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« Nous commercialisons nos broutardes sur plusieurs segments »

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Débouchés - « Nous commercialisons nos broutardes sur plusieurs segments »
« Nous allons développer le créneau Prim’Herbe, car il correspond aux bêtes que nous sommes capables de produire », estiment (de g. à d.) Simon et Christophe Legendre, accompagnés de Gaëtan Poinsignon, conseiller élevage de la Coopérative agricole lorraine. © D. Péronne

Les associés du Gaec de Passigny ont élargi les débouchés pour leurs femelles, induisant un travail rigoureux de suivi et de tri des animaux.

Alors que son atelier engraissement ne produisait que des mâles, le Gaec de Passigny, à Serrouville (Meurthe-et-Moselle), est progressivement passé au « tout femelles » il y a six ans. « Les taurillons se battaient souvent, c’était stressant », explique Christophe Legendre, associé avec son neveu Simon. Un choix que les éleveurs ne regrettent pas, en raison de l’amélioration des conditions de travail, mais surtout au regard de la demande pour des carcasses plus légères.

Meilleures conditions de travail

Sur les 260 ha de l’exploitation, 60 sont consacrés à la production de fourrages (maïs et herbe). Entre 200 et 220 animaux sont présents à l’année, femelles de toutes races, dont une majorité de croisées. Les babynettes sont achetées à 7 mois, via la Coopérative agricole lorraine (CAL) ou dans des exploitations du secteur. Après engraissement, elles sont vendues sur plusieurs créneaux. Les génisses lourdes de 30 mois partent en circuit classique, à 400 kg de carcasse. Les plus légères, de 550 kg de poids vif, partent en Italie à l’âge de 18 mois.

Le Gaec vend aussi des animaux à l’abattoir de Cuiseaux (Saône-et-Loire), spécialisé dans la fourniture de restaurants haut de gamme. Un débouché fourni par des salers ou des croisées salers et charolais de 30 mois, plus légères (entre 320 et 380 kg de carcasse). Leur viande, plus grasse, est mise à maturer pendant vingt-cinq jours. « C’est un compromis entre les génisses lourdes et les légères destinées à l’Italie », précise Simon. Enfin, les associés fournissent l’abattoir de Sarrebourg (Moselle), demandeur sur un petit segment alimenté par des femelles blondes d’Aquitaine.

Quatre lots en bâtiment

« Depuis trois ou quatre ans, les marchés évoluent, explique Christophe. Vers l’Italie, cela s’est restreint, et nous devons trouver des alternatives. Le cahier des charges Prim’Herbe pour alimenter Carrefour est intéressant (1). Il demande un bon suivi de croissance, afin d’avoir des animaux dans un créneau de poids précis. Depuis septembre, nous avons fait partir 40 babynettes dans cette filière. Nous en aurions bien fait davantage, mais il faut pouvoir anticiper. Un marché porteur pour des carcasses plus légères implique aussi une hausse des prix d’achat. Nous devons faire attention à notre marge. »

En conséquence de ces débouchés variés, les associés consacrent du temps au tri de leurs femelles. « Nous fonctionnons avec quatre lots, précise Simon. La rotation s’effectue dans les cases en bâtiment. Avoir des lots homogènes est très gourmand en main-d’œuvre. Heureusement, nous sommes bien équipés, y compris pour la pesée. »

La ration journalière type est composée d’un mélange de 25 kg bruts, dont 15 kg d’ensilage de maïs, 6 kg d’ensilage d’herbe, 3 kg de corn feed, 2 kg de farine d’orge, 500 g de tourteaux de colza ainsi que du sel et des minéraux. Pour les génisses plus lourdes, la ration est enrichie en conséquence. Afin de répondre au cahier des charges Prim’Herbe, l’exploitation a implanté 8 ha supplémentaires de ray-grass. « Chez les femelles, la finesse d’os et la conformation jouent beaucoup, souligne Christophe. Elles ne doivent pas être mises à l’engraissement trop tôt, car elles font vite du gras, sans prendre de poids. Les babynettes ont un petit rumen, il faut être vigilant sur la digestibilité de l’herbe. L’ensilage doit être fait à un stade précoce. »

Domnique Péronne

(1) Lire La France agricole n° 3879, p.42.

« Valoriser tous les animaux produits »

« L’hétérogénéité en matière d’engraissement et de rendement de carcasse est plus forte sur les femelles, souligne Julien Tisserand, responsable élevage à la CAL. L’enjeu sur un élevage comme celui de Christophe et Simon Legendre est donc de bien valoriser tous les animaux produits, d’où l’intérêt de proposer un maximum de débouchés. » La marge des éleveurs est évaluée sur la base du poids de carcasse produit par place. « Sur le plan de la logistique, un tel système est plus complexe à gérer pour nous, coopérative, mais il n’en reste pas moins intéressant. »

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Le marché se tend

Depuis deux semaines, les sorties ont sensiblement progressé, conduisant à un accroissement des exportations vers l’Italie et l’Allemagne. Si ces deux marchés restent demandeurs, les engraisseurs attendent de vider leurs ateliers pour les fêtes de fin d’année. En France, les abatteurs poussent à davantage de mises en place, mais après le coup dur de la crise de Covid-19 l’an dernier, les candidats sont peu nombreux.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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