aucun problème, et mes taux ont pris deux points chacun, car c’est sur la fin de traite que l’on récupère le plus de matière utile. » Du côté de la maintenance, « il n’y a pas photo » pour Michel, cela revient à moins de 1 000 euros par an. « Plus de 12 millions de litres de lait sont passés par ces tuyaux, je n’ai jamais eu la moindre panne. »

Les quatre tuyaux à lait reposent sur un bras appelé actuateur, qui les met en mouvement pour stimuler la mamelle à la manière de la tétée d’un veau… (voir la photo ci-après) © G. Baron

… La stimulation de la mamelle peut être désactivée d’un clic sur l’écran du poste concerné. (voir la photo ci-avant) © G. Baron

Gildas Baron