« Plus jamais le vétérinaire ne prendra un coup de pied lorsqu’il réalisera les prises de sang de mes vaches », s’était dit Patrick Dauteloup, à la tête de 115 charolaises croisées blondes d’Aquitaine à Rémilly, dans la Nièvre. Il n’y a aucun risque que cela se produise, grâce à l’outil qu’il vient de mettre au point. Le praticien est toujours protégé lors de ses interventions à l’arrière des animaux, qu’il s’agisse des prises de sang dans le cadre de la prophylaxie, des inséminations ou des fouilles.

L’éleveur positionne la plateforme depuis le couloir d’alimentation en surplombant les cornadis. © M.-F. Malterre

Soigner des animaux de toutes tailles

L’outil est constitué d’un quai positionnable via les commandes hydrauliques du tracteur. « Installé sur la plateforme, je travaille sans appréhension », confirme Patrick Bodart, vétérinaire de l’exploitation. C’est un confort essentiel pour toutes les personnes qui pratiquent des interventions derrière les animaux, et cela quelle que soit la longueur de la stalle. « J’ai pris de nombreux coups dans ma carrière, dont un au genou qui me fait encore souffrir, explique le vétérinaire. Habituellement, je m’équipe de protections du genou jusqu’à la cheville. »

Patrick Bodart, le vétérinaire de l’exploitation, réalise les prises de sang en toute sécurité. Toutes les trois vaches, il descend du quai le temps de repositionner l’outil derrière trois autres animaux. © M.-F. Malterre

Pour réaliser son prototype, Patrick n’a utilisé que du matériel de récupération, à savoir un pulvérisateur hors d’usage et un vieux chargeur frontal. Il n’a conservé que le cadre de base du pulvérisateur, qui est doté d’un attelage pour le déplacer avec le tracteur. Le chargeur est fixé sur le cadre et pivote grâce à l’installation d’un deuxième vérin. « Je l’ai récupéré sur une vieille moissonneuse », indique l’éleveur. Ainsi, quand l’outil est attelé au tracteur placé dans le couloir d’alimentation, Patrick soulève la plateforme avec le système hydraulique de l’ancien chargeur. Puis, lorsqu’elle arrive à une hauteur supérieure à celle des cornadis, il actionne le deuxième vérin, de manière à faire pivoter les bras du chargeur à 90° par rapport au couloir d’alimentation. Il peut ensuite redescendre la plateforme, pour la positionner juste derrière les vaches.

Les bras de l’outil s’allongent ou pivotent au gré des besoins de contention. © M.-F. Malterre

La longueur des bras est ajustable en fonction de la taille des animaux. La paroi de la plateforme, constituée d’un panneau de coffrage, est fixée sur trois tubes carrés en fer. L’ensemble constitue une protection sûre pour intervenir à l’arrière des animaux. Il n’y a aucun risque de glissade pour l’intervenant non plus, car le quai est composé d’une grille antidérapante d’une trentaine de centimètres.

Patrick a déposé un brevet pour son équipement, que son vétérinaire, Patrick Bodart, aimerait voir plus souvent dans les élevages. « Cela pourrait redonner de l’attractivité à notre métier », dit-il.

Marie-France Malterre