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« Filmer nos vaches laitières a révélé certains dysfonctionnements »

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Abreuvement - « Filmer nos vaches laitières a révélé certains dysfonctionnements »
En l’espace d’un an, la longueur d’abreuvoir par vache est passée de 2 à plus de 12 cm. « Les vaches sont plus calmes et ne piétinent plus en sortie de salle de traite », se réjouit Régis Dumon. © Alexandra Batia/Rhône Conseil Elevage

Régis et Bernard Dumon ont revu leur système d’abreuvement après avoir constaté certaines anomalies dans le cycle de vie des vaches.

Parce qu’il est « toujours bon de se remettre en question », Régis et Bernard Dumon, associés au Gaec de la Thenaudière à Larajasse (Rhône), se sont laissés tenter par le diagnostic « Panser Vaches » proposé par Rhône Conseil élevage (lire l’encadré). Lors de la première visite du conseiller, il y a deux ans, deux leviers d’amélioration prioritaires ont été identifiés : limiter le tri à l’auge et améliorer l’accessibilité à l’eau.

Note d’état de forme

Un an plus tard, à l’automne 2019, une partie du chemin avait été parcourue. « La ration ne présentait plus de fibres longues supérieures à 40 mm », constate Alexandre Batia, en charge du diagnostic. Cette seconde visite fut l’occasion de pousser un peu plus loin le diagnostic initial. Un nouvel indicateur a été appréhendé : la note d’état de forme (NEF). « 68 % des vaches avaient une NEC supérieure à 2,5 et 67 % d’entre elles avaient un rumen bien rempli, ce qui témoigne d’une bonne valorisation de la ration, explique le conseiller. D’autre part, des problèmes d’aplombs ont été observés et 95 % du cheptel était sujet aux tarsites. »

Nouveaux abreuvoirs

Le confort des logettes et le système d’abreuvement ont (à nouveau) été pointés du doigt. Pour sensibiliser les producteurs, deux caméras ont enregistré les moindres faits et gestes des laitières pendant près de quarante-huit heures. « À cette époque, il n’y avait que deux abreuvoirs, explique Régis Dumon. Le premier, situé dans l’aire d’attente, n’est plus accessible après la traite. Le second, commun au box de vêlage, est entravé par une barrière. Je savais que ce n’était pas optimal, mais ce n’était pas flagrant visuellement. » La vidéo a changé la donne : « Les vaches faisaient la queue pour s’abreuver, quitte à se bousculer, observe le conseiller. Après la traite, les dominées faisaient l’impasse et regagnaient directement les logettes. » Depuis, deux nouveaux abreuvoirs de 2,50 m de long ont été installés, le tout pour 500 €. « Nous sommes passés de 2 à 12 cm d’abreuvoir par vache, se réjouit Régis. Le bac le plus fréquenté à l’époque, en sortie de traite, est le moins sollicité aujourd’hui. » Les éleveurs constatent une meilleure circulation dans le bâtiment et des prises alimentaires plus courtes et régulières.

Le visionnage de la vidéo a révélé d’autres anomalies. « Certaines vaches restaient perchées dans les logettes, car si la diagonale est conforme, la hauteur de la barre au garrot est insufisante : 1,13 m contre 1,30 m recommandé », relève Alexandre Batia. Pour compenser ce défaut de confort, le paillage quotidien des logettes a été renforcé. « Quand les vaches reculent, la paille sort de la zone de couchage et la vidéo a montré que le confort dans les logettes diminuait au cours de la journée, note Régis Dumon. Nous avons récemment acheté une pailleuse pour affiner la litière. »

Le réajustement du cycle de vie des vaches, induit par un meilleur confort de couchage et un bon accès à l’eau, a permis de « limiter la prévalence des boiteries et d’augmenter la productivité de presque 400 litres de lait par vache et par an », conclut Régis Dumon.

A. Courty

« Panser vaches »,

La démarche « Panser Vaches » de Rhône Conseil élevage propose un audit complet de l’élevage, du champ à l’auge en passant par les silos et le bien-être animal. Alexandre Batia suit la partie zootechnique : « Sur une matinée, nous observons les animaux à l’auge et dans le bâtiment. La ration est tamisée et sa composition analysée. Enfin, la note d’état de forme du troupeau est établie. Elle tient compte de la NEC, du remplissage du rumen et de la locomotion des vaches. Des caméras sont ensuite installées pour sensibiliser l’éleveur aux problématiques soulevées. » Les images sont étudiées lors de formations individuelles ou groupées. « Ce diagnostic aide également à se préparer à l’audit bien-être prévu dans le cadre du plan de filière », ajoute le conseiller.

En chiffres

• 55 vaches laitières montbéliardes à 8 660 kg de lait par an.

• 55 ha de SAU, dont 15 ha de maïs, 12 ha de luzerne, 6 ha de céréales à paille et le reste en prairies.

• 2 UTH.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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