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« Mes vaches laitières ont une bonne santé mammaire »

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Amélioration des pratiques - « Mes vaches laitières ont une bonne santé mammaire »
Le lait produit par les montbéliardes de Damien Bacquet est valorisé dans la filière comté. © A. Courty/GFA

Damien Bacquet, installé dans le massif du Jura, s’est formé sur la maîtrise des cellules et des mammites pour parfaire ses bonnes pratiques.

Lorsque Damien Bacquet, installé à Courvières, dans le Doubs, décide de suivre la formation « Maîtrise des mammites et des cellules dans mon élevage » (1), la situation sanitaire était déjà « satisfaisante » dans la ferme. Les pénalités étaient rares, mais les bonifications en retour de comptages cellulaires inférieurs à 100 000 l’étaient aussi.

La formation se déroule sur une journée, en petits groupes d’éleveurs. Damien y a assisté en début d’année. Le socle théorique, combiné à l’analyse des résultats des exploitations représentées, a conforté l’éleveur dans sa démarche de progrès. « Nous étions bien positionnés sur la proportion de vaches saines après le vêlage », se souvient-il.

Vaches propres

La période sèche est l’un des points forts du Gaec. « Le traitement antibiotique délivré au tarissement est ajusté en fonction du statut mammaire de la vache, communiqué par le Contrôle laitier : saine, douteuse ou infectée », explique l’éleveur. Le passage au tarissement sélectif est envisagé. Depuis un an, un lot prépa-vêlage a été créé pour assurer une bonne transition alimentaire avant l’entrée en production. Deux boxes accueillent les vaches prêtes à vêler.

En dehors de la saison de plein pâturage, les laitières et les taries sont logées en système de logettes, avec des aires d’exercice en caillebotis. « Les logettes sont nettoyées deux fois par jour, indique Damien. De la farine de paille est disposée sur l’aire de couchage, en plus des matelas et des tapis. » La tonte des queues et l’épilation thermique des mamelles aident également à maintenir les vaches propres.

Le protocole suivi à la traite est un autre point fort de l’élevage : prétrempage des trayons, rinçage avec une lavette lavable individuelle, traite, puis désinfection des trayons par pulvérisation. La nouvelle salle de traite, mise en service en avril dernier, dispose d’un revêtement grillagé permettant d’évacuer les bouses sans éclabousser et risquer de contaminer les mamelles ou le matériel de traite. « Les manchons en silicone sont changés tous les ans, la vérification des installations est annuelle et le lavage est automatisé », complète le producteur.

Traitement adapté

Si le suivi de la formation n’a pas révolutionné le fonctionnement de l’exploitation, l’efficience des traitements médicamenteux a, en revanche, sensiblement évolué. « Dans le passé, nous faisions des prélèvements de lait sur les vaches douteuses, révélées au Contrôle laitier. Mais ce n’était pas forcément le cas pour les vaches à mammites, avec symptômes. Nous les traitions directement aux antibiotiques. Désormais, nous faisons un prélèvement systématique avant ce traitement en première intention. Le suivi peut être réajusté, en fonction de la bactériologie », souligne Damien.

Le comptage cellulaire moyen annuel est passé de 203 000 à 140 000 entre les deux dernières campagnes laitières. « Nous sommes restés sous la barre des 100 000 pendant le premier semestre 2021 », sourit l’éleveur. Le réétalonnage des comptages cellulaires, lancé en France début 2021, joue, mais ne gomme en rien les progrès réalisés : « Les cellules sont remontées depuis l’été, avec l’arrivée des tarissements et des soucis de réglages de la nouvelle installation de traite. » Malgré cela, les objectifs sont « atteints » et cela « se voit sur la paie de lait ».

Alexandra Courty

(1) Animée par son vétérinaire, le Contrôle laitier du Doubs et le groupement technique vétérinaire de Bourgogne-Franche-Comté.

Une filière du comté exigeante

Le cahier des charges du comté ne lésine pas sur les précautions à prendre pour assurer la qualité sanitaire du lait, sans compromettre sa fromageabilité. C’est, par exemple, le cas du nettoyage sans désinfection des trayons avant la traite. La révision du document, en cours d’instruction à l’Inao, met l’accent sur l’intérêt d’une formation continue du producteur, du renouvellement régulier des manchons trayeurs et de l’efficience des traitements antibiotiques prescrits.

En chiffres

• 120 montbéliardes

• 820 000 litres de lait

• Filière comté

• SAU de 260 ha, tout en herbe

• 4 UTH

• 800 m d’altitude

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Cet article est paru dans La France Agricole

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