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« Nous renouvelons notre troupeau allaitant avec des vaches adultes »

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Salers - « Nous renouvelons notre troupeau allaitant avec des vaches adultes »
Benoît Tioque, sa compagne Sandrine Delaune, et son père Dominique apprécient la longévité, les qualités maternelles et la docilité de leurs vaches salers. © M. Roque-Marmeys

Les associés du Gaec de l’Enclos II (Haute-Loire) élèvent 65 vaches salers. Tout le renouvellement est assuré par l’achat de vaches adultes gestantes.

«Nous ne faisons jamais vêler de génisse car nous ne gardons pas de femelle née sur l’exploitation. Les animaux achetés pour renouveler le troupeau sont des vaches adultes pleines de charolais ou des vaches suitées. Âgées en moyenne de 7 à 8 ans, elles font encore entre trois et cinq veaux chez nous », explique Dominique Tioque, associé au Gaec de l’Enclos II avec son fils Benoît et sa belle-fille Sandrine Delaune, à Cohade (Haute-Loire).

Cultures et productions animales

Sur l’élevage, cette pratique remonte à 1995. « Elle convient à notre système qui regroupe des cultures et plusieurs productions animales », poursuit l’éleveur.

L’exploitation de 155 ha sur deux sites compte 70 ha de maïs ensilage vendu à 100 % (lire l’encadré), 25 ha de céréales d’autoconsommation et de vente, et 60 ha de prairies. Elle abrite un atelier de 280 veaux de boucherie, deux poulaillers de 4 400 places chacun de poulets de chair en label rouge Volailles fermières d’Auvergne, et un troupeau de 65 vaches salers conduites à 100 % en croisement charolais.

Quinze mères achetées tous les ans

« Les 40 premières salers, achetées en 1995, avaient 18 ans de moyenne, avec une doyenne de 24 ans. Toutes avaient fait un veau l’année de leur arrivée, évoque Dominique. En vingt-cinq ans, nous avons eu le temps d’éprouver et d’apprécier la longévité, la facilité de naissance et les qualités maternelles de cette race. Avec un veau par vache et par an, peu de frais vétérinaires et une autonomie alimentaire grâce à nos cultures, le système a fait ses preuves. En achetant tout notre renouvellement en vaches adultes gestantes, nous n’avons aucune femelle improductive. Nous n’avons pas non plus à surveiller des vêlages de primipares. »

Une quinzaine de vaches sont achetées chaque année en remplacement d’une quinzaine de réformes finies à un poids compris entre 280 et 450 kg de carcasse. Ces dernières sont vendues 3,70 €/kg en moyenne en 2020. « Nous réformons les bêtes vides, trop vives, qui ont la mamelle abîmée ou qui ont fait un veau mort à la naissance », précise Benoît Tioque. Deux à trois taureaux charolais de bonne conformation et de gabarit moyen assurent les saillies. Les vaches vêlent durant l’automne et l’hiver.

Tous les veaux sont sevrés puis repoussés durant trois à quatre mois. Ils sont vendus entre 370 et 380 kg de poids vif pour les femelles et 430 à 440 kg pour les mâles. Ils reçoivent une complémen­tation au pré composée d’un mélange de deux tiers de céréales et d’un tiers de luzerne 23 déshydratée et de tourteau de colza. Elle est suivie d’une ration de repousse composée d’ensilage d’herbe, de 3 kg de céréales et de 1,5 kg de tourteau de colza.

De leur côté, les vaches en finition disposent d’ensilage d’herbe à volonté, de 8 kg de maïs épi et de 6 à 8 kg de drèche de brasserie. Pendant l’hiver, la ration des vaches comprend l’ensilage d’herbe de dérobées et du foin.

« Ce troupeau docile, dont la moyenne d’âge est de 10 à 12 ans, nous convient bien, concluent les éleveurs. Nous ne sommes pas des animaliers dans l’âme comme les éleveurs naisseurs du berceau de la race et nos autres productions végétales et animales sont exigeantes en temps. »

Monique Roque-Marmeys

Du commerce entre la plaine et la montagne

Depuis plus de vingt ans, Dominique Tioque vend du maïs ensilage aux éleveurs qui ne peuvent pas en produire en montagne. « Une relation de confiance et une fidélité se sont établies au fil du temps. Mes clients de maïs sont aussi mes fournisseurs de vaches », souligne l’éleveur, qui vient de recevoir onze vaches salers nées chez Jean-Yves Rodde, éleveur à Cheylade, dans les monts du Cantal. Le sélectionneur de salers lui a eu acheté régulièrement du maïs. Le Gaec de l’Enclos II compte une quarantaine de clients, dont 70 % d’acheteurs réguliers, dans un rayon de 100 km autour de l’exploitation. Il cultive chaque année 70 ha de maïs irrigué à 45 t de matière brute/ha vendu en ensilage en vrac, en plante entière, ou en ballots.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Recul de la demande sur les pièces « arrière »

L’activité commerciale reste assez régulière sur le marché du vif, bien que les industriels observent un recul des commandes dans les pièces « arrière ». Le prix des aloyaux se replie, mais cette baisse n’est pas compensée par une plus-value sur les avants. Les abatteurs, qui ont moins de difficulté à s’approvisionner, commencent à mettre la pression sur les prix des laitières. La demande est également plus calme dans le domaine des allaitantes, mais la modestie de l’offre permet de maintenir les cours.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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