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Optimiser la production de fourrages pour un troupeau équin

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Station expérimentale - Optimiser la production de fourrages pour un troupeau équin
Un pâturage tournant efficient a permis d’augmenter le troupeau de chevaux élevés à la station expérimentale de Chamberet. © V. Guyot

En Corrèze, la station expérimentale de Chamberet affiche des essais concluants sur la gestion du pâturage et des fourrages récoltés.

« Nous appliquons depuis 2010 les recommandations du plan Fourrages en Limousin en lien avec la chambre d’agriculture de Corrèze. Malgré des épisodes de sécheresse récurrents, nous avons pu augmenter notre troupeau de 150 à 170 chevaux grâce à la mise en place du pâturage tournant. Le tout, en préservant une bonne autonomie alimentaire », explique Laurence Wimel, directrice de la station expérimentale de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) à Chamberet , en Corrèze. Ce site, dédié à l’élevage et situé sur le plateau de Millevaches, compte 120 ha et abrite un cheptel de 80 juments de selle, de type anglo-arabe, et 90 jeunes âgés de 0 à 3 ans. Trente juments y poulinent chaque année.

Plan Fourrages en Limousin

« Nous composons avec un chargement qui s’élève aujourd’hui à 1,66 UGB/ha, poursuit Laurence Wimel, entourée d’une équipe de dix personnes. Nous pratiquons un pâturage tournant efficient. » Les chevaux sont conduits en six à huit lots composés selon la catégorie et l’âge des animaux : juments suitées, juments vides, poulains… « Leur temps de présence varie de quarante-huit heures à sept jours, avec une moyenne de quatre jours sur des paddocks de 1,5 ha, ajoute la directrice du centre. L’analyse de la valeur nutritionnelle de l’herbe permet d’ajuster sa qualité aux besoins des chevaux. Nous affectons ainsi les parcelles en fonction des catégories d’animaux. »

Sécuriser les stocks

Le respect des cycles de pâturage et des temps de retour sur les paddocks a aussi fortement réduit les traitements antiparasitaires avec un traitement annuel pour les adultes et deux pour les jeunes, au lieu de quatre auparavant.

La station a mis en place des cultures de printemps, des semis sous couvert et de la luzerne pour sécuriser son système fourrager face au changement climatique. « Les animaux hivernent dans plusieurs bâtiments d’où ils ont accès à des surfaces de pâture d’environ un hectare, explique Laurence Wimel. Nous valorisons ces parcelles d’hivernage en les ressemant systématiquement au printemps. Nous implantons un mélange de ray-grass (22 kg/ha) et de trèfle violet (6 kg/ha) sous couvert de méteil (26 kg/ha d’avoine, 77 kg/ha de blé, 11 kg/ha de pois-vesce). Ce mélange est enrubanné puis pâturé. » Trois hectares sont consacrés à du maïs, en alternance avec du méteil d’hiver. Un semis de prairies sous couvert d’orge réalisé à l’automne permet de sécuriser ces implantations et d’assurer deux à trois cycles de pâturage. Enfin, 6,5 ha de luzerne ont permis de réaliser quatre coupes en 2020, dont les rendements respectifs ont été de 34 t de matières brutes, puis 15 t, 2,5 t pour les récoltes en foin et 5,2 t pour la quatrième coupe en enrubannage.

Les besoins annuels en fourrages de la station sont de 360 tonnes de matières brutes pour cent quatre-vingts jours d’hivernage, et les récoltes se sont élevées à 382 t de matières brutes en 2020, une année pourtant marquée par une sécheresse conséquente.

Monique Roque-Marmeys

Des résultats positifs avec la chicorée

Deux hectares de chicorée à l’essai depuis deux ans apportent des résultats encourageants. Cette plante résistante en période sèche grâce à ses racines pivotantes est appréciée des jeunes chevaux, qui l’ont pâturée du 15 juin au 8 octobre 2020. Les animaux doivent revenir tous les dix à quinze jours pour que la chicorée ne révèle pas d’amertume. Un second essai de sursemis de chicorée sur une prairie de ray-grass et de trèfle s’avère également concluant. Visible à partir du second cycle de végétation, la chicorée a optimisé la valorisation de cette parcelle de 2 ha par 50 juments suitées, qui l’ont pâturée à raison de vingt-quatre à quarante-huit heures tous les quinze jours, à partir du sixième cycle d’août à octobre.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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