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« Nous inséminons nos laitières pour plus de liberté »

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Organisation du travail - « Nous inséminons nos laitières pour plus de liberté »
Arnaud (à gauche) et Benoît Pottier inséminent leurs prim’holsteins depuis sept ans. © I. Lejas

Arnaud et Benoît Pottier ont choisi d’inséminer eux-mêmes leurs animaux pour faciliter l’organisation du travail et un meilleur suivi de leur troupeau.

Après avoir bloqué la génisse au cornadis, Arnaud effectue une palpation rectale pour localiser le col de l’utérus et le tenir. Il insère la sonde, arrive dans la zone de grattage, passe les trois anneaux avant de déposer la semence à l’entrée de l’utérus. Un geste technique et précis que l’éleveur a réalisé de nombreuses fois pour les 90 vaches et leur suite de l’exploitation située à Iffendic, en Ille-et-Vilaine. Cela fait plus de sept ans que les deux frères se sont lancés dans l’insémination artificielle. « Davantage pour le côté pratique que pour l’aspect économique », reconnaissent-ils. Les éleveurs n’ont plus besoin d’attendre l’inséminateur, sans savoir quand il va passer. À l’époque, il ne se déplaçait pas le dimanche, c’était pénalisant. « Nous ne voulions plus bloquer les vaches aux cornadis durant une demi-journée, expliquent-ils. Aujourd’hui, nous inséminons au bon moment, pour nous comme pour les vaches. C’est moins de stress. » Sur le plan sanitaire, cela évite de faire rentrer une personne extérieure sur l’élevage.

« Pratiquer tout de suite »

Les éleveurs se sont formés juste avant l’installation d’Arnaud, venu rejoindre son frère jumeau sur l’exploitation familiale en 2013. La formation, d’une durée de trois jours espacés dans le temps, a eu lieu sur l’exploitation de l’un des participants. Au programme : une première partie théorique consacrée à l’anatomie, mais surtout de la pratique, en s’entraînant sur des vaches de réforme. « Au départ, c’est compliqué, confie Arnaud. La prise du col c’est un geste technique qu’il faut faire et refaire avant d’y arriver. Il est nécessaire de pratiquer tout de suite après la formation, au risque de ne plus oser par la suite. »

Le verdict est assez rapide. « On voit très rapidement si les vaches retiennent ou pas », ajoute-t-il. Et les résultats sont là : il faut 1,6 paillette par vache, contre 2,2 auparavant. Le taux de réussite en première IA s’établit à 60,8 %. En, 2019, l’intervalle vêlage-vêlage était à 385 jours. Pour être encore plus performant, en 2015, les éleveurs ont investi dans un détecteur de chaleurs : « C’est une aide précieuse, notamment pour les chaleurs la nuit. » A chaque IA, le producteur note sur son calendrier de reproduction. Il les enregistre sur son logiciel de suivi du troupeau.

Grâce à cette technique, les éleveurs ont le sentiment d’avoir repris en main le suivi de la reproduction de leur troupeau. « Nous pouvons mieux choisir nos taureaux », confirme Benoît. Ils réalisent leur plan d’accouplement avec un fonctionnement simple, en utilisant quatre ou cinq reproducteurs. Le technicien passe une fois par an. « Nous faisons le tour des femelles, pour effectuer le choix selon nos critères : le lait, les taux, mais également la mamelle et les pattes, en prévision de l’installation de deux robots d’ici à la fin de l’année », poursuit-il.

Le prix de la dose est de 26 € en moyenne. L’économie sur la mise en place des paillettes n’est pas négligeable. Auparavant, le coût de l’insémination revenait à 8 000 € par an pour un troupeau de 70 vaches. « Aujourd’hui, il est de 6 500 €, avec de meilleurs taureaux et, surtout, 20 vaches supplémentaires », se félicitent les éleveurs.

Isabelle Lejas

S’équiper en conséquence

Devenir éleveur inséminateur demande un équipement de base. Il est nécessaire d’investir dans une bonbonne pour l’azote liquide (autour de 700 €), où sont conservées les paillettes. Le remplissage de l’azote se fait souvent sous forme d’abonnement à l’année (180 €). Le matériel pour inséminer comprend un pistolet (20 €), un coupe-paillettes (9 €) et un décongélateur de paillettes (190 €). « Il convient également de prévoir les consommables (gaines d’insémination, gants de fouille, gel).

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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