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« Je produis du lait de chèvre avec un système économe »

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En filière longue - « Je produis du lait de chèvre avec un système économe »
L’été, Margot Valentin va mettre en place du pâturage tournant sur ses 15 hectares de prairies naturelles. © D. Péronne

En zone de moyenne montagne, dans les Vosges, Margot Valentin s’est installée il y a un an sur un élevage de petite taille.

Produire du lait de chèvre en filière longue à partir d’une petite troupe. Margot Valentin est la seule éleveuse à avoir pris cette voie au sein du groupement des agriculteurs biologiques (Gab) des Vosges, dont elle est la vice-présidente. « Je suis sur un modèle atypique, explique celle qui a choisi de venir s’installer dans son village, à Saint-Stail (Vosges), après un parcours de salariée. J’ai une soixantaine de bêtes, alors que, pour ce type de production, les ateliers ont au moins 150 têtes. Je ne voulais pas faire de la transformation, car le côté “hygiéniste”, en circuits courts, ne me convient pas. Passer mon temps à frotter les moules à fromages, ce n’est pas mon idéal de métier ! »

Race rustique

La jeune productrice de trente et un ans a choisi une race peu connue, à petit effectif, la chèvre de Lorraine. Les premières sont arrivées sur l’exploitation en automne dernier : vingt chevrettes à biberonner et vingt-cinq femelles entre quatre mois et un an. Des animaux achetés auprès d’éleveurs de la région, mais qu’elle a eu du mal à trouver. « La chèvre de Lorraine est une race rustique, bien adaptée au terroir difficile d’ici, au climat rude, avec une bonne saison courte », précise-t-elle. L’élevage se trouve en zone de moyenne montagne, sur les premiers contreforts du massif des Vosges. L’exploitation compte 15 ha de prairies naturelles et 4,5 ha de friches.

Pour son installation, Margot a bénéficié de terrains appartenant à ses parents et à un oncle, qu’ils ont mis à sa disposition gratuitement. Son premier bâtiment, de 175 m2, tout en bois et autoconstruit, a été subventionné à 35 %. L’entrée en production a eu lieu en janvier, avec les premières mises bas. Le taux de prolificité a été de 1,7. La monte est naturelle, avec un bouc.

Bientôt un second bâtiment

L’éleveuse livre le lait, deux fois par semaine, à la laiterie du Climont, située à 10 km de l’exploitation. Cette unité de collecte et de transformation, uniquement en bio, travaille à partir du lait de vache, de brebis et de chèvres. Margot compte atteindre une production annuelle de 36 000 litres, soit 1 000 l par semaine (600 l par chèvre adulte et 400 par chevrette). « Je ne vise pas un volume important, souligne-t-elle. Mon chiffre d’affaires est modeste, mais je n’ai pas d’emprunts. »

La salle de traite a été achetée, neuve, en Belgique. Le quai est de 20 places aux cornadis, avec deux pots de 30 l. Margot trait quatre chèvres en même temps. Un autre bâtiment, de 400 m2, va être construit. Il servira l’hiver pour le logement, la traite et le stockage de fourrages secs achetés à un agriculteur. Une limite à son système. Quelques inquiétudes taraudent aussi la jeune femme, qui est seule à gérer le troupeau : être malade, indisponible pour la traite. « Mon père m’aide, note-t-elle. Il donne à manger si besoin, mais traire mes chèvres, il n’y a que moi qui sais faire ! »

D. Péronne

Utiliser les graines germées

Margot distribue environ 400 g d’aliments par jour et par chèvre adulte, dont 75 % d’un concentré de céréales (maïs, triticale, pois), et 25 % de luzerne déshydratée. L’éleveuse souhaite développer l’utilisation de graines germées, afin de réduire ce poste de charges. « Elles sont plus riches en vitamines et en minéraux, et très appétantes. Pour le même niveau de production, on réduit de moitié les quantités données. Mais c’est complexe à mettre en œuvre : il faut de grosses bassines pour les faire tremper, une température idéale à 15 °C, un système pour égoutter, et une hygrométrie stricte doit être respectée pour éviter les bactéries et les champignons. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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