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Miser sur le lait et le porc après un regroupement d’exploitations

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Territoire de montagne - Miser sur le lait et le porc après un regroupement d’exploitations
Jean-Pierre Julhes, Marie-Françoise Calvet, Benoît Julhes, Henri Calvet et leur jeune salarié Maxime (de g. à d.) élèvent aujourd’hui quatre-vingt-deux vaches montbéliardes produisant du lait AOP cantal livré à Volcalis. © Monique Roque Marmeys

Les trois nouveaux associés du Gaec de Puech-Laborie ont diminué le troupeau allaitant pour une production laitière modernisée. L’atelier porcin est inchangé.

«Une réflexion engagée de longue date au sein de notre Cuma sur l’évolution de l’élevage dans nos territoires de montagne nous a fait cheminer lentement mais sûrement vers le regroupement de nos deux exploitations », expliquent de concert Benoît Julhes et Henri Calvet, voisins de 6 km avant de s’associer le 1er avril 2021. Le père de Benoît, parti en retraite depuis le 1er janvier 2022, a été remplacé par la sœur d’Henri, Marie-Françoise Calvet, qui a quitté son poste d’assistante-comptable. « Une opportunité pour s’installer qu’il fallait saisir ! », selon la nouvelle associée de 52 ans, habituée à aider son frère au sein de l’exploitation familiale.

Traite robotisée

Avant la décision de se rapprocher d’Henri, Benoît allait être rapidement confronté à un problème de main-d’œuvre avec un atelier de 100 truies en naisseur-engraisseur et 80 vaches allaitantes salers. « Je ne parvenais pas à trouver la bonne voie pour mon exploitation au départ de mon père », confie l’exploitant de 37 ans. « Si j’étais resté seul, je ne serais plus éleveur », assure de son côté Henri.

Les deux éleveurs ont profité de la tranquillité des mois de confinement pour mûrir leur projet. Quelles ressources garder et pour quel revenu ? La production porcine mise en place par Benoît à son installation en 2011 n’est pas remise en cause. L’atelier de 7 bandes de 14 truies affiche de bons résultats techniques avec 13 porcelets sevrés par portée et un indice de consommation de 2,85. De plus, 3 000 porcs charcutiers sont vendus chaque année en Porc Montagne. Le lisier permet d’être autonome pour la fertilisation des terres.

Les simulations économiques sur le devenir des deux troupeaux bovins ont nettement fait pencher la balance en faveur du lait. « Nous avons dès lors décidé de doubler le cheptel laitier tout en conservant un petit nombre d’allaitantes pour valoriser des parcelles morcelées et éloignées », expliquent les deux associés.

« Notre objectif de quatre-vingt-deux montbéliardes et trente-cinq salers sera atteint d’ici à la fin de 2022. »

Le bâtiment construit en 2006 par Jean-Pierre Julhes pour 80 vaches allaitantes est réaménagé pour des laitières. « Il avait été conçu sans aucun poteau intérieur pour être facilement transformé. Nous avons sans peine rajouté des logettes. Alors que la réflexion du type de salle de traite était engagée, l’idée d’installer un robot s’est imposée à nous », précisent les éleveurs. Un automate à double stalle est fonctionnel depuis le 6 décembre 2021. « Nous ne regrettons pas notre choix qui apporte du confort aux animaux comme aux éleveurs. Les vaches s’y sont habituées en quinze jours. »

Les 30 hectares qui entourent le bâtiment permettent de faire pâturer les vaches. « C’est cohérent par rapport à notre système basé sur la valorisation de l’herbe. Là encore, nous sommes agréablement surpris par les facultés d’adaptation des laitières à franchir la porte automatique après leur traite », précise Benoît.

Autonomie fourragère

L’investissement réalisé pour le bâtiment et le robot s’élève à 420 000 euros, dont 130 000 euros de subventions. « En doublant la production laitière, nous comprimons les charges », précisent les trois associés.

La modernisation de la production laitière, la complémentarité de profils des trois associés et une amélioration de l’EBE (voir l’infographie) sont autant d’éléments encourageants pour l’avenir de la nouvelle structure.

« Nous sommes autonomes en fourrages et en énergie grâce aux céréales. Nous avons encore le nez dans le guidon durant cette période d’autoconstruction et de transition pour chacun. Une bonne organisation du travail combinant une spécialisation des tâches du quotidien et une polyvalence de chacun permettra de dégager du temps libre. Nous avons à cœur de créer une exploitation dynamique qui fasse envie à de futurs nouveaux associés. »

Monique Roque Marmeys

Le contexte

À Badailhac (Cantal), Jean-Pierre Julhes, son fils Benoît, et leur voisin, Henri Calvet, ont regroupé leurs exploitations en avril 2021. Marie-Françoise Calvet, la sœur d’Henri, a remplacé Jean-Pierre Julhes après son départ en retraite en janvier 2022.

• L’exploitation emploie un salarié 3 jours/semaine et compte 176 ha de SAU, dont 15 ha de céréales.

• 82 vaches laitières et 35 mères allaitantes d’ici fin 2022, ainsi qu’un atelier porcin de 100 truies naisseur-engraisseur.

Valoriser les veaux

Un tiers des veaux femelles salers et croisés salers-charolais étaient jusqu’alors vendus en babynettes ou jeunes génisses engraissées à l’herbe contre deux tiers en broutardes. En réduisant le cheptel mères de près de 50 %, les éleveurs envisagent de finir deux tiers des génisses en babynettes de 330 kg de carcasse (vendue 4,10 €/kg en 2021) pour créer de la valeur ajoutée. « Finir des produits viande à l’herbe permettra de valoriser davantage nos prairies tout en produisant une viande de qualité dotée d’une valeur écologique », expliquent les associés.

Le récap
Les points positifs
  • Partage du travail et des responsabilités à trois.

  • Davantage de temps libre.

  • Être en capacité d’accueillir à terme de nouveaux associés.

Les points négatifs
  • Prise de risque sur le plan humain.

  • Nouveaux investissements.

  • Système d’exploitation plus complexe.

Un gain d’EBE de 35 000 € espéré

Avec 100 truies en système naisseur-engraisseur, les éleveurs produisent 3 000 porcs charcutiers Porc Montagne par an. © Monique Roque Marmeys
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Cet article est paru dans La France Agricole

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