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Des demi-tours entièrement automatisés

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Manœuvres - Des demi-tours entièrement automatisés
En plus du confort apporté au chauffeur, le demi-tour automatisé permet de supprimer les manques et les recroisements, comme dans l’exemple ci-dessous : à gauche, une fourrière réalisée automatiquement ; à droite, une fourrière réalisée manuellement. © John Deere

Grâce à l’autoguidage et à la programmation des séquences, les tracteurs les plus perfectionnés sont désormais capables de réaliser seuls l’ensemble des manœuvres en fourrières.

Semer des dizaines d’hectares sans toucher au volant ni à un seul bouton : c’est désormais possible avec certains tracteurs haut de gamme. L’idée derrière ces fourrières entièrement automatisées est de combiner l’autoguidage avec les séquences de bout de champ. Concrètement, une fois qu’il a réalisé toutes ses programmations, le chauffeur se contente de démarrer le guidage et d’activer la séquence de bout de champ. Ensuite, son rôle se limite à la surveillance de l’outil et à une éventuelle intervention en cas de perte du signal de guidage.

Le demi-tour automatique, ici chez Fendt, demande un paramétrage soigné de l’autoguidage comme de la séquence de bout de champ. © Top Agrar

Solution de haut de gamme

La solution n’est pas nouvelle : les fi­dèles visiteurs du Sima (1) se souviennent de la démonstration réalisée par John Deere sur le parking du Parc des expositions de Villepinte, il y a une dizaine d’années. Le constructeur américain a été le premier à proposer cette solution de demi-tour totalement intégrée, mais il aura fallu attendre huit ans pour voir cette technologie déployée à grande échelle. Depuis ces démons­trations, CNH (Case IH et New Holland), le groupe Agco (Fendt et Massey Ferguson) ainsi que Deutz-Fahr proposent cette solution sur leur terminal de bord.

Avant de lancer la programmation d’une fourrière automatique, il est indispensable de tracer les contours de la parcelle. Elle est ici importée directement sur le terminal John Deere. © Top Agrar

Le demi-tour entièrement automatisé est désormais proposé, souvent en option, sur les versions les plus récentes de leurs tracteurs haut de gamme. Nettement plus complexe que la programmation d’une séquence en bout de champ ou l’enregistrement d’une ligne A-B pour le guidage, la préparation du demi-tour automatique nécessite une bonne formation de la part du concessionnaire et une pratique régulière pour ne pas perdre la main. Toutefois, un chauffeur féru de technologie peut s’en sortir tout seul car les processus sont relativement intuitifs.

Deutz-Fahr propose le demi-tour automatique sur la dernière mise à jour de son terminal. L’icône apparaît dans le menu consacré à l’autoguidage, dans la deuxième colonne. Il est possible de choisir parmi de nombreuses pratiques en fourrière. © Top Agrar

Nécessité d’enregistrer toute la parcelle

L’étape incontournable est celle de l’enregistrement des contours de la parcelle. C’est généralement ce point qui rebute les agriculteurs habitués à pratiquer l’autoguidage en enregistrant rapidement une ligne A-B. Le paramétrage des contours de la parcelle peut être réalisé simplement en roulant sur les fourrières. Cette étape, même si elle est effectuée une fois pour toutes, est fastidieuse et chronophage sur les grandes parcelles. Heureusement, la plupart des systèmes proposent d’importer les bordures au format IsoXML, Shape ou même le format « maison » pour John Deere, qui permet d’effectuer cette manipulation depuis son centre d’opération sur internet.

Trimble propose une solution de reprise automatique de la ligne suivante, mais ne gère pas encore la séquence de bout de champ, qui est normalement programmée sur le terminal du tracteur. © Top Agrar

Configurer le demi-tour

Une fois la parcelle détourée virtuellement, le chauffeur doit choisir de nombreuses options qui détermineront le comportement de son attelage pendant les demi-tours. À cette étape de la programmation, une attention particulière doit être portée à la séquence en bout de champ, surtout si le déclencheur choisi pour les opérations est la distance. En effet, celle-ci doit être cohérente avec la distance choisie pour la reprise de ligne et surtout ne jamais lui être inférieure. Une fois toutes ces étapes réalisées, il suffit d’engager le demi-tour automatique lors du premier passage pour bénéficier de cette assistance à la conduite hors pair. Le seul challenge du chauffeur sera alors de ne pas s’endormir au volant…

Case IH et New Holland avaient déjà le demi-tour automatisé sur la version antérieure de leur terminal. Cette possibilité existe toujours sur le nouvel écran. © Top Agrar

Solutions intermédiaires

Sans aller jusqu’à l’automatisation complète, plusieurs constructeurs proposent des solutions intermédiaires. L’idée est d’automatiser la reprise de ligne et la jonction entre les passages après le demi-tour. Chez Claas, ce dispositif s’appelle AutoTurn. Cette fonction disponible en option évite le manque de précision (recoupements, manquants, décalages) du guidage manuel pour réaliser la reprise de ligne suivante. Il suffit de configurer le nombre de passages à sauter et le tracteur suit la trajectoire avec précision. Trimble propose un dispositif équivalent avec son terminal d’autoguidage. Dans les deux cas, le chauffeur ne s’occupe plus du volant et du repérage des lignes, et peut se concentrer exclusivement sur l’outil. Il doit ainsi déterminer l’agressivité de la direction, le point d’engagement de la séquence (avant ou sur la ligne) et la vitesse de manœuvre.

Corinne Le Gall

(1) Salon international du machinisme agricole.

Choisir son demi-tour

Les différentes solutions présentes sur le marché proposent toutes de choisir son type de demi-tour. Le chauffeur peut ainsi faire reproduire sa pratique habituelle automatiquement à son attelage.

La fourrière en « Omega » est la plus courante : elle consiste à reprendre la ligne adjacente, ce qui implique de réaliser une fourrière plus large. Le chauffeur peut aussi opter pour la reprise d’une ligne plus éloignée, afin de réduire la taille de la fourrière. Enfin, certains constructeurs comme Deutz-Fahr proposent aussi de travailler en planches.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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