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« Je mélange les portées de porcelets en maternité »

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Sociabilisation  - « Je mélange les portées de porcelets en maternité »
Adrien Montefusco apprécie le comportement apaisé de ses porcelets en post-sevrage, qui permet de meilleures croissances et une baisse de l’indice de consommation. © V. Guyot

Dans le Finistère, Adrien Montefusco mesure les effets positifs de la sociabilisation de ses futurs porcs charcutiers sur leurs performances.

Faire vivre ensemble des porcelets de différentes portées dès la maternité, c’est le pari d’Adrien Montefusco, à la tête de 140 truies en système naisseur-engraisseur à Saint-Yvi (Finistère). « Il y a un an, dans le cadre d’un essai sur l’arrêt de la caudectomie, nous avons voulu tester les effets de la sociabilisation des porcelets sur le cannibalisme », expose l’éleveur.

Pari gagnant

Pour ce faire, sur chaque bande de 18 truies arrivant en maternité, Adrien réalise deux lots de trois truies. Il mélange leurs portées cinq jours après la mise bas, en retirant les cloisons situées entre chaque case. « Lors des premiers jours de vie, je peux ainsi réaliser les castrations plus facilement, explique Adrien. Par ailleurs, cela permet d’assurer une bonne prise de colostrum des porcelets. »

Une fois « libérés », les petits ne sont pas dépaysés : 90 % d’entre eux continuent de téter leur mère. Les truies restent quant à elles dans leurs stalles. « Je n’ai pas relevé de problèmes d’écrasement, y compris avec les cochettes. Les poids au sevrage - réalisé à 28 jours - ne sont pas non plus impactés. »

Une fois les cloisons des cases maternité retirées, les porcelets se déplacent d’une truie à l’autre en toute liberté. © V. Guyot

Meilleure croissance

Si les effets espérés sur la baisse du cannibalisme après le sevrage n’ont pas été probants, le mélange des porcelets en maternité est pertinent sur le plan des performances. « En moyenne, sur des lots de porcs à queue coupée et à queue longue, le GMQ entre le sevrage et la vente est supérieur de 50 g/j. Pour des porcs à queue longue n’ayant pas été victimes de cannibalisme, la différence peut atteindre 80 à 90 g/j », note l’éleveur. Cette technique permet également d’obtenir une baisse de 0,15 point de l’indice de consommation sevrage/vente. Ces progrès s’expliquent notamment par un changement de comportement des porcelets à leur arrivée en post-sevrage. « Habituellement, ils se battent et leur consommation d’aliment est faible sur les premiers jours. Or les porcelets sociabilisés attaquent l’aliment directement, c’est très flagrant. »

Réorganisation du travail

Le mélange en maternité requiert toutefois une réorganisation du travail. Avant de lâcher les porcelets, Adrien sélectionne des portées homogènes en gabarit, l’obligeant parfois à déplacer les truies. « Cela présente le risque de les faire venir en chaleur et de décaler leurs cycles. » Au sevrage, le transfert des petits est aussi plus chronophage. « Je réalise cette opération à l’aide d’une bétaillère. Je dois faire deux allers-retours dédiés aux lots de porcelets mélangés pour qu’ils restent ensemble. En revanche, je n’ai pas besoin de les réalloter une fois arrivés. Par la suite, ces porcs ne se quittent plus jusqu’à leur départ pour l’abattoir. »

L’éleveur est globalement satisfait de la sociabilisaiton des porcelets en maternité, pratique qu’il pourrait à terme généraliser. « Il s’agit d’un réel pas en avant pour le bien-être animal, estime-t-il. Et c’est très plaisant de travailler dans ces conditions. »

Vincent Guyot

Des truies calmes

L’un des facteurs de réussite du mélange des portées réside dans le comportement des truies. « Il est important d’avoir un troupeau calme », relève Adrien. Si le choix de la génétique permet d’y parvenir, un contact régulier avec les animaux est essentiel. « Avant la mise aux normes, les gestantes étaient dos au couloir et ne me voyaient presque jamais, se souvient l’éleveur. J’ai profité des travaux pour disposer leurs alimentateurs du côté du couloir. Les truies sont désormais plus apaisées. Le déplacement des gestantes en maternité ne pose plus de difficultés : elles y vont presque seules ! »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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