Établir une carte de modulation à partir d’une carte de rendement et de différentes mesures agronomiques est souvent considéré comme la démarche la plus complexe de l’agriculture de précision. Pourtant, une fois que son prestataire lui a transmis la carte, l’agriculteur doit parfois se transformer en informaticien pour l’exploiter lors de la fertilisation et des traitements.

Shape ou IsoXML

Deux formats sont disponibles sur le marché. Shape, dont l’extension est .shp dans le nom du fichier, est le plus commun car il a été déployé en premier. Le format Shape ou Shapefile est celui qui est couramment utilisé pour les systèmes d’information géographique (SIG). C’est, par exemple, celui employé par certains logiciels de dessin industriel. Shape embarque toute l’information liée à la géométrie comme les points, les lignes et les polygones. Il est toujours accompagné de deux autres fichiers, le .dbf qui comprend les données de chaque forme, c’est-à-dire les doses à appliquer dans chaque polygone pour le cas de la modulation, et le .shx qui stocke l’index de la géométrie. Lorsqu’un prestataire fournit un format Shape, il transmet un fichier compressé en .zip, qui comprend lui-même les trois fichiers portant les extensions .shp, .dbf et .shx. Il est indispensable de conserver ces trois fichiers pour utiliser correctement la carte de préconisations.

De son côté, le format IsoXML est né de la normalisation de l’Isobus. Conçu pour être lu directement par tous les terminaux Isobus, il s’impose peu à peu, même si des poids lourds continuent à privilégier le .shp.

Pour utiliser des cartes d’application et gérer le format IsoXML, le tracteur doit proposer la fonctionnalité TC-Geo. Toutes les fonctions sont répertoriées sur cet autocollant à l’arrière de ce tracteur Deutz-Fahr. © C.L.G

Des procédures parfois complexes

Qu’ils utilisent Shape, IsoXML ou les deux, de nombreux constructeurs imposent encore des procédures assez complexes pour intégrer les cartes dans le terminal du tracteur. Pour celui qui utilise plusieurs marques, c’est souvent un casse-tête. En général, il n’est pas possible de transférer directement les fichiers du prescripteur sur le terminal et il est nécessaire de passer par une étape préparatoire sur le PC de l’exploitation.

Ainsi, John Deere est capable de gérer les deux formats Shape et IsoXML, en plus de son format « maison ». Cependant, le fichier doit impérativement s’appeler Rx (grand R et petit x) sur la clé USB qui sera insérée dans le terminal. Les données au format IsoXML doivent, elles aussi, être décompressées et copiées dans un fichier appelé Taskdata.

Chez Massey Ferguson et Valtra, la transmission des données s’effectue uniquement au format IsoXML. Avec ces terminaux, le dossier doit s’appeler Taskdata et être compressé. Claas emploie aussi ce nom de dossier, mais il s’applique pour les deux formats.

En règle générale, l’épais livret d’explication du terminal comporte ces informations mais elles sont parfois difficiles à comprendre. Plusieurs prescripteurs proposent un accompagnement, de même que certains concessionnaires, dont un ou plusieurs techniciens maîtrisent ces technologies.

Si les deux formats ne sont pas compatibles, plusieurs fournisseurs de terminaux proposent des convertisseurs en ligne. Ainsi, Müller Elektronik, qui utilise un format IsoXML sur ses nouveaux terminaux, a un logiciel de conversion gratuit pour les formats Shape. La conversion inverse est moins utilisée, car l’IsoXML est le fichier d’avenir et qu’il est géré par la plupart des terminaux très récents.

Corinne Le Gall