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« Une litière en balle de riz pour mes veaux sous la mère »

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Confort - « Une litière en balle de riz pour mes veaux sous la mère »
Pour Mathieu Auchabie et Coralie Sirieix, conseillère à la chambre d’agriculture de Corrèze, « la balle de riz apporte du confort aux veaux et allège le travail de l’éleveur. » © Monique Roque Marmeys

Avec 80 mères limousines produisant des veaux sous la mère, Gilles et Mathieu Auchabie utilisent avec satisfaction de la balle de riz pour litière.

«Au bout de six ans d’utilisation de balle de riz pour pailler mes veaux, je ne reviendrai pas en arrière », souligne d’emblée Mathieu Auchabie, installé avec son père sur une exploitation de 140 ha, à Rosiers-d’Égletons, en Corrèze. Le troupeau est composé de 72 vaches limousines et 8 « tantes » laitières pour une production spécialisée de 50 à 55 veaux sous la mère par an.

Pénibilité et temps de travail réduits

Les vaches sont logées dans une stabulation paillée communiquant avec une salle de tétée classique où les veaux sont conduits à leur mère. Les laitières sont traites avec transfert pour une meilleure homogénéité et digestibilité du lait distribué en complément aux veaux. Avec des vêlages de fin août à la mi-janvier, les ventes des veaux s’étalent de janvier à fin mai. Ces derniers sont logés en cases collectives sur balle de riz.

Très absorbante, la balle de riz permet de conserver une litière sèche. Elle est aussi moins contraignante à manipuler que la paille. © Monique Roque Marmeys

« Je les installe au démarrage sur 30 cm de litière, explique Mathieu Auchabie. Je ne touche plus à cette litière durant le premier mois. Ensuite, je rajoute une à deux pelletées deux fois par jour au moment des tétées. La manutention de ce produit est beaucoup plus facile qu’avec de la paille. Je réduis significativement la pénibilité et le temps de travail quotidien. Je limite aussi le curage à une fois au lieu de deux durant la vie d’un veau. »

De 110 à 150 € la tonne

À cette facilité d’utilisation, s’ajoutent les avantages d’une litière très absorbante, donc plus sèche. Elle maintient les veaux très propres dans un confort visible. Son éventuelle ingestion ne pénalise pas la couleur de la viande. Elle supprime les risques de blessures avec les pierres que peut contenir la paille. Les éleveurs constatent aussi moins d’émanations d’odeurs et moins de fermentations qu’en système avec de la paille.

« Bien que le prix de la balle de riz soit moins volatile que celui de la paille, nous la payons très cher en ce moment, à 150 €/t (18 €/m3 pour une densité de 120 kg/m3). Son prix peut varier entre 110 € et 150 €/t », souligne l’éleveur. L’approvisionnement se fait auprès de la Cotrada, dans la Drôme. « Le prix de revient de la balle de riz s’élève à 28,50 € par veau, tandis que celui de la paille est de 26,40 €/veau avec un prix de la paille de 110 €/t, précise Coralie Sirieix, conseillère « Veaux sous la mère » à la chambre d’agriculture de Corrèze.

Un écart de prix qui ne change pas le regard favorable que portent les éleveurs à cette litière. « Nous n’avons pas besoin d’utiliser un tracteur pour pailler. C’est une économie à prendre en compte. Il faut moins d’espace pour la stocker et son épandage avec le fumier apporte de la silice, qui a un effet bénéfique sur le pH de nos sols sableux et acides », explique Mathieu Auchabie.

Monique Roque Marmeys

Production sous label rouge

Sur l’exploitation, le pourcentage de veaux labellisés dépasse 85 %. « Le défaut des animaux déclassés est un poids supérieur au seuil de 170 kg, mais nous allons nous équiper d’une bascule », précisent les éleveurs. Le label rouge apporte une plus-value de 30 centimes d’euro par kilo. Pour la saison 2020-2021, le prix de vente moyen auprès de la Capel-Bovidoc a été de 9,60 €/kilo pour des veaux de 155 kg à l’âge moyen de 137 jours. Ils affichent une note de 0 ou 1 en couleur, 3 en engraissement, et E ou
U+ en conformation. « La génétique, l’alimentation et le confort des animaux, le savoir-faire des éleveurs conditionnent ces très bons résultats technico-économiques », souligne Coralie Sirieix.

Votre analyse du marché - Veaux

La pression s’accentue sur les croisés

Les effectifs de veaux laitiers croissent sur les marchés. Une proportion importante prend le chemin de l’Espagne, faute de place suffisante en France. Les intégrateurs maintiennent leurs grilles tarifaires, mais ils imposent des quotas à leurs fournisseurs. Du côté des croisés, l’offre grandit également et les acheteurs accentuent la pression, notamment sur les veaux croisés blanc bleu R de conformation.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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