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« J’utilise l’énergie solaire pour l’irrigation »

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Autonomie - « J’utilise l’énergie solaire pour l’irrigation »
Les panneaux photovoltaïques suffisent à l’exploitation maraîchère de Vincent et Tracy Maret. La cabane derrière les panneaux regroupe les batteries et le régulateur. Vincent a construit cette dernière et réalisé l’installation électrique. © G. Baron

Pour leurs cultures de fruits et légumes, Vincent et Tracy Maret emploient un système de pompage photovoltaïque. L’électricité sert aussi pour des tables de semis chauffantes.

En irrigation, la question de la ressource en eau est centrale. Mais le pompage et la distribution de celle-ci demandent aussi de l’énergie. Sur ce point, Vincent Maret, maraîcher à Saint-Laurent-Médoc, en Gironde, a choisi l’autonomie. Il a installé dans sa Ferme de la Terre Promise un système déconnecté des réseaux pour irriguer les fruits et légumes biologiques qu’il cultive avec sa femme Tracy.

Réduire le coût des raccordements

Un forage a été réalisé et des panneaux solaires alimentent des pompes. « Quand j’ai acheté cette parcelle de 5 ha en 2019, ce n’était qu’une prairie isolée », décrit l’agriculteur. L’espace qu’il a investi est, en effet, entouré de forêts. Les raccordements aux réseaux d’eau et d’électricité auraient été coûteux.

Une cuve de 1 000 l est située dans l’une des serres. Elle est remplie par une des pompes depuis la réserve de 15 m3. La petite pompe, installée à côté du récipient, assure la répartition de l’eau dans les différentes serres et parcelles. © G. Baron

« J’avais aussi une volonté d’autonomie maximale, c’est important pour moi, souligne Vincent. D’autant que j’étais capable d’effectuer une grande partie de l’installation moi-même. » De fait, il était auparavant électricien. Il a alors réfléchi le plan électrique avec Sellande, la marque de pompes solaires de la société Base Innovation. La configuration de l’exploitation de Vincent est particulière. En effet, l’énergie photovoltaïque sert au pompage mais également à toute l’alimentation électrique du site. Pour cela, deux petites installations solaires ont été implantées.

Neuf panneaux alimentent la pompe immergée disposée dans le forage. Le coffre, placé sous l’armature des panneaux, contient le boîtier contrôleur de charge qui contrôle la pompe. © G. Baron

Deux installations en une

La première installation comprend 9 panneaux d’une puissance-crête de 300 W chacun. Ils fournissent de l’énergie à une pompe immergée. Base vend généralement ce genre de dispositif pour alimenter directement des asperseurs ou des lignes de goutte-à-goutte. Ici, c’est différent. Elle remonte simplement l’eau du forage situé à 15 m sous le sol, jusqu’à une réserve en surface d’une quinzaine de mètres cubes. « Quand elle se met en route, elle monte progressivement en puissance. Lorsque le temps est ensoleillé, il faut compter environ deux heures pour remplir la réserve », précise le maraîcher.

Le coffre, placé sous l’armature des panneaux, contient le boîtier contrôleur de charge qui contrôle la pompe. (Voir également la photo ci-dessus. © G. Baron

À quelques mètres de là, la seconde installation est constituée de 18 panneaux qui cumulent une puissance-crête de 5,4 kW. Aussi, 3 petites pompes assurent la répartition de l’eau entre la réserve de surface et les planches de culture. La première irrigue la partie sud du terrain. La seconde pompe l’eau de la réserve de surface vers une petite cuve de 1 000 l. Celle-ci est placée dans une des serres au nord de la parcelle. La troisième alimente les différentes planches et serres avec l’eau de la petite cuve. « Je préfère avoir plusieurs petites pompes plutôt que de me reposer sur une seule, pour être plus résilient en cas de panne », justifie Vincent.

Les tables de semis chauffantes sont également fournies en énergie par les panneaux photovoltaïques. © V. Maret

D’autres usages que l’eau

L’énergie du bloc de 5,4 kW ne sert pas que pour l’irrigation. Dans une cabane construite par Vincent, un régulateur stabilise à 48 V le courant irrégulier produit par les panneaux. L’électricité est alors envoyée vers des batteries. Un convertisseur normalise le courant qui en sort. Il peut alors alimenter les tables chauffantes sur lesquelles le couple effectue ses semis. Une prise 220 V normalisée offre aussi une utilisation classique, pour se faire à manger par exemple. Enfin, une clôture est électrifiée par l’installation.

Vers plus d’automatisation

Différents automatismes assistent le fonctionnement de l’irrigation. Les deux réserves d’eau sont équipées de capteurs de niveau pour déclencher les pompes. La pompe immergée est également reliée à un boîtier contrôleur de charge. Celui-ci réceptionne le courant continu des panneaux, le converti en triphasé et l’envoie vers la pompe. Ce dispositif régule la pompe en fonction des besoins de remplissage et de la puissance produite par le soleil. Des informations sur le fonctionnement de la pompe sont affichées. Le boîtier prévient aussi s’il détecte un puits à sec ou une panne. « Pour l’instant, je n’en ai pas connu », sourit Vincent.

Le maraîcher prévoit d’améliorer les automatisations de son système. Les vannes de répartition de l’eau sont actuellement manuelles. Elles seront bientôt remplacées par des électrovannes qui pourront être commandées par un boîtier programmable. Les installations solaires de la ferme ont été largement surdimensionnées. « Je compte progressivement agrandir la surface de cultures, mon activité est encore récente, je l’ai lancée il y a un an et demi. » Il a aussi pour projet d’installer un laboratoire de transformation pour faire des confitures et sirops sur place. « Peut-être faudra-t-il alors ajouter une petite éolienne pour être sûr de ne pas manquer d’énergie en hiver », souligne l’électricien reconverti.

Gildas Baron

L’abreuvement des animaux comme application possible

En plus de l’irrigation maraîchère, les pompes solaires peuvent être au service des éleveurs possédant des sites isolés. C’est le cas au Gaec Frais-Marais, à Folles (Haute-Vienne). Cette ferme compte 100 vaches allaitantes et leur suite. Un site de 20 ha de prairie est régulièrement occupé par les génisses. Là où avant, il fallait quotidiennement consacrer au moins une heure pour transporter de l’eau en été, le remplissage des abreuvoirs est désormais automatique. Un puits de drainage d’une profondeur de 3 m a été creusé. Il collecte les eaux de sources de surface. Deux panneaux de 300 watts et une pompe suffisent pour le site, qui compte 1 km de tuyau et cinq regards avec des vannes. Le dénivelé maximal est ici d’une vingtaine de mètres. Le site compte jusqu’à deux lots de trente génisses. « C’est à la période estivale que la consommation d’eau est la plus forte, quand il y a du soleil », explique M. Lebon, un des associés de la ferme.

Les bacs ont une capacité de 1 000 l, afin d’assurer un minimum de réserve, lors des périodes où le rayonnement solaire est plus faible. « Les premières fois, j’ai eu une ou deux frayeurs au lever du jour. Le bac n’était pas vide, mais ni plein non plus. Cependant, dès la fin de matinée, le bac est intégralement rempli », rassure l’éleveur.

Les abreuvoirs ont une capacité de 1 000 l. © Base-Innovation
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