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L’ensilage de sorgho, une alternative au maïs pour les laitières

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Variétés - L’ensilage de sorgho, une alternative au maïs pour les laitières
« Une partie des 60 vaches de race brune teste, depuis le début de janvier, la ration à base d’ensilage de sorgho », explique Fabien Chaumonnot, le responsable de l’exploitation du lycée agricole de La Barotte. © A. Bréhier

Des essais menés en Bourgogne, dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse, montrent l’intérêt d’introduire du sorgho ensilé dans la ration des vaches.

Depuis 2019, la chambre régionale d’agriculture Bourgogne- Franche-Comté et ses partenaires (1) testent la substitution du maïs par du sorgho monocoupe BMR sucrier ensilé, en repérant les variétés les mieux adaptées à la région. Le sorgho présente des sources d’énergie différentes. Pauvre en amidon, il contient plus de sucres et ses tiges sont plus digestibles. Réalisé sur la campagne 2019-2020 au lycée agricole de La Barotte, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), le premier essai a été mené avec une seule variété de sorgho très précoce : « Arigato ». Dans un contexte très chaud et sec, le sorgho a mieux résisté que le maïs. Sur des sols argilo-calcaires moyens à profonds, il a produit 9 t MS/ha contre 7 t pour le maïs.

Deux lots de 18 vaches ont été constitués. Le premier recevait une ration complète à base de 8,63 kg de MS/vache de maïs ensilage. Dans la ration du second lot, le maïs ensilage a été remplacé par 8,5 kg de MS de sorgho. Ce lot a bien réagi à ce changement, affichant une production laitière de 29,5 kg par vache et par jour (TB 39,6 g/kg et TP 34,1 g/kg), contre 29,1 kg de lait (TB 41,4 g/kg et TP 34,5 g/kg) pour les vaches en ration à base de maïs ensilage. Par ailleurs, aucune dégradation de la note d’état corporel a été observée.

« Sécuriser Les fourrages »

Pour confirmer ces résultats encourageants, un second essai a été mis en place sur la campagne 2021-2022 avec un mélange de six variétés, dont certaines ont été testées également sur deux autres sites. Il a été conduit dans un contexte météo froid et pluvieux, plus favorable au maïs. Dans ces conditions, le taux de MS du sorgho a été plus faible qu’en 2019. Au lycée de La Barotte, il s’est établi à 25 % en moyenne, alors que l’objectif est de récolter à 30 %.

Dans la ration testée depuis début janvier sur le troupeau du lycée, la valeur énergétique du sorgho frôle 1 UFL/kg de MS contre 0,94 UFL pour le maïs. Outre une très bonne digestibilité (74 à 76 %), le sorgho affiche un taux d’amidon inférieur à 4 %, un taux de sucres solubles de 14 à 16 %. Le taux de matières azotées totales (MAT) oscille de 7,5 à 11,5 %, contre 7 % pour le maïs.

Alors que les résultats zootechniques de ce second essai seront disponibles en fin d’hiver, Denis Chapuis, animateur du pôle laitier régional, tire les premiers enseignements. « Le sorgho nécessite plus de chaleur que le maïs mais 30 à 40 % moins d’eau. Grâce à un cycle plus court et à un système racinaire plus dense, cette plante en C4 résiste mieux aux températures extrêmes ainsi qu’au stress hydrique. Sa capacité de résilience est supérieure. Contrairement au maïs, grillé en août, il redémarre dès les premières pluies en septembre, et peut encore réaliser 20 à 25 % de son rende­ment final en fin d’été-début d’automne. Le sorgho présente un réel intérêt sur des terrains séchants ou en semis tardif derrière un méteil. »

« Sur des parcelles à faible potentiel, il sécurise la récolte et le stock fourrager, pointe Thierry Crespo, conseiller Alysé. Faute de savoir quelles seront les conditions de l’année à venir, la diversification des cultures est une solution. »

Autre intérêt : cette fourragère est moins appétante pour les sangliers que le maïs.

Anne Bréhier

(1) Les lycées agricoles de La Barotte (Côte-d’Or) et de Fontaines (Saône-et-Loire), la ferme expérimentale de Jalogny (Saône-et-Loire), le contrôle laitier Alysé ainsi que la coopérative Dijon Céréales.

Moins coûteux que le maïs

Le sorgho nécessite moins d’intrants que le maïs (1). Au lycée agricole de La Barotte, il a occasionné une économie de 200 €/ha. Mais cet avantage est à nuancer selon le potentiel des sols et les conditions de l’année. Dans les terres à fort potentiel pour le maïs, l’intérêt du sorgho est limité. Les conditions de semis sont déterminantes pour la réussite de cette plante. Lente au démarrage, elle est sensible à la concurrence des mauvaises herbes. Elle se sème plus tard qu’un maïs, après le 20 mai sur des sols bien réchauffés (plus de 12 °C).

Attention au risque de verse et au choix des variétés, en particulier en cas de surfertilisation.

(1) 80 à 100 unités d’azote minéral, contre 150 à 180 unités pour le maïs, selon l’objectif de rendement.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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