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« Une ration bas carbone pour les vaches laitières »

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Démarche Éco-méthane - « Une ration bas carbone pour les vaches laitières »
Maxime Pilorget, avec sa nouvelle pancarte valorisant son engagement dans la démarche Éco-méthane, entouré de Valentin Guillaumel et Élodie Besnier, de Bleu-Blanc-Cœur. © A. Courty

Maxime Pilorget a revu l’alimentation de ses prim’holsteins pour allier santé, économie, productivité et respect de l’environnement.

En 2015, Maxime Pilorget, installé à Illifaut dans les Côtes-d’Armor, amorce une transition « écologiquement productive » dans l’auge de ses vaches laitières. Trop « gourmande en intrants » et pas idéale pour la santé de ses pensionnaires, la ration axée sur le maïs ensilage ne trouve plus grâce aux yeux de l’éleveur.

L’herbe a une place centrale

Au fil des années, il a réintroduit des prairies de fauche riches en légumineuses, a donné davantage de place au pâturage sur les parcelles accessibles aux vaches et s’est lancé dans la culture d’un méteil protéagineux (féverole, vesce, avoine, trèfle).

L’herbe a pris une place centrale dans ce nouveau système. Sur les prairies de fauche, l’éleveur mise sur de petites coupes à forte valeur nutritive. « Le rendement oscille entre 12 et 14 t de MS/ha sur cinq à six coupes annuelles. »

Sur les prairies accessibles, l’agriculteur opte pour un pâturage tournant dynamique pour davantage de « productivité et de longévité » des paddocks.

Aujourd’hui, la ration hivernale comprend 0,5 kg de MS de paille, 1,5 kg de foin de luzerne acheté, 3,5 kg d’ensilage d’herbe, 6,5 kg d’ensilage de méteil, 8,5 kg de maïs épi, 1 kg d’orge et un 1,2 kg de tourteau de soja acheté.

À la belle saison, la base reste la même. À raison de 8 kg de MS par vache et par jour, le pâturage permet de lever le pied sur les ensilages, le maïs et la correction azotée. « En 2015, il me fallait 145 t de correcteur pour produire 800 000 l de lait. Aujour­d’hui, il m’en faut 60 t pour 900 000 l », se réjouit Maxime. Sa ration « inversée », cherchant les protéines dans les ensilages d’herbe et de méteil, est gage de « quiétude métabolique » pour ses 85 laitières hautes productrices. Pour réduire sa dépendance au soja importé, l’éleveur compte mettre en place une culture de protéagineux, « peut-être du pois de printemps. »

En avril 2021, l’élevage rejoint la démarche Éco-méthane (voir l’encadré), portée par Bleu-Blanc-Cœur (BBC). Le profil en acides gras du lait est analysé tous les mois. La production de méthane entérique en est déduite. « La présence d’acides gras saturés (AGS) à courtes et moyennes chaînes est le signe d’un gaspillage énergétique, explique Élodie Besnier, responsable filières ruminants chez BBC. Une ration équilibrée et riche en oméga 3 (herbe, colza, luzerne, lin…) participe au confort digestif et inhibe la voie métabolique productrice d’AGS et de méthane. »

Un lait de qualité

Comparativement à un élevage type modélisé, sur un système similaire, Maxime a économisé 1,4 t de méthane sur l’année écoulée, soit 35 t équivalent carbone. « Cela correspond à plus de 186 000 km en voiture ! », illustre Valentin Guillaumel, coordinateur des démarches environnementales chez BBC. « Tout se joue sur l’efficacité de la ration », confie Maxime. Ce gain de méthane est récompensé financièrement grâce au mécénat et symboliquement avec la remise d’un panneau Éco-méthane à installer dans la cour de la ferme. « Voir son projet se concrétiser et la mobilisation des éleveurs reconnue est la plus belle des récompenses », sourit Maxime.

A. Courty

En chiffres

• 85 vaches laitières de race prim’holstein

• 900 000 litres de lait

• 110 ha, dont 30 ha de céréales à paille, 32 ha de maïs et le reste en prairies

• 3 UTH

La démarche Éco-méthane labellisée bas carbone

La démarche Éco-méthane mise sur divers leviers alimentaires, notamment l’apport d’oméga 3, pour réduire les émissions de méthane entérique des vaches laitières. « En 2020, les 620 éleveurs laitiers engagés ont économisé 16 000 t équivalent CO2 », souligne élodie Besnier, de Bleu-Blanc- Cœur. Cette année-là, 180 000 euros de dons ont été redistribués aux producteurs. Dans ce système de mécénat, le gain carbone est mesuré par rapport à un élevage type. De quoi valoriser les exploitations déjà bien avancées. Pour les élevages en transition, un autre mode de financement existe. La labellisation bas carbone de la démarche donne accès aux fameux crédits carbone. Dans ce contexte, le gain carbone est calculé par rapport à la situation initiale de l’élevage.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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