Florian Vanneste, 23 ans, est actuellement salarié de l’exploitation familiale de polyculture-élevage, située à Saint-Valery-sur-Bresle, dans l’Oise. La ferme dispose d’environ 160 hectares, dont 30 ha de maïs. Mi-avril 2021, il restait énormément d’eau dans les parcelles de maïs. C’est l’une des raisons pour lesquelles Florian a construit une bineuse.

Un ancien vibroculteur

« J’avais un ancien vibroculteur arrière Someca de 2,50 m qui traînait depuis longtemps dans le hangar. Plutôt que de le mettre au rebut, j’ai décidé de le transformer en bineuse à maïs, que je peux atteler sur mes tracteurs. J’ai choisi de placer celle-ci à l’avant pour être le plus précis possible lorsque je bine et ainsi limiter le risque de rouler sur le rang. En me basant sur les mesures du semoir, j’ai élargi l’outil pour qu’il fasse 4,20 m et qu’il bine sur tous les rangs. Nous semons le maïs sur 7 rangs avec 60 cm d’espacement. À cet effet, j’ai modifié un semoir 6 rangs, à l’origine de 75 cm, pour qu’il sème donc 7 rangs à 60 cm, et pour avoir un empattement de 1,80 m, permettant le passage lors des traitements », déclare Florian.

Les dents d’origine

La bineuse est repliable manuellement, ce qui facilite les déplacements sur la route. Elle est munie de parties repliables de 85 cm de largeur. « J’ai réalisé les extensions en découpant des parties du vibroculteur. Puis j’ai ajouté des fers plats pour relier les extensions au bâti principal », explique-t-il.

La bineuse est munie de deux rangées de dents, la première en comporte 6 et la seconde 14. © P. Denis/GFA

Pour les pièces travaillantes, les dents d’origine ont été reprises puis retournées. Elles opèrent ainsi dans le sens inverse. « J’ai ajouté des socs en forme de cœur, de 105 mm de largeur, pour augmenter l’effet de scalpage. J’ai gardé les roues de jauge de l’outil afin de contrôler la profondeur de travail. L’ajustement se fait avec un pas de vis et une manivelle. J’ai dû calculer le positionnement du système de repliage pour que les dents repliées ne dépassent pas la largeur du châssis », précise Florian.

Une fois en position de travail, des tiges filetées viennent maintenir les extensions dépliées. L’inclinaison de la bineuse se règle par l’intermédiaire du troisième point. « Le relevage avant du tracteur étant plus étroit que celui à l’arrière, je suis obligé d’atteler la bineuse par l’intérieur de la tête d’at­telage­. En tout, j’ai mis trois grosses demi-journées pour démonter, découper et assembler la bineuse », indique le jeune homme.

Une meilleure infiltration

Après avoir biné quelques parcelles, Florian constate des résultats dans l’ensemble positifs. « J’ai par exemple noté une meilleure infiltration de l’eau dans la terre, mais aussi que le rang reste propre. J’ai toutefois décelé un problème : les adventices restent en mottes entre les rangs. Je souhaite donc apporter, cet hiver, des modifications à la bineuse, en posant des peignes sur le bord des rangs pour y remédier. J’ai aussi pour objectif de protéger les plants dans les terres caillouteuses, en installant des disques usés de déchaumeur. »

Paul Denis