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« Je produis des veaux sous la mère de qualité régulière »

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Conduite d’élevage revue - « Je produis des veaux sous la mère de qualité régulière »
En 2019, les veaux produits par Christelle Record pesaient en moyenne 150 kg, pour des carcasses en majorité classées U. © Frédérique Ehrhard

Avec un cheptel de 40 limousines et brunes conduites en plein air, Christelle Record, éleveuse dans l’Ariège, parvient à vendre 38 veaux par an.

« En 2016, j’ai réussi à trouver un grossiste qui valorise bien mes veaux sous la mère sur le marché de Rungis, explique Christelle Record, éleveuse à Baulou, dans l’Ariège. Afin de le fidéliser, il me fallait obtenir une qualité régulière. Avec l’aide d’un technicien, j’ai amélioré la conduite des mères et des veaux. »

Taureaux limousins

Pour générer un revenu sur une exploitation de 65 ha, elle a choisi la production de veaux sous la mère dès son installation. « J’achète la plupart de mes génisses de renouvellement et j’arrive ainsi à commercialiser 38 veaux par an avec 40 mères limousines et brunes », précise-t-elle. Pour le renouvellement, Christelle choisit des brunes d’origine, restées mixtes. Rustiques, leurs veaux démarrent bien : « Je les achète à 15 jours et les fais adopter par l’une des vaches. En les élevant à la ferme, elles s’intègrent mieux et sont plus dociles. » L’éleveuse insémine les mères avec des doses de taureaux limousins. « Pour les brunes qui ont un bon gabarit, je choisis Euphrate, qui amène une conformation régulière, détaille-t-elle. Pour les limousines et les brunes plus petites, je préfère Favars, qui donne des veaux plus légers à la naissance, mais avec un bon potentiel de développement précoce. »

Améliorer la couleur de la viande grâce au logement

Afin d’améliorer la couleur de la viande, elle a aussi revu le logement des veaux : « J’ai remplacé les barrières rouillées par de nouvelles en Inox, achetées d’occasion. Et au sol, j’ai fait une dalle de béton. Ainsi, les veaux ne trouvent plus de fer dans leur environnement. Je leur amène juste ce qui est nécessaire, en l’évaluant tous les mois avec des analyses d’hématocrite. » Après avoir effectué différents essais, Christelle Record est revenue à un paillage par jour : « J’ajoute du kanné, une poudre lacto-fermentée qui assainit la litière, et au-dessus des cases, j’ai installé des filets brise-vent. Il y a ainsi une bonne aération mais sans courants d’air. » Grâce à ces améliorations, les veaux ont moins de diarrhées et de problèmes respiratoires.

Achats réduits

Les mères restent toute l’année au pré. « Pour utiliser l’herbe au bon stade, je pratique le pâturage dynamique », note-t-elle. En complément, elle leur apporte du foin en libre-service. « Au début, je leur distribuais du concentré à la tétée pour soutenir la lactation, explique-t-elle. Puis je l’ai supprimé progressivement en augmentant la proportion de laitières afin d’avoir assez de lait pour les veaux. » Ce système fonctionne bien. Les veaux tètent leur mère, plus une ou deux laitières en complément si c’est nécessaire.

Christelle Record a ainsi réduit ses achats sans dégrader ses résultats. En 2019, avec 25 brunes d’origine et 15 limousines, elle a commercialisé des veaux donnant des carcasses de 150 kg de moyenne, classées en majorité en U, avec une couleur classée en 1, et payées autour de 8 €/kg.

Frédérique Ehrhard

Une aire de tétée compartimentée

Afin de limiter les investissements, Christelle a opté pour une aire de tétée intégrée dans la stabulation. Les veaux sont logés par deux ou trois dans des cases placées sur un des côtés. Les vaches reviennent d’elles-mêmes du pré à l’heure de la tétée. « Je les bloque au cornadis suivant un ordre bien établi. Puis je libère les veaux case par case, en les orientant à l’aide de barrières dépliables vers la travée où se trouve leur mère ainsi que la laitière qui complète leur tétée. Je peux ainsi tout faire seule », explique-t-elle. En ce moment, avec neuf veaux, chaque tétée lui prend une heure. « C’est un bon moment, où je suis en contact avec les mères et les veaux et où je peux vérifier qu’ils vont bien », apprécie-t-elle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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