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« La note d’état corporel des vaches laitières est un bon outil de pilotage »

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Évaluation NEC - « La note d’état corporel des vaches laitières est un bon outil de pilotage »
Céline et Jérémy Malochet (à d.) sont à la tête d’un troupeau métissé, composé de prim’holsteins, montbéliardes et croisées deux et trois voies. « La note d’état est plus facile à gérer sur les races mixtes », soulève Christophe Billod, leur conseiller (à gauche). © A. Courty/GFA

Céline et Jérémy Malochet, éleveurs dans le Doubs, suivent l’état d’engraissement de leurs vaches pour ajuster la ration et conduire la reproduction.

Trois à quatre fois par an, Christophe Billod, de Conseil élevage 25-90, aide à l’évaluation des notes d’état corporel (NEC) des vaches laitières, taries et génisses portantes du Gaec Malochet, à Présentevillers (Doubs). « Avant et sur la saison de pâturage, il s’agit d’anticiper et d’ajuster la complémentation à l’auge, pour préserver les vaches et amorcer très tôt la transition avec la ration hivernale. En hiver, on vérifie que le retour à l’étable s’est bien passé. »

Un pâturage plus rigoureux

Le pilotage de l’alimentation est l’un des principaux intérêts du suivi de la NEC. Il y a huit ans, les éleveurs ont remis en cause leur menu. Jadis gourmands en maïs ensilage et dépendants des achats de tourteaux de soja, ils sont aujourd’hui autonomes : un pâturage plus rigoureux, le passage au maïs épi, l’apport de luzerne et de soja « maison » ont révolutionné le tout. Le suivi NEC, combiné aux autres indicateurs comme le profil en acides gras du lait ou le suivi acétonémie, a permis de valider ces évolutions.

« Il y a trois ans, nous étions en 100 % pâturage sur la belle saison, se souvient Céline Malochet. Mais la part de prim’holsteins pures augmentait et les notes d’état pêchaient. Ce n’était plus suffisant. Nous avons remis la mélangeuse toute l’année. »

Au tarissement, une anomalie généralisée sur la NEC débouche sur une révision de la ration. « Si le retard est trop important, nous ne cherchons pas à tout rattraper. Une ration trop riche ouvre la porte à d’autres soucis », souligne Jérémy Malochet. Un suivi régulier de l’état d’engraissement aide à prévenir cela. D’autant que « remonter les NEC ne se fait pas du jour au lendemain, avertit Christophe Billod. Forcer sur le concentré joue d’abord sur la quantité et la qualité du lait produit ».

Le dernier relevé NEC, réalisé en avril, révèle un retard moyen de 0,26 point à l’échelle du troupeau (1). Prévisible, car « nous sortons d’une longue phase de travaux et d’adaptation à la suite de la mise en route d’un robot de traite ».

30 minutes pour 50 vaches

Sur le volet reproduction, le suivi individuel des NEC, en routine ou avec le conseiller, donne le la pour l’insémination. « Avec des doses sexées en première intention, autant mettre toutes les chances de son côté », sourit l’éleveuse.

L’état corporel des vaches aide également à faire le point en cas d’alerte sur le bilan de reproduction, comme des suspicions d’avortements embryonnaires. « Si les NEC des vaches touchées et des vaches indemnes sont similaires, le problème n’est a priori pas d’origine alimentaire. Il faut chercher ailleurs », explique Christophe Billod.

Le suivi de la NEC possède un large champ d’application. Cerise sur le gâteau, « cela ne coûte rien à part un peu de temps », conclut Jérémy. Autour de trente minutes sont nécessaires à un œil expert pour jauger 50 vaches.

A. Courty

(1) Par rapport aux notes d’état corporel théoriques associées à chaque stade physiologique.

Se donner des repères

Avec un peu d’expérience et d’assiduité, un coup d’œil et la palpation de zones cibles permettent de connaître la NEC d’une vache. « Je suis plus tolérant avec une prim’holstein qu’avec une montbéliarde », précise Christophe Billod.

Au tarissement, le maître mot est la stabilité : autour de 3,3 points pour une holstein. Si on s’en éloigne, on risque l’acétonémie, la perte d’appétit au vêlage ou encore la fièvre de lait. Un mois après le vêlage, « on tolère la perte d’un point par rapport au tarissement ». Au moment de la mise à la reproduction, dépasser les 2,5 points est préférable. Sur les génisses, « une NEC supérieure à 3 avant un an est synonyme de surengraissement, et cela joue sur la reproduction et l’état de la mamelle ».

En chiffres

• 50 VL croisées, montbéliardes et prim’holsteins.

• 9 000 kg/VL/an.

• 166 ha dont 19 ha de soja, 5 ha d’orge, 20 ha de maïs et 60 ha d’herbe et luzerne autoconsommés.

• 2 UTH.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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