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Évaluer et traiter la déshydratation des veaux laitiers

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Santé des veaux - Évaluer et traiter la déshydratation des veaux laitiers
En déshydratation légère, ce veau tient debout mais garde la tête et les oreilles basses. © A. Charrette/Seenovia

Les épisodes diarrhéiques déshydratent et affaiblissent les veaux. Des indicateurs existent pour évaluer la gravité de la situation et agir en conséquence.

Les diarrhées sont les principales causes de déshydratation chez les veaux laitiers. Au-delà de 8 % de déshydratation, le risque de mortalité est élevé et devient vite inévitable.

« Les traces de diarrhées sur les animaux ou les cases et la perte d’appétit sont souvent les premiers signes d’appel », indique Alban Charrette, vétérinaire conseil chez Seenovia. Des indicateurs aident ensuite à estimer le degré de déshydratation des veaux, que l’on peut classer en trois stades : déshydratation légère (moins de 4 %), modérée (entre 4 et 8 %) ou avancée (plus de 8 %). « Plus on avance, plus il est difficile de rattraper le veau. »

Cinq indicateurs

La posture est l’indicateur le plus simple à observer. Sur un stade 1, le veau se tient debout mais garde la tête basse et commence à perdre son réflexe de succion. Si son état se détériore, en stade 2, il se couche en position sternale, encore alerte, avant de basculer sur le flanc au stade 3. Cette dernière transition peut s’accompagner d’une hypothermie.

Autre indicateur, une déshydratation « induit un enfoncement de l’œil : léger sur le stade 1 (moins de 2 mm), prononcé sur le stade 2 et plus marqué sur le stade 3 (plus de 4 mm) ».

Vient ensuite l’élasticité de la peau. « En condition normale ou sur un stade 1, un pli de peau créé en pinçant l’encolure se remet en place en moins de deux secondes. La peau est souple et chaude. Le temps nécessaire au repositionnement de la peau augmente avec le pourcentage de déshydratation. En stade 3, cela peut mettre plus de dix secondes. »

L’observation des muqueuses de la bouche peut aussi aider l’éleveur dans son diagnostic. Si la déshydratation est légère, elles restent chaudes et humides. En cas d’aggravation, elles deviennent tièdes et collantes, et finalement froides et sèches en stade 3.

La déshydratation du veau en diarrhée s’accompagne toujours d’une acidose. Le veau « s’empoisonne » et perd progressivement son réflexe optico-palpébral. Plus clairement, « le veau ne ferme plus ses paupières, ou très lentement, lorsqu’on approche rapidement la main ou le doigt », explique Alban Charrette.

Dès le stade 1, il est conseillé de mettre de l’argile à disposition, et de garder les veaux au chaud et au sec, sans forcément lever le pied sur le lait si la diarrhée n’est pas d’origine alimentaire. Si le réflexe de succion est présent, une réhydratation orale est possible avec des solutés et/ou des sachets repas spécifiques : « Les premiers corrigent l’acidose et les pertes d’électrolytes, les seconds apportent en plus un peu d’énergie. »

Agir au plus vite

Si le veau ne peut ingérer seul le breuvage, il est possible de le sonder ou de le perfuser. « Avec la sonde, il faut faire attention à ne pas faire fausse route jusqu’aux poumons, avertit le vétérinaire. Il y a peu de risque avec une perfusion. »

Pour remettre le veau sur pied, sur le long terme, vigilance et persévérance sont de mises. « Tant qu’il aura une diarrhée profuse, il continuera à perdre de l’eau et des électrolytes alors il aura besoin qu’on le réhydrate » plusieurs fois par jour.

A. Courty

Pour plus d’informations : « Évaluation clinique d’un veau atteint de gastro-entérite néonatale » par le Professeur Yves Millemann sur pathobetonline.fr

S.O.S. vétérinaire

Dans la théorie, « il faudrait faire appel à son vétérinaire dès le stade 2, sur une déshydratation modérée », note Alban Charrette. Si le veau est déjà couché sur le flanc, « il est souvent trop tard ». Une fois mobilisé, le praticien peut ajuster le protocole de soin aux animaux touchés (antibiotique, antiparasitaire, anti-inflammatoire, réhydratant…). Sur le terrain, « cette intervention est souvent réservée aux femelles de renouvellement à haute valeur génétique ». Un tri « regrettable » pour le bien-être animal, dicté par un contexte économique difficile sur le marché du veau.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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