Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« J’incorpore la solution azotée dans le sol »

réservé aux abonnés

Système Liquiliser - « J’incorpore la solution azotée dans le sol »
Le Liquiliser, commercialisé par Duport, est disponible en plusieurs largeurs et plusieurs capacités de cuve. Ici, c’est un modèle de 5 600 litres, avec une largeur de travail de 8 mètres. © Stéphane Matry

Stéphane Matry, céréalier dans la Marne, utilise depuis trois ans une machine capable d’enfouir une solution liquide dans le sol.

«Je suis parfois en décalage avec les autres. » C’est ainsi qu’aime se présenter Stéphane Matry, installé sur 240 ha à Herpont (Marne). Il cultive principalement des céréales, des betteraves sucrières ou de la luzerne. Toujours à la recherche d’innovations et de nouvelles solutions, cet agriculteur s’est intéressé au système Liquiliser, de Duport, en 2017.

Un matériel en location

« C’est en cherchant un moyen de conserver la solution azotée pour mes apports sur céréales, tout en évitant les risques de volatilisation, que je suis tombé sur cette machine. En 2016, il planait des incertitudes sur l’avenir de la solution azotée, notamment à cause des pertes qu’elle peut engendrer. Après quelques recherches sur internet, j’ai découvert cet outil. J’ai contacté le constructeur, qui m’a proposé de l’essayer sur une de mes parcelles. Le matériel me convenait, mais le coût d’achat était trop important. J’ai donc demandé si je pouvais le louer, ce que je fais depuis trois ans. »

Le système est adapté pour travailler sur les cultures, comme ici dans une orge de printemps. Les roues créent des petits trous dans le sol, sans dégrader ou déraciner les plantes. © Stéphane Matry

Fabriquée aux Pays-Bas

La machine du constructeur néerlandais Duport reste simple pour la partie cuve. Elle est semblable à celle d’un pulvérisateur traîné et possède une capacité de 5 600 litres. C’est à l’arrière que les choses diffèrent.

Ici, la rampe se compose de roues en aluminium espacées de 25 cm. Ces dernières sont dotées de pointes, qui vont s’introduire dans le sol et incorporer une solution liquide grâce à un orifice à leur extrémité. Le système est prévu pour que le liquide ne coule dans cette pointe que lorsque celle-ci est dans le sol, c’est-à-dire à la verticale et en position basse. Dès qu’elle ressort de la terre, le liquide est dirigé dans la pointe suivante. Les disques métalliques sont reliés à la poutre par un ressort de type « queue-de-cochon ». Il assure une pression­ sur le disque mais également une sécurité avec un débattement vertical et horizontal. La rampe est reliée à la cuve par un attelage de type trois-points, semblable à celui d’un tracteur. Il est donc possible de la démonter pour l’utiliser en porté, avec une cuve frontale par exemple.

Stéphane Matry fractionne ses apports azotés en trois doses. Idéalement, les deux premières sont apportées avec la machine Duport. La dernière est modulée avec un distributeur à engrais associé à la solution NSensor. © P. Peeters

S’affranchir de la météo

« Avec le Liquiliser, j’apporte la solution au plus près des racines dans le sol, à environ 4-5 cm de profondeur. La dose est plus rapidement assimilable. De plus, je m’affranchis des conditions climatiques lors de l’apport. En effet, il n’y a pas besoin d’avoir de la pluie derrière un passage, puisque le produit est déjà dans le sol et non sur la végétation. J’évite également tout risque de brûlures sur le feuillage. En outre, il n’y a aucun phénomène de dérive, il n’est donc pas nécessaire de surveiller le vent. J’utilise cette solution surtout pour les premier et deuxième apports azotés sur blé, ainsi que sur les orges. Les bonnes années, je peux faire jusqu’à 300 ha avec la machine. »

Chaque roue est montée indépendamment sur un ressort afin d’assurer un débattement latéral et vertical. Le produit arrive au centre de la roue, puis est envoyé vers la pointe fichée dans le sol. © P. Peeters

Cette dernière s’emploie sur tout type de céréales ne craignant pas le passage des roues. Elle repose sur des pneumatiques de 900 mm gonflés à 1 bar. « Ce sont des anciennes versions, je ne peux pas trop descendre en pression. Sur blé, j’interviens jusqu’à début montaison. Pour les cultures comme les betteraves ou le colza, semées avec un grand écartement, il faudrait passer en roues étroites. Par contre, je m’en sers sur sol nu, avant betteraves par exemple. »

Stéphane conçoit que le débit de chantier est un peu plus faible que celui d’un pulvérisateur. « J’avance à environ 8 km/h. C’est difficile d’aller plus vite car il faut le temps que la dose passe dans la pointe. Avec cet outil de 8 m de largeur, je réalise environ 5 ha/h. »

Le liquide est envoyé dans la pointe à une pression de 2 bars. Il est expulsé dans le sol par le trou placé sur le côté. © P. Peeters

Parmi les autres limites rencontrées, le Liquiliser a parfois du mal à pénétrer dans la terre. « L’année dernière, avec les pluies de l’hiver, le sol était très tassé. Les pointes des roues n’ont pas réussi à rentrer. » Mais l’agriculteur souligne la facilité d’utilisation. « Pour moi, c’est comme passer un rouleau. Je n’ai pas à surveiller la météo ou la hauteur de rampe… »

Pierre Peeters

Sur cultures sarclées

Si le Liquiliser présent chez Stéphane Matry est plutôt adapté pour les céréales semées à faible écartement et les prairies, d’autres machines ont été développées pour des cultures à grand écartement (maïs, betteraves…). Sur ces déclinaisons, les disques peuvent être rapprochés deux par deux, afin d’apporter la solution de part et d’autre du rang. De plus, dans le cas d’une utilisation de la rampe attelée sur le tracteur, cette dernière peut être guidée par une interface, à la manière d’une bineuse. Ainsi, elle travaille précisément et rapidement, le tout sans risque pour la culture en place.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !