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« Nous optimisons l’espace avec une mélangeuse en poste fixe et un tapis »

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Système d’alimentation - « Nous optimisons l’espace avec une mélangeuse en poste fixe et un tapis »
Adrien Avrillon, Raphaël et Mickaël Eymery (de gauche à droite) et leur associé Laurent Alberti, ont optimisé l’espace de leur bâtiment avec une mélangeuse à poste fixe dans le fond de la stabulation. Elle décharge les fourrages sur un tapis, où les vaches viennent directement s’alimenter. © G. Baron

Au Gaec du Balcon de Gap, le système d’alimentation sort de l’ordinaire. Le foin et l’affouragement en vert sont homogénéisés par une mélangeuse en poste fixe et distribués par un tapis d’alimentation.

Les bâtiments du Gaec du Balcon de Gap, situé à Gap (Hautes-Alpes), ont quarante-cinq ans. Ils sont donc plus vieux que chacun des quatre associés. « Nous préférons optimiser et améliorer l’existant, plutôt que d’investir dans du nouveau bâti, explique Mickaël Eymery. De plus, nous sommes en zone de montagne et l’espace disponible est limité. » Avec son frère Raphaël et leurs associés Adrien Avrillon et Laurent Alberti, les éleveurs ont adapté leur système d’alimentation en conséquence. Une mélangeuse en poste fixe, située en bas du séchoir en grange, est couplée à une auge à tapis roulant pour distribuer la ration constituée d’affouragement en vert et de foin. Elle est destinée aux 80 vaches laitières de race montbéliarde.

L’installation se situe sur plusieurs niveaux. La mélangeuse est encontrebas du séchoir. © G. Baron

Adaptations « maison »

Pour une bonne homogénéisation entre la matière fraîchement récoltée et les foins des quatre cellules du séchoir, les associés ont fait le choix d’une mélangeuse à pales Keenan. « Au vu de la conception de notre bâtiment, il a fallu réfléchir au mieux cette installation pour nous faciliter l’astreinte dans l’espace imparti, explique Raphaël, qui est chargé de l’alimentation du troupeau. La machine est installée en poste fixe, dans le fond de la stabulation, adossée au mur du séchoir. » L’éleveur a découpé une lucarne dans le mur de la grange, avec une descente en forme d’entonnoir pour que le fourrage tombe directement dans la mélangeuse depuis la griffe suspendue. L’autochargeuse est, quant à elle, déchargée au pied du séchoir, à portée de la griffe.

La mélangeuse est adossée au mur du séchoir en grange. La nouvelle machine sera placée sur le plancher au-dessus, en haut, à gauche de l’image. Elle déchargera par l’arrière directement sur le tapis d’alimentation. © G. Baron

L’associé remplit la mélangeuse en combinant ces différents fourrages. Pour optimiser cette tâche, il a installé une caméra pour filmer l’intérieur de la mélangeuse. Les images sont diffusées au poste de conduite de la griffe. À côté, un boîtier affiche en direct le poids contenu dans la Keenan. Cette information se retrouve également en bas, au niveau de la mélangeuse. C’est là que se place Raphaël une fois que la machine est remplie, et que le mélange est homogène. Il gère alors le déchargement sur le tapis d’alimentation roulant. Dans un même souci d’optimisation, il a placé une caméra à l’autre bout du tapis, pour arrêter ce dernier avant que le fourrage ne finisse au sol.

La ration prête, Raphaël se place au pied de la mélangeuse. Un boîtier lui indique la quantité restante. Le petit écran (voir l’image ci-dessous) permet de voir le bout du tapis pour gérer le rythme d’avancement. © G. Baron
Le petit écran permet de voir le bout du tapis pour gérer le rythme d’avancement © G. Baron

Moteur d’irrigation

La mélangeuse est animée par un moteur de pompe d’irrigation Irrimec de 110 ch. L’engin étant situé dans un renfoncement du bâtiment, Raphaël a fabriqué une longue rallonge au pot d’échappement, pour que les gaz soient rejetés dehors par le toit. L’ensemble de ce système assure le maintien d’une ration à base d’herbe, malgré une surface accessible de 5 hectares, destinée au pâturage des vaches laitières.

Le déchargement de l’autochargeuse se fait au pied du séchoir, à portée de la griffe. © G. Baron

La ferme n’en est pas à ses premières évolutions. Le séchoir en grange date de 1976, mais il a été amélioré en 2013 avec l’installation d’une unité de méthanisation. La chaleur issue de la cogénération assure un gain de temps et de qualité au séchage. Dans un perpétuel souci d’amélioration de leurs conditions de travail, les éleveurs ont prévu de faire évoluer ce système d’alimentation.

Un moteur de 110 ch, destiné à une pompe d’irrigation, anime la prise de force de la machine. © G. Baron

« Le seul problème que nous rencontrons, c’est lorsque nous fabriquons le mash pour les veaux, une fois par mois, relève Adrien. Il faut assurer la manutention pour l’amener depuis le tapis jusqu’au bâtiment des veaux. » Afin de résoudre ce problème, le changement de mélangeuse est prévu cet automne (lire l’encadré).

La nouvelle mélangeuse est d’ores et déjà arrivée sur la ferme. Celle-ci sera utilisée en poste semi-fixe, de façon à décharger le mash directement au bâtiment des veaux. © G. Baron

Gildas Baron

Évolution vers un outil semi-fixe

L’élevage évolue cette année. Deux robots de traite GEA sont en phase de mise en route et l’étape suivante sera un changement du matériel d’alimentation. Le séchoir et le tapis vont rester en place, mais une nouvelle mélangeuse est déjà présente sur la ferme, prête à être utilisée dans les prochaines semaines. « L’idée, c’est qu’elle soit semi-fixe, explique Raphaël. Elle ne bougera qu’une fois par mois, lorsqu’il faudra préparer le mash pour les veaux. » Celle-ci est un peu plus grande que la précédente, car il est notamment prévu d’augmenter la taille du troupeau d’une dizaine d’animaux. Ce qui va surtout changer, c’est son emplacement. Elle sera située 3 mètres plus haut. Son déchargement se fera par l’arrière, pour tomber directement au-dessus du tapis. Le moteur sera, quant à lui, monté sur un chariot, pour être déplacé lorsque la mélangeuse ira décharger le mash au bâtiment des veaux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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