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« Du foin séché en grange pour nos bovins »

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Fourrage de qualité - « Du foin séché en grange pour nos bovins »
Franck Paillon apprécie la qualité du foin séché en grange pour nourrir son troupeau de salers sélectionnées. © M. Roque-Marmeys

Sélectionneurs de salers en système bio avec vente directe, Franck et Marie-Pierre Paillon ont choisi le séchage en grange pour affourager leur cheptel.

«Le système de séchage est fonctionnel depuis deux ans, sa mise en place est allée de pair avec l’agrandissement de notre bâtiment d’élevage. Ce type d’installation n’est pas courant pour un troupeau allaitant. Nous avons conscience d’être davantage un exemple qu’un modèle », expliquent Franck et Marie-Pierre Paillon, associés du Gaec de Sinzelles à Blavozy, en Haute-Loire. L’exploitation des deux époux, qui compte 150 ha en deux sites, abrite 80 vaches salers inscrites. Les éleveurs s’étaient démarqués en élevant des salers dans le département dès 1997. Franck, alors enseignant dans un lycée agricole, appréciait la facilité de vêlage et les qualités d’élevage de la race acajou. Agriculteur à temps plein depuis 2000, il a développé la sélection de son troupeau, aujourd’hui reconnu dans la race, avec des ventes d’animaux reproducteurs et des veaux placés en station d’évaluation.

Un fourrage appétant

« L’opportunité d’installer un séchage en grange s’est présentée sous la forme d’un projet commun avec un Gaec voisin. Nous partagions déjà du matériel et employions le même salarié », poursuivent les éleveurs, qui mutualisent également l’autochargeuse récemment acquise. Pour ce faire, le couple a décidé d’allonger de 30 mètres sa stabulation en bois pour abriter le séchage en ventilation et créer 40 places de plus au cornadis. Cet investissement s’est élevé à 480 000 euros HT, dont 45 % d’aides.

L’extension du bâtiment abrite 40 places supplémentaires et l’installation de séchage. © M. Roque-Marmeys

La qualité du foin, la facilité de la récolte comme de la distribution satisfont pleinement les éleveurs qui ne regrettent pas leur décision. « Le séchage en grange est dans la continuité de notre passage en bio depuis 2018, expliquent-ils. Nous avons encore gagné en autonomie alimentaire grâce à la qualité du foin récolté. Nous avons agrandi les surfaces en luzerne, car nous pouvons enfin la récolter correctement. Nos achats de complémentaire azoté ont été réduits de 30 %, pour être aujourd’hui de 8 tonnes par an pour l’ensemble du troupeau. Enfin, les récoltes sont plus souples et moins onéreuses qu’un chantier d’ensilage et des coupes de foin classiques. »

Les surfaces en légumineuses sont passées de 5  à 15 hectares. Cinq hectares de luzerne irrigués à 700 mètres d’altitude ont permis cinq coupes en 2020. Sur les 55 ha de surface fourragère principale, 30 ha sont récoltés en trois à quatre coupes pour le séchage en grange et 25 ha sont pressés en bottes rondes traditionnelles. Les vaches, qui ont vêlé durant l’automne, reçoivent un régime hivernal uniquement composé de foin séché en grange. « C’est un fourrage très appétant, bien valorisé par une race rustique, précise l’éleveur, qui apprécie l’excellent état des mères suitées en fin d’hiver, en particulier celui des génisses primipares de trois ans. Les lactations se maintiennent bien, ce qui permet une très bonne croissance des veaux. »

Monique Roque-Marmeys

40 animaux en circuit court

La vente directe du Gaec porte sur une dizaine de veaux gras rosés, quinze jeunes bovins et une quinzaine de génisses et jeunes vaches. Ils sont transformés et conditionnés par les éleveurs et un boucher au lycée agricole d’Yssingeaux. La gamme compte de la viande fraîche, des plats préparés en bocaux et des produits secs (saucisses, viande séchée…). « Le passage en bio a boosté les ventes, en particulier celle des magasins », expliquent Franck et Marie-Pierre Paillon. Celles en ligne ont démarré avec le site Pourdebon. « Pouvoir communiquer sur du séchage en grange est un atout, précise le couple, qui gère aussi deux gîtes de groupes. Notre capacité de travail devient un facteur limitant, mais nos trois enfants nous aident et témoignent de l’intérêt pour l’exploitation. »

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Stabilisation des cours

Alors que la semaine 49 correspond habituellement à une très forte activité des abattoirs pour servir le marché italien, les besoins de ce marché ne se montrent pas à la hauteur des années précédentes. D’une part, les volumes mis en place en Italie ont été importants depuis le milieu de l’année. D’autre part, les industriels et les distributeurs se veulent très prudents face à la montée en puissance de l’épidémie de Covid-19.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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