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« Je me suis équipé d’un exosquelette pour traire »

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Santé au travail - « Je me suis équipé d’un exosquelette pour traire »
Norbert Brun assure les deux traites quotidiennes (110 vaches laitières) depuis plus de vingt ans. L’exosquelette l’assiste dans les tâches en hauteur et en extension. © A. Mabire

À la tête d’un troupeau de 125 laitières, Norbert Brun a investi dans un exosquelette en juin 2020. Il s’est rapidement adapté à cet équipement qui soulage ses épaules et freine leur usure prématurée.

Une douleur par-ci, une douleur par-là. À force de répéter les mêmes gestes deux fois par jour depuis plus de vingt ans, Norbert Brun, 43 ans, se rendait compte que ses épaules fatiguaient. « Au bout d’une heure de traite, ça commençait à tirer. C’est pour ça que je me suis intéressé à l’exo­squelette. » Associé en Gaec à Saint-Germain-des-Prés, dans le Maine-et-Loire, l’éleveur a fait appel à l’entreprise Godin-Frères de La Pommeraye, dans le même département. Spécialisée dans le matériel d’élevage, elle commercialise un dispositif d’assistance aux travaux des bras en hauteur : le Skelex 360, fabriqué à Carquefou (Loire-Atlantique) par Gobio.

À l’usage, l’exosquelette ne ralentit l’éleveur ni dans son travail, ni dans ses déplacements. © A. Mabire

Prêt en moins d’une minute

« Il s’agit d’un exosquelette passif - sans moteur donc - qui pèse 2,7 kg et dont la force d’assistance peut se régler de 0,4 à 4 kg », précise Armand Briand, technico-commercial (Godin Élevage). Dans le principe, pour créer la force, on tend le câble en fonction du poids du bras de l’utilisateur, de l’objet qu’il a en main et de ce qu’il fait. « Pour tenir un gobelet de trempage ou une griffe, la tension n’a pas besoin d’être très élevée, autour de 2 kg. »

Au quotidien, « installer l’exosquelette c’est comme mettre un sac à dos », relève l’éleveur. Lui l’endosse dès qu’il entre dans la salle de traite. « Le harnais comporte trois sangles : une au niveau de la ceinture abdominale, une à hauteur du torse, la dernière aux bras. Ça me prend moins d’une minute pour les boucler. » Réglables, les sangles sont balisées par des chiffres repères. « C’est intéressant dans les exploitations où plusieurs personnes traient. Chacun peut mémoriser ses chiffres, ça évite de perdre du temps quand on le reprend. »

La force de l’assistance se règle de 0,4 à 4 kg. Elle varie notamment en fonction du poids du bras. © A. Mabire

Pas de gêne pour bouger et se déplacer

Une fois équipé, l’éleveur travaille comme il en a l’habitude. Il démarre les postes de traite, dépose les griffes, ouvre les barrières, va chercher les vaches, pose les gobelets, etc. Le tout sans être gêné. « L’exosquelette n’est pas encombrant. J’emprunte les passages d’homme normalement et j’arrive toujours à me glisser entre la barrière et le poteau qui se trouvent au niveau des portillons arrière », observe t-il.

Seul bémol : le nettoyage des quais, tout particulièrement le raclage des bouses. « Jusque début novembre, j’enlevais l’exosquelette pour le faire. Avec, je n’arrivais pas à travailler de biais et à pousser correctement le rabot. Le fabricant est venu faire de nouveaux réglages, maintenant, c’est bon. »

Moins de douleurs

À l’usage, l’éleveur constate qu’il travaille au même rythme, sans être ralenti. L’installation de traite est une 2 x 10 postes. Pour une moyenne de 110 vaches en production, « je passe 1 h 20 à la traite le matin et 1 h 15 le soir. Ça n’a pas changé. »

Premier éleveur équipé dans le Maine-et-Loire, Norbert Brun a investi près de 4 000 € dans l’achat du Skelex 360 (lire l’encadré ci-contre). « C’est cher, juge-t-il, mais je le prends comme un outil de prévention. Depuis que je l’utilise, j’ai moins mal aux épaules. C’est un fait et je regrette presque de ne pas y être venu plus tôt. »

Anne Mabire

Un investissement de 5 456 € HT

À l’heure actuelle, deux éleveurs ligériens traient équipés d’un exosquelette : Norbert Brun, dans le Maine-et-Loire, et une agricultrice, dans la Sarthe. Le prix catalogue du Skelex 360 est de 5 280 € HT. Il faut y ajouter 176 € HT pour une formation « prise en main » de 2 heures. Elle se fait au moment de la livraison et permet à l’éleveur d’apprendre à mettre et à régler l’exosquelette sur lui et sur quelqu’un d’autre.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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