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Du foin tardif dans l’auge des vaches allaitantes avant le vêlage

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Alimentation - Du foin tardif dans l’auge des vaches allaitantes avant le vêlage
« Une vache en fin de gestation de 700 kg de poids vif a des besoins quotidiens de l’ordre de 6,35 UFL et de 532 PDI, pour une capacité d’ingestion de 13 kg de MS », calcule Julien Fortin. © L. Pouchard

Un foin à faible valeur distribué à volonté durant l’hiver peut-il satisfaire les besoins des vaches en fin de gestation ? La ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, s’est penchée sur la question.

«En Pays de la Loire, les récoltes de foin de prairie naturelle sont souvent tardives », constate Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou (Maine-et-Loire). Avec une valeur énergétique de 0,60 à 0,65 UFL, une proportion de légumineuses inférieure à 10 % et une valeur azotée excédant rarement 45 PDIN (références Inrae), le foin de prairie naturelle tardif se retrouve en queue de peloton face aux autres fourrages.

Deux rations comparées

« Il est plutôt distribué aux bovins à faibles besoins théoriques, pour lesquels l’éleveur a peu d’attentes en termes de réponses zootechniques », reprend le spécialiste. Mais jusqu’à quel point ces animaux peuvent-ils tolérer un déficit protéique susceptible de perturber le fonctionnement de leur rumen ?

La ferme de Thorigné-d’Anjou a étudié les impacts d’une telle ration donnée à volonté en hiver aux vaches limousines multipares en fin de gestation, pour des vêlages attendus entre février et mars. Sur des essais répétés durant trois ans, entre 2017 et 2019, les experts ont comparé les performances des couples mère-veau sur la base de deux régimes, de la rentrée en bâtiment jusqu’au vêlage. La ration témoin était un foin de qualité modeste, distribué à volonté, pour des quantités ingérées de 10,3 kg de MS par jour, soit un apport proche de 7 UFL et 418 PDI. « Avec un rapport microbien de - 40 PDI/UFL, ce menu présentait un déficit protéique important », indique Julien Fortin.

Le second régime était composé du foin de même qualité, rationné à 7,7 kg de MS par jour, et complété par 1,02 kg de féverole. Cette ration ainsi corrigée en azote permettait de réduire le déficit protéique à - 20 PDI/UFL. Un seuil tolérable à ce stade physiologique, d’après les recommandations de l’Inrae.

Sur les trois campagnes de vêlage, les données n’ont fait ressortir aucun effet significatif entre les deux régimes concernant les conditions de mise bas, les poids de naissance ou encore la mortalité à la naissance. De même, « les taux de gestation et de vêlage des mères restent satisfaisants dans les deux situations et les intervalles vêlage vêlage sont de qualité semblable », rapporte Julien Fortin. Le constat est le même pour la croissance des veaux et les poids au sevrage. Le gain moyen quotidien des femelles, de la naissance au sevrage, oscille entre 1 025 et 1 048 g/j. Celui des mâles avoisine les 1 100 g/j. « Les très bonnes conditions de pâturage au printemps pourraient éventuellement gommer les effets des régimes hivernaux en amont », suggère l’expert.

Déficit en azote tolérable sur une durée limitée

« D’après les résultats de cet essai, un déficit en azote est tolérable sur une période limitée, ici entre janvier et février, pour des bovins à faibles besoins, relève Julien Fortin. La distribution d’un plat unique à base de foin à volonté, rattrapée par de bonnes conditions de pâturage, est tout à fait envisageable en troupeau allaitant. Pour l’éleveur, cette pratique a des avantages en termes de simplification du travail et de maîtrise des charges, tout en maintenant les performances zootechniques des animaux. »

Lucie Pouchard

La qualité du colostrum regardée de près

La ferme de Thorigné-d’Anjou s’est également demandé si le déficit protéique des mères pouvait pénaliser la qualité du colostrum, et par conséquent diminuer le transfert d’immunité au veau. Les résultats comparatifs des régimes hivernaux testés ne font ressortir aucun impact sur la qualité du colostrum des vaches. « La parité des mères a été le seul facteur trouvé pour expliquer la variabilité de la matière protéique et de l’immunoglobine (IgG), deux indicateurs du potentiel transfert d’immunité au jeune, souligne Julien Fortin. Les multipares ayant un rang supérieur à 4 ont des colostrums de qualité supérieure. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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