Qu’elle soit au repos ou au travail, Dominique Lardeux garde toujours un œil sur Zoë. À quatre ans et demi, cette femelle border collie a certes un très bon pedigree de même que beaucoup de tempérament. Fille d’Hoksa et de Jeko, Zoë est le quatrième chien de troupeau introduit dans l’élevage laitier. « J’ai commencé avec Léo en 1996, puis Sallie et, aujourd’hui, Hoksa et Zoë », précise l’agriculteur, installé sur 92 ha à Louvaines, dans le Maine-et-Loire.

Adapter le travail

À la tête d’un troupeau de 70 prim’holsteins, auxquelles se mélangent quelques brunes, l’éleveur fait travailler ses deux chiennes quotidiennement, en fonction de leurs aptitudes. Plutôt « cool », Hoksa, 10 ans, est le plus souvent affectée aux vaches en production. Zoë, plus imposante, est précieuse pour s’occuper des génisses. En vêlage tardif (34-36 mois), Dominique en conduit entre 40 et 50 au pâturage, dix mois sur douze. Il leur réserve un îlot de 20 ha, à 500 m de l’exploitation. « Je manipule souvent les génisses, notamment l’été pour les inséminations », indique-t-il. Pour les changements de parcelles et les contentions liées à l’intervention de l’inséminateur, Dominique et Zoë suffisent à la tâche. « Avec cette chienne, je peux travailler un lot de 40 animaux sans difficulté. »

Vigilant sur les questions de sécurité, l’exploitant fait appel à une seconde personne lorsqu’il doit utiliser la bétaillère, « pour sécuriser le chargement ». Aussi, il ne fait pas travailler ses chiens à l’intérieur des parcs et des bâtiments. « Un coup de patte arrive toujours trop vite et les murs sont toujours trop près. » Dans la cour de la ferme, autre lieu à risque, Hoksa et Zoë sont tenues au chenil. « Et quand je prends le tracteur, elles montent avec moi. »

Depuis Sallie, l’éleveur choisit uniquement des chiens inscrits au Livre des origines français du border collie. Hoksa et Zoë sont issues de lignées dont l’aptitude au travail est particulièrement performante. Reste qu’il faut savoir valoriser cette génétique. Et pour cela, nul secret mais du temps consacré aux apprentissages : de l’ordre de trente minutes, quatre à cinq fois par semaine du 4e au 14e mois du chiot. « C’est un investissement, cependant en contrepartie, les chiens apportent du plaisir au travail et de la cohérence au système d’élevage. Ils le rendent plus efficient. »

Continuer de se former

Certaines parcelles en herbe ne le seraient pas, ou moins souvent, sans Hoksa et Zoë. « Je travaille plus sereinement. Je n’ai plus besoin de courir après les vaches. Quand l’inséminateur vient, je sais qu’il ne faudra pas plus d’un quart d’heure pour rentrer la génisse. »

En lien avec l’association des utilisateurs de chiens de troupeau (ou AUCT, lire l’encadré ci-dessus), Dominique continue de se former à l’arrivée de chaque nouveau chien. « Je trouve que c’est indispensable. On a beau maîtriser les fondamentaux, chaque chien est différent. » Dans le cas de Zoë, il a fait les apprentissages de base en autonomie puis rejoint un groupe d’éleveurs pour trois jours de perfectionnement.

Anne Mabire

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Offre insuffisante en vaches laitières

Le recul de l’offre s’accentue de semaine en semaine au point que certains abattoirs peinent à faire fonctionner leurs lignes de production en continu. Cela a un impact sur les prix des laitières : les acheteurs sillonnent les campagnes et les éleveurs se retrouvent en position de force pour négocier.