Antoine Prejet a rejoint son père Alain sur l’exploitation familiale, située au Mazel-des-Laubies (Lozère), en 2018. Ils se lancent tous les deux dans la construction d’un bâtiment de 1 400 m² pour accueillir leurs quatre-vingts mères aubracs en stabulation libre. « Jusqu’alors, je disposais d’une étable entravée de quarante-cinq places et d’un bâtiment d’appoint pour mes vaches taries et celles accidentées, explique Alain. L’arrivée de mon fils sur l’exploitation a été l’occasion rêvée pour améliorer nos conditions de travail. » Si un conseiller de la chambre d’agriculture a permis de dresser les grandes lignes directrices, les éleveurs ont ensuite compté sur leur propre discernement. « Après l’obtention de mon bac professionnel, j’ai consolidé mon expérience en tant que salarié agricole dans des fermes voisines, raconte Antoine. Cela m’a permis de maturer mon projet d’installation. »

A 1 100 m d’altitude, les éleveurs ont fait le choix d’une charpente bois lamellé-collé pour profiter d’une plus grande résistance mécanique en cas de chutes de neige. © L. Pouchard

Une meilleure détection des chaleurs

Pour préparer la construction de leur stabulation libre, père et fils ont silloné les routes à la recherche d’installations à leur image. « Seul l’usage quotidien d’un bâtiment d’élevage permet de connaître sa réelle fonctionnalité et, ainsi, d’en dégager les atouts et les inconvénients », souligne Alain.

Le bâtiment est en fonctionnement depuis deux ans et les exploitants en tirent de nombreux avantages. Agencé en quatre compartiments, il est conçu en croix. Deux grandes cases sont destinées aux femelles multipares. Des parcs amovibles y sont accolés. S’ils servent le plus souvent à loger les veaux, ceux-ci sont aussi aménageables en box d’infirmerie. Deux autres cases, plus petites, accueillent pendant l’hiver les génisses de deux ans, pour leur mise à la reproduction, et les primipares de trois ans. L’été, les parcs sont réservés à la finition des broutards. « Cet agencement permet d’avoir un meilleur champ de vision sur l’ensemble », indique Antoine. S’agissant du toit, il est équipé d’un dôme éclairant ventilé en taule translucide, « pour capter un maximum de lumière naturelle, favorable à notre confort et à celui de nos animaux », complète-t-il. Six extracteurs ont été posés pour assurer une circulation constante de l’air.

Le bâtiment d’élevage, mesurant 40 mètres de longueur et 35 mètres de largeur, a coûté près de 255 000 euros hors taxes au Gaec Prejet. © L. Pouchard

Le passage en stabulation libre, garantissant 10 m² par vache, aide à l’expression des comportements naturels des animaux. « La détection des chaleurs et la préparation au vêlage sont facilitées. De plus, nous avons beaucoup moins de manutention à faire, il suffit de surveiller », notent les exploitants.

En revanche, ce changement nécessite l’achat de 50 tonnes de paille par an. « C’est un coût supplémentaire à prendre en compte. Il est compensé en partie par la production de fumier », nuance Alain. Quant à l’étable entravée, elle garde encore toute son utilité. Les génisses, dans leur première année, y sont à l’attache. « Habituées au contact humain, elles gagnent en docilité », relève l’éleveur. Les vaches peu commodes en stabulation libre y sont également mises au piquet.

Lucie Pouchard