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« J’élève une race allaitante locale aux portes de Nantes »

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Race ancienne - « J’élève une race allaitante locale aux portes de Nantes »
« Dans mon système, c’est le sol qui pilote. Mes vaches n’en sont que l’expression », explique Benoît Rolland. © L. Pouchard

La vache nantaise reprend peu à peu ses droits en Loire-Atlantique. Benoît Rolland dévoile comment il participe à cette réinsertion à l’échelle de son exploitation.

« J’ai mis dix ans à constituer mon cheptel », explique Benoît Rolland, éleveur d’une cinquantaine de vaches nantaises en Loire-Atlantique. D’abord conseiller d’entreprise en chambre d’agriculture, Benoît a un déclic à trente-cinq ans et décide de s’installer. En 2008, il reprend avec un associé La Ferme des neuf journaux, en agriculture biologique à Bouguenais. Les bâtiments de ce dernier site agricole de la commune sont financés par la mairie, afin de faciliter sa reprise et assurer son maintien. « Le projet de préserver ce lien à la ruralité en périphérie nantaise m’a tout de suite plu », confie l’éleveur.

Simplicité de conduite

Et comme une évidence, Benoît s’est tourné vers la race nantaise pour composer son cheptel. « J’ai démarré avec sept vaches nantaises et quarante limousines, raconte-t-il. Ce n’est qu’en 2018 que j’ai atteint mon objectif de mener un troupeau issu à 100 % de la race locale. » Les deux associés conduisent en parallèle cinquante laitières. Ces dernières évoluent sur 80 hectares de prairies temporaires.

Le troupeau de nantaises, scindé en deux lots, pâture sur près de 80 hectares de zones humides. Une vingtaine a élu domicile sur l’île Héron, sur la Loire. « Leur pâturage se fait au gré des marées. En période de coefficients élevés, le troupeau est placé en hauteur, sur les butes, mais nous avons parfois des surprises », sourit l’éleveur, se souvenant de ses vaches séparées par la montée des eaux. Elles sont nourries exclusivement à l’herbe de février à décembre, et leur rusticité est un atout de taille pour l’entretien de ces milieux fragiles. « En hiver, leur ration est composée de foin produit à la ferme », précise l’exploitant.

Sans complémentation

Dotées de bonnes qualités maternelles, les vaches nantaises de Benoît se prêtent facilement à la conduite de veaux élevés sous la mère sans complémentation. « Cette race étant de gabarit moyen et à croissance lente, je veille à peser toutes mes génisses en sortie d’hiver, pour une mise à la reproduction entre deux et trois ans et demi, indique l’éleveur. Trente de mes femelles sont conduites en vêlage de printemps et les vingt autres en vêlage d’automne, pour assurer un étalement des ventes tout au long de l’année. » Depuis deux ans, aucune difficulté au vêlage n’est à relever.

Chaque mois, deux veaux sont vendus en direct à la ferme, en Amap, ou auprès de restaurateurs nantais. Abattus à six mois, ils pèsent entre 110 et 140 kg de carcasse (kgc) et sont valorisés 900 à 1 000 €/pièce. « Tous les mâles issus du troupeau sont écoulés par ce débouché. Il en est de même pour les femelles non conservées pour le renouvellement.

La production de veau rosé de race nantaise suscite un certain engouement dans la région. Guillaume Maccotta, chef cuisinier à Nantes, fait partie des clients fidèles de Benoît. « À travers notre carte, nous mettons en avant des produits locaux travaillés dans le respect de la saisonnalité et de l’environnement, souligne-t-il. Présenter des races anciennes, élevées à l’herbe, nous tenait particulièrement à cœur. »

La vente directe permet aussi à Benoît de valoriser, sous forme de colis de 5 kg, ses vaches de réforme (à 350 kgc entrée abattoir). Occasionnellement, quelques génisses et vaches nantaises sont vendues en tant que reproductrices, pour 1 300 € en moyenne.

Lucie Pouchard

Un projet en devenir pour la promotion de la nantaise

Présente jusqu’en 1945, la race ne comptait plus qu’une centaine d’individus en Loire-Atlantique au début des années 1980. Mille deux cents femelles de plus de deux ans sont aujourd’hui recensées chez une centaine de détenteurs, dont 70 % sont concentrés dans le département. Depuis 2014, Benoît Rolland est président de l’association de sauvegarde et de promotion de la race. Il s’est également lancé dans la création d’une microfilière en circuit court, l’Étable nantaise (1). Le producteur voit en ce projet un moyen de développer l’élevage de cette race bocagère aux alentours de la ville de Nantes. « L’idée est d’implanter un troupeau tampon sur les espaces en attente d’installation de futurs agriculteurs », explique-t-il.

(1) Lire La France agricole du 24/07/2020 en page 20.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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