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« J’utilise une salle de traite ambulante toute l’année »

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En extérieur comme en intérieur - « J’utilise une salle de traite ambulante toute l’année »
Grâce à sa salle de traite ambulante, Laurent Roux trait aussi bien dehors que dedans, en jonglant avec la pousse de l’herbe et les conditions climatiques. © Monique Roque Marmeys

Pour ses 70 vaches laitières, Laurent Roux utilise sa cabane à traire à l’extérieur durant l’été avant de la rentrer en bâtiment pour l’hiver.

« La cabane à traire fait partie de l’histoire de notre exploitation, sourit Laurent Roux, installé depuis 2004 sur l’exploitation familiale de Neuvéglise-sur-Truyère, dans le Cantal. Mes parents, installés en 1979, ont toujours trait à l’extérieur durant la belle saison. Trois vaches étaient attachées de chaque côté d’une cabane à deux auvents. Elle a été remplacée dans les années 1990 par celle que j’utilise encore aujourd’hui : un modèle au sol à six places de front. Je la sors ou la rentre dans le bâtiment en fonction de la pousse de l’herbe et des conditions météo. »

Souplesse d’utilisation

Cette année, Laurent Roux, seul depuis le départ à la retraite de ses parents, a trait son troupeau à l’extérieur du 15 juin au 15 août. « Les vaches ont commencé par pâturer les 18 ha entourant le bâtiment du 10 avril à la mi-juin. Elles étaient traites à l’intérieur. J’ai ensuite transporté la cabane à l’extérieur pour valoriser des parcelles de repousse d’ensilage éloignées du bâtiment d’élevage. »

Une vingtaine d’hectares consacrés à de l’ensilage sont en effet situés à plus de 2 km de l’exploitation. Pour les rejoindre, l’éleveur devrait traverser le village avec ses vaches. « La traite à l’extérieur nous permet de suivre la pousse de l’herbe. C’est une adaptation intéressante à un parcellaire éloigné sans avoir à déplacer les vaches », poursuit Laurent Roux, qui exploite 94 ha d’herbe, dont 30 % en prairies temporaires. Le manque d’herbe à cause de la sécheresse a obligé l’éleveur à rentrer la cabane à traire dans le bâtiment dès le 15 août, alors qu’en année « normale », il pourrait prolonger la traite en extérieur jusqu’à l’automne. « J’ai gagné en souplesse d’utilisation de la cabane depuis la construction de la stabulation en 2017, explique l’éleveur. Lorsque les vaches étaient en étable entravée, elles sortaient de début mai à fin octobre et étaient traites dehors durant ces six mois. Je peux aujourd’hui plus facilement jongler avec les rentrées et les sorties des vaches en fonction des conditions météo, qui se sont largement dégradées depuis trois ans. Des périodes très sèches alternent avec des intervalles à forte pluviométrie, comme ces dernières semaines, durant lesquels j’apprécie de pouvoir traire et alimenter les vaches à l’intérieur. »

La question d’installer une salle de traite fixe s’est posée à la construction de la stabulation (64 logettes, 70 places au cornadis, caillebotis avec fosse intérieure). « Nous n’avions pas les 70 000 € nécessaires à cet investissement. Nous avons donc décidé d’utiliser notre cabane à traire dans le bâtiment durant l’hiver. L’installation a nécessité un simple câblage jusqu’au tank et aux conduites d’eau. » Laurent, qui sera prochainement rejoint sur l’exploitation par son épouse, prévoit d’investir à moyen terme dans un nouvel équipement de traite. L’option « salle mobile » est maintenue, pour une praticité qui a fait ses preuves dans leur système. « En ayant augmenté le troupeau à 70 vaches, il va falloir passer à un modèle présentant au minimum huit postes avec décrochage automatique, précise l’éleveur. Nous allons gagner en confort et en temps de traite. »

Monique Roque-Marmeys

Un temps de travail plus important au pré

« Il me faut une heure et demie pour traire 65 vaches à l’intérieur et deux heures un quart à l’extérieur, explique Laurent Roux, qui trait seul à 5 h 30 le matin et 17 h le soir. La traite extérieure est plus gourmande en temps de travail en raison de l’acheminement et du lavage de la boule à lait. Le nettoyage de la salle de traite (prélavage à l’eau froide, trois tours d’eau chaude + lessive, deux rinçages à l’eau froide) est aussi plus long, car il se réalise par un jeu de vannes manuelles. » En contrepartie, l’éleveur n’a pas à déplacer des vaches sur de longues distances ni sur des routes pour regagner le bâtiment.

En chiffres

• Troupeau de 70 montbéliardes et prim’holsteins.

• 6 500 kg produits par vache et par an.

TB : 39 g/kg.

TP : 33 g/kg.

• Lait livré à la Coopérative laitière de la Planèze.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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