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Les inséminations bovines en croisement laitier se maintiennent

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Reproduction - Les inséminations bovines en croisement laitier se maintiennent
En 2020, les femelles prim’holsteins étaient utilisées dans 24 % des inséminations premières en croisement laitier. © Cédric Faimali/GFA

La mise à la reproduction de vaches laitières avec un mâle d’une autre race se stabilise depuis 2018. Toutefois, les croisements réalisés évoluent.

«Le croisement laitier, par l’effet d’hétérosis, permet une amélioration des caractères peu héritables tels que la fertilité ou les caractères liés à la santé, faisant défaut aux races productives », expose l’Institut de l’élevage (Idele).

D’après le bilan des inséminations animales (IA) bovines réalisées en 2020, publié par l’Idele en février dernier, les IA premières (IAP) en croisement laitier représentent 6 % du total des IAP sur femelles laitières. Elles se stabilisent depuis 2018, après un rebond en 2017. « À cette époque, des programmes comme Procross avaient fait parler d’eux, et ont certainement inspiré davantage d’éleveurs à se lancer dans le croisement », explique Sandra Dominique, chargée de projet schémas et programmes de sélection des bovins à l’Idele.

Les vaches croisées d’abord

En 2020, 67 % des inséminations premières en croisement laitier étaient effectuées sur des femelles croisées : 47 % sur des croisées de première génération, et près de 20 % sur des F2 (deux générations de croisement) ou plus. Leur nombre a ainsi progressé de 56 % en dix ans. « On constate notamment une augmentation régulière du nombre de femelles F2. Les éleveurs les gardent et les reproduisent, ce qui était moins fréquent auparavant », précise l’experte.

Viennent ensuite les IAP en croisement laitier sur des mères prim’holsteins (24 %), montbéliardes (5 %), normandes (2 %), pie rouge (1 %) et les autres races (1 %).

Parmi les races de femelles réalisant plus de 1 000 IAP, la pie rouge et la rouge flamande enregistrent de fortes proportions d’insémination première avec un taureau d’une autre race, atteignant respectivement 17 % et 11 %. C’est au contraire une pratique minoritaire sur les mères des trois premières races laitières (prim’holsteins, montbéliardes, normandes), avec chacune environ 2 % des IAP en croisement laitier.

Les taureaux prim’holsteins plébiscités

Du côté des races des taureaux utilisées, des évolutions ont eu lieu sur les dix dernières années. En 2010, plus de 80 % des IAP croisées lait étaient réalisées avec des taureaux prim’holsteins (50 %), montbéliards (20 %) et normands (11 %). En 2020, si les taureaux prim’holsteins sont encore employés dans 40 % des IAP en croisement laitier, le recours aux mâles des races brune, jersiaise, simmental, pie rouge ou encore rouge scandinave s’élève au total à 31 %. « Le développement de l’utilisation de ces races est indéniable et correspond à la baisse de la proportion des taureaux prim’holsteins », analyse l’Idele.

Fait notable, 52 % des IAP pratiquées avec un taureau pie rouge font l’objet d’un croisement laitier. « Croiser cette race avec la prim’holstein peut être avantageux sur les caractères fonctionnels, souligne Sandra Dominique. Aussi, depuis 2009, ce croisement n’implique pas de coder le produit en “croisé” (code race 39). Cela peut donc jouer. »

L’accouplement d’une femelle croisée avec un taureau prim’holstein est en toute logique le plus populaire des croisements laitiers, à hauteur de 35 %. « Mais on note que 40 % des IAP en croisement laitier sont réalisées sous diverses races supports », complète l’Idele.

Vincent Guyot

Une pratique plus répandue dans le Nord

En France, la part la plus importante des IAP en croisement laitier est enregistrée « dans les régions de Normandie et du Nord-Pas-de-Calais-Picardie », indique l’Idele. Elle se situe entre 9 et 17 % du total des IAP. « S’agissant de la Normandie, on peut penser que la proportion minimale de race normande dans les cheptels exigée par les AOP encourage le croisement avec cette race, avance Sandra Dominique. Dans cette région, 22 % des inséminations en croisement sont assurées par des taureaux normands sur des femelles croisées ou prim’holsteins. Aussi, 40 % des inséminations croisées lait sont réalisées avec des taureaux prim’holsteins sur des femelles croisées. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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