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Regrouper des troupeaux laitiers et allaitants

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Bovins - Regrouper des troupeaux laitiers et allaitants
Manuel Delpuech, Fabrice et Yannick Buchon produisent 1,3 million de litres de lait avec un double troupeau prim’holstein et montbéliard. © M. Roque-Marmeys

Manuel Delpuech, Fabrice et Yannick Buchon ont réuni trois troupeaux de vaches prim’holstein, montbéliarde et aubrac en regroupant deux exploitations en 2017. Modernisé, ce Gaec du Cantal s’apprête à accueillir un quatrième associé.

L’histoire du Gaec Buchon-Delpuech débute en 2010. Jean-Claude Sartre, qui élève 60 vaches prim’holsteins à Roffiac, dans le Cantal, cherche des remplaçants à la suite du départ en retraite de son épouse et de son beau-frère. Fabrice Buchon et Manuel Delpuech, voisins de l’exploitation, ont à l’époque 24 et 30 ans. Le premier travaille dans une entreprise de matériel agricole, le second dans l’agroalimentaire. « Nous aspirions à nous installer, mais sans chercher à précipiter les choses, se rappellent-ils. Nous avons saisi cette occasion comme un pari audacieux. À l’époque, nous jouions juste dans la même équipe de foot ! » Ils s’associent alors à Jean-Claude pour reprendre le cheptel, le matériel et deux bâtiments. L’entente entre les associés est bonne et le système se développe. En 2017, le troupeau, monté à 90 vaches, produit 700 000 litres de lait.

« L’arrivée d’un robot de traite génère un changement psychologique pour le trayeur. »

En parallèle, Yannick Buchon, le frère de Fabrice, est associé avec ses parents, Gérard et Raymonde, dans le village voisin d’Andelat. L’exploitation familiale compte 70 vaches montbéliardes, pour une production de 400 000 litres de lait, avec traite au parc l’été, et 15 vaches aubracs. Après le décès du père de Yannick et Fabrice Buchon, en 2015, les éleveurs commencent à envisager un rapprochement des deux structures, qui se concrétise en 2017 avec le départ à la retraite de Raymonde Buchon et de Jean-Claude Sartre. Les deux troupeaux laitiers sont alors rassemblés sur le site de Roffiac et les vaches allaitantes sont maintenues sur la commune d’Andelat. « Nous avons décidé de garder les trois races car les troupeaux inscrits étaient de bonne valeur génétique », expliquent les agriculteurs.

Nouvelle organisation

Sur le site laitier, le bâtiment est modifié pour accueillir les nouvelles venues. Les associés créent 70 logettes et 70 places à l’auge. Ils investissent également dans un silo-couloir et dans deux robots de traite pour un total de 700 000 €, subventionnés à 35 %. « J’adorais traire, sourit Fabrice Buchon, mais cela a permis de réduire cette astreinte quotidienne qui mobilisait deux personnes matin et soir. Les robots nous rendent aussi plus réactifs à une baisse de production sur telle ou telle vache. »

Le troupeau aubrac devrait atteindre 50 mères sélectionnées, sans achat externe, pour valoriser au mieux les prairies naturelles éloignées de l’exploitation. © Monique Roque-Marmeys

La ration mélangée pour les laitières est composée de 3 kg de foin, de 2 à 3 kg d’ensilage de céréales immatures, de 5 à 6 kg d’ensilage de maïs et autant d’ensilage d’herbe. La complémentation en concentrés VL et tourteaux de colza est faite au robot, avec une différenciation entre les holsteins (1,5 kg de VL et 1,5 kg de colza) et les montbéliardes (1 kg de VL, 2 kg de colza). Les assolements ont été adaptés pour satisfaire un besoin de 30 % de stocks supplémentaires. Les associés réalisent aujourd’hui des rotations méteil-céréales-ray-grass sur 40 ha. Ils récoltent aussi 35 ha de maïs ensilage, 40 ha d’ensilage d’herbe, 100 ha de foin première coupe et 40 ha de regain si l’année le permet.

Sur le volet de la reproduction, toutes les génisses sont génotypées et les IA sont faites par les éleveurs. Une réduction de six mois sur l’âge au premier vêlage des vaches lai­tières permet de libérer de la place et du stock pour faire grandir le troupeau allaitant (lire l’encadré). « L’organisation du travail a été réfléchie pour prendre un week-end sur trois et une semaine de vacances chacun l’esprit tranquille », soulignent les éleveurs, qui souhaitent aussi consacrer plus de temps à des concours de race.

La réflexion en cours porte sur l’installation prochaine de Sébastien Buchon,32 ans, frère de Fabrice et Yannick, actuellement métallurgiste. Il s’agit d’un nouveau pari sur l’avenir pour le Gaec Buchon-Delpuech.

Monique Roque-Marmeys

Le contexte

Le Gaec Buchon-Delpuech est basé à Roffiac, dans le Cantal, à 950 mètres d’altitude.

• Il compte 150 vaches laitières prim’holsteins et montbéliardes (1,3  million de litres de lait annuels)
et 35 vaches allaitantes
de race aubrac.

• La SAU est de 330 ha, comprenant 35 ha de maïs, 13  ha de céréales, 13 ha de méteil, 30 ha de prairies temporaires et 60 ha d’estives.

Passer à 50 mères sur le troupeau aubrac

Parti des 15 mères aubracs apportées par le regroupement des deux exploitations, l’effectif s’élève aujourd’hui à 35 mères inscrites. « Notre objectif est d’augmenter le troupeau allaitant à 50 mères, précise Yannick Buchon. Il trouve parfaitement sa place dans notre système, en valorisant les parcelles d’estives et les prairies les plus éloignées des bâtiments. Il aurait été dommage d’abandonner la génétique de ce troupeau initiée par nos parents. L’aubrac, rustique et dotée de qualités d’élevage affirmées, offre une bonne valorisation de ses produits avec des charges faciles à maîtriser. » Les vaches vêlent en octobre et novembre à l’extérieur. Les mâles sont valorisés en broutards et les femelles en vaches reproductrices ou en réformes engraissées.

Le récap
Les points positifs
  • Réduction du travail d’astreinte

  • Amélioration de la qualité de vie

  • Meilleure productivité de la main-d’œuvre

Les points négatifs
  • Augmentation des frais de mécanisation

  • Coût d’entretien des robots de traite

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Recul de la demande sur les pièces « arrière »

L’activité commerciale reste assez régulière sur le marché du vif, bien que les industriels observent un recul des commandes dans les pièces « arrière ». Le prix des aloyaux se replie, mais cette baisse n’est pas compensée par une plus-value sur les avants. Les abatteurs, qui ont moins de difficulté à s’approvisionner, commencent à mettre la pression sur les prix des laitières. La demande est également plus calme dans le domaine des allaitantes, mais la modestie de l’offre permet de maintenir les cours.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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