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« Je conduis mes brebis en plein air intégral »

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Pâturage - « Je conduis mes brebis en plein air intégral »
L’hiver, les mérinos de Fanny Tamisier pâturent sur des prairies ainsi que dans des vergers et des vignes où l’inter-rang est enherbé. © Frédérique Ehrhard

Fanny Tamisier associe plusieurs ressources en herbe afin de faire pâturer ses mérinos toute l’année à moindre coût.

Durant l’hiver, les 320 brebis mérinos de Fanny Tamisier pâturent sur des prairies mais aussi dans des vignes et des vergers. « Je pratique cet écopâturage chez des arboriculteurs et des vignerons qui ont réduit les désherbants et enherbé leurs inter-rangs, explique l’éleveuse, installée à Beauvoisin, dans le Gard. Ils me proposent cette herbe gratuitement, et en contrepartie, ils n’ont pas à la tondre avant le passage des tailleurs. »

Entre plaines et alpages

S’appuyant sur la rusticité des mérinos, elle conduit son troupeau en plein air intégral. De mai à octobre, celui-ci transhume sur un alpage de 300 ha en Savoie. En novembre, il redescend en plaine. Fanny utilise alors plusieurs ressources afin d’avoir de l’herbe jusqu’en avril. « Dans le cadre d’un bail environnemental, je loue 40 ha de prairies », note-t-elle. Celles-ci complètent l’éco­pâturage jusqu’en février. « À partir du moment où les vignes et les vergers débourrent, je ne peux plus y mettre les brebis car elles risqueraient de brouter les jeunes pousses, détaille Fanny. Avant qu’elles ne partent en montagne, je les fais pâturer sur 60 ha de parcours loués à une commune, que j’entretiens dans le cadre d’une MAEC (1) pour la lutte contre l’incendie. »

Des agneaux d’herbe

L’éleveuse est équipée de clôtures électriques à quatre fils qu’elle déplace d’une parcelle à l’autre. Les animaux y restent trois, quatre ou cinq jours en fonction de l’herbe. Ils se déplacent ensuite à pied jusqu’au prochain parc. « J’ai une remorque pour transporter les clôtures et les abreuvoirs. Et chaque jour, je viens apporter de l’eau et voir si tout va bien », explique-t-elle.

L’agnelage principal est calé sur septembre et octobre. Les antenaises agnèlent en février, en même temps que les brebis qui se sont décalées. La prolificité est de 150 à 160 agneaux pour 100 brebis. Fanny est équipée d’une bergerie tunnel où elle dispose de cases d’agnelage : « Les brebis y restent deux jours avec leurs agneaux, le temps de leur donner les premiers soins et de poser les boucles. Puis elles rejoignent un parc juste à côté. »

Les agneaux nés à l’automne pâturent ensuite avec leur mère avant d’être sevrés en février. « À ce moment-là, je trie les femelles, qui fourniront le renouvellement ou seront commercialisées comme reproductrices », précise l’éleveuse, dont le troupeau est en sélection. Les mâles, de leur côté, sont finis à l’herbe sur les prairies avant d’être commercialisés durant l’été pour la fête de l’Aïd el-Kébir.

Fanny Tamisier est associée avec un éleveur équipé d’un abattoir qui ne fonctionne que pour cette occasion. « Je complémente les agneaux nés en février avec de l’aliment afin qu’ils prennent du poids et soient aussi prêts au moment voulu. Je fais ainsi abattre des mâles de 6 à 11 mois, qui pèsent de 40 à 60 kg vifs », précise-t-elle. Le prix de vente moyen se situe autour de 180 €/tête. Il permet de couvrir les frais et de valoriser le travail dans ce système économe basé sur l’herbe.

Frédérique Ehrhard

(1) Mesure agroenvironnementale et climatique.

Revaloriser la laine

Fanny Tamisier s’est engagée dans le Collectif pour la promotion de la mérinos d’Arles afin de revaloriser la laine. Fine et gonflante, celle-ci convient très bien à la fabrication de vêtements techniques destinés aux activités de plein air et de montagne. « Nous avons noué un partenariat avec un négociant allemand qui fournit du haut de gamme aux fabricants. Nous arrivons ainsi à vendre notre laine autour de 2,3 €/kg », indique l’éleveuse. Chaque brebis en produit en moyenne de 1,8 à 2 kg. « La vente paye ainsi un peu plus que le coût de la tonte. Et nous avons la satisfaction de voir notre laine mise en valeur au lieu d’être considérée comme un déchet », apprécie-t-elle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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