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« Je réserve un bâtiment distinct aux agneaux »

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Bergerie - « Je réserve un bâtiment distinct aux agneaux »
Le bâtiment de Jérémy Masson comprend deux tapis d’alimentation, trois aires paillées et un couloir de circulation. © Jérémy Masson

Jérémy Masson, qui se trouve à la tête d’un troupeau de 320 brebis noires du Velay en Haute-Loire, conduit les brebis et les agneaux dans deux bâtiments distincts.

« Ma deuxième bergerie, fonctionnelle depuis août 2019, a été conçue pour abriter les agneaux destinés à l’engraissement, les agnelles de renouvellement et celles réservées à la vente », explique Jérémy Masson, installé sur 56 ha au Monastier-sur-Gazeille (en Haute-Loire) à 1 100 m d’altitude.

Le bâtiment de 38 m de longueur sur 20 m de largeur comprend deux tapis d’alimentation de 27 m, trois aires paillées et un couloir de circulation de 70 cm. Un parc de tri et de contention, « devenu indispensable avec l’accroissement du troupeau », y a également été aménagé. Le tout pour un montant de 210 000 € que l’éleveur ne regrette pas.

210 000 €

Installé hors cadre familial en 2012 avec 100 brebis dans un ancien bâtiment pour vaches allaitantes, le système s’est vite développé. Une première bergerie de 270 places est construite en 2013. Elle comprend un tapis d’alimentation central, deux aires paillées et deux couloirs de circulation de 80 cm. En continuité, une grange de 260 m2 permet de stocker les fourrages et les céréales. En 2017, l’éleveur cesse l’activité bovine et augmente son troupeau à 320 mères, conduit en trois agnelages sur deux ans. 40 % du troupeau est croisé en charolais et le reste en race pure, avec des ventes d’agnelles sélectionnées. Jusqu’en 2019, les agneaux étaient logés dans un bâtiment ancien, à 20 km de la bergerie.

Jérémy Masson est installé sur 56 ha au Monastier-sur-Gazeille (en Haute-Loire) à 1 100 m d’altitude. © Jérémy Masson

Limiter le stress

« L’éloignement physique des agneaux et des mères au moment du sevrage limite le stress car ils ne s’entendent plus, analyse Jérémy Masson, qui travaille seul sur son exploitation. Le tarissement des mères et leur retour en chaleur sont facilités. La croissance post-sevrage des agneaux démarre plus rapi­de­ment. Je fais quatre lots avec les mâles lourds, les femelles de race pure, les femelles croisées et les agneaux plus jeunes et plus légers. Ils sont tous pesés au sevrage, puis chaque semaine. Le système de contention installé en demi-lune avec des barrières amovibles et une aire d’attente de 5 m2 est très fonctionnel. »

Les agneaux reçoivent du foin, un aliment à 16,5 % de MAT et de l’eau. Leur GMQ atteint 280 à 500 g pour les mâles, et 200 à 350 g pour les femelles. Ils sont vendus entre trois et cinq mois, au poids moyen de 40 kg pour les mâles et 35 kg pour les femelles croisées. La commercialisation se fait avec l’Association des producteurs d’agneaux noirs du Velay, qui regroupe une vingtaine d’éleveurs autour d’une filière locale identifiée auprès des GMS et des boucheries locales. « La noire du Velay, rustique et maternelle, valorise bien nos herbages de montagne. Sa viande tendre et goûteuse est appréciée par les consommateurs », souligne l’éleveur.

Monique Roque-Marmeys

L’expert
« Assurer un suivi efficace des animaux » Didier Cathalan, de la chambre d’agriculture de la Haute-Loire

« Cette conduite des agneaux d’élevage et d’engraissement dans un bâtiment distinct de la bergerie principale se développe chez les éleveurs de notre secteur. C’est une préconisation que nous donnons quand l’investissement est possible. Depuis dix-huit mois, Jérémy Masson apprécie l’ambiance de son nouveau bâtiment, de meilleures conditions de travail avec une automatisation de la distribution de l’alimentation et la fonctionnalité du système de contention et de pesée. L’éleveur a gagné en précision dans le suivi de la croissance et de l’état d’en­graissement des agneaux. Ses résul­tats technico-économiques ne peuvent qu’en être améliorés. Le tri des agnelles d’élevage en est également simplifié. »

En chiffres

• 450 agneaux de boucherie par an valorisés 6,70 €/kg de carcasse en race pure et 7,30 €/kg de carcasse en croisement.

• 100 agnelles de reproduction.

• 80 agnelles de renouvellement.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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