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« Deux bâtiments neufs pour nos poulets à croissance lente »

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Bien-être animal et confort de travail - « Deux bâtiments neufs pour nos poulets à croissance lente »
Dans leurs bâtiments, Pascal Gaiani (à g.) et Sébastien Ponferrada ont installé des panneaux translucides bleus, une couleur apaisante pour les poulets. © F. Ehrhard

La SCEA de la Privade a investi dans deux nouveaux poulaillers pour améliorer le bien-être de ses poulets en label rouge et faciliter le suivi des bandes.

«Dans nos deux premiers poulaillers, installés en 2019, nous devons encore attraper trente poulets tous les quinze jours afin de les peser un par un. Par contre, dans les deux nouveaux mis en service en juin 2021, la pesée est automatisée. C’est moins de travail pour nous et moins de stress pour les poulets », apprécient Pascal Gaiani et Sébastien Ponferrada, associés au sein de la SCEA de la Privade, à Airoux, dans l’Aude.

Grâce à cette automatisation, le suivi de la croissance, réalisé au quotidien sur un grand nombre de poulets, est plus précis. « D’après la courbe théorique pour cette souche à cou nu, nos poulets devraient peser au moins 326 g aujourd’hui, à l’âge de vingt-trois jours, poursuit Pascal. Ils sont à 411 g, c’est bien. Mais il ne faut pas qu’ils grossissent plus vite, car la croissance doit rester lente pour répondre aux objectifs de qualité du label rouge Malvoisine. »

Lorsqu’il faut ralentir un peu cette croissance, les éleveurs réduisent le temps de fonctionnement de la chaîne de distribution d’aliment. « En ce moment, nous l’arrêtons deux heures par jour, ajoute Sébastien. Cela pousse les poulets à manger les dernières miettes, qui contiennent beaucoup de minéraux. »

Meilleure ambiance

Ces nouveaux poulaillers sont équipés d’échangeurs d’air qui améliorent la ventilation. « Ils aspirent l’air chargé d’ammoniaque au ras du sol, le filtrent et le réinjectent en hauteur, explique Pascal. La température est ainsi plus homogène et il y a moins de poussières dans l’air qu’avec la ventilation par les ouvrants. » Lorsque la température monte trop, ceux-ci s’ouvrent malgré tout, pour assurer un meilleur rafraîchissement.

Sur le long pan côté sud, la lumière ne rentre plus qu’un bref moment, quand les volets s’ouvrent pour l’aération. Cela convient mieux aux poulets, qui apprécient l’ombre. De l’autre côté, des plaques translucides teintent la lumière en bleu, une couleur qui les apaise. « Ils sont plus calmes, il y a moins de picage », observe Sébastien. Avec cette meilleure ambiance, les deux éleveurs espèrent ainsi réduire encore les pertes, qui sont, pour l’instant, de 1,5 % en moyenne.

À partir de quarante-deux jours, les poulets sortent sur les parcours dans la journée, un élément essentiel pour leur bien-être. « Nous les élevons jusqu’à 84 jours, avec un objectif de poids de 2,3 kg vifs avant abattage », précise Sébastien. Sur la dernière bande, les deux éleveurs y sont parvenus avec un indice de consommation de 2,93. « Au sein du label, l’indice moyen se situe autour de 3, du fait de la croissance lente », note Pascal.

La SCEA a un contrat avec la coopérative Arterris pour la production de poulets sous label rouge Malvoisine (lire l’encadré en page ci-contre). Elle leur fournit les poussins d’un jour ainsi que les aliments, garantis sans OGM et contenant 17 % de matières azotées totales. « Leur coût dépasse actuellement 350 euros la tonne et continue à grimper, mais heureusement, le prix de reprise des poulets est indexé sur celui des aliments », souligne Pascal.

Une heure et demie par jour

En parallèle, les deux associés sont salariés, l’un dans une exploitation agricole et l’autre à la coopérative. Passionnés par l’élevage, ils ont investi ensemble dans une parcelle de 5,8 hectares, où ils ont installé quatre poulaillers et leurs parcours.

« Avec tout l’équipement, les deux derniers bâtiments sont revenus à 85 000 euros chacun. Mais nous devrions­ optimiser nos résultats et gagner encore un peu de temps », ajoute Pascal. Au quotidien, ils consacrent en moyenne une heure et demie à la surveillance. « C’est rapide, mais il faut y être tous les jours matin et soir, et prendre le temps de bien observer le comportement des animaux », relève Sébastien. Pour chaque bande, ils comptent également trois jours de travail bien remplis pour l’enlèvement des volailles, le défumage et le nettoyage.

Leur objectif est de se verser 500 euros par mois chacun. « Avec une marge brute de 0,61 euro par kilo vif, nous devrions y arriver », affirme Pascal. Le contrat avec Arterris leur permet de conserver jusqu’à 12 % des poulets abattus pour les vendre eux-mêmes en direct, ce qui améliore encore leur revenu. « Nous avons déjà un bon réseau de clients qui apprécient la qualité de nos poulets label rouge. C’est motivant ! » lance Sébastien.

Frédérique Ehrhard

Une filière dynamique

L’Organisme de gestion (ODG) Malvoisine s’est développé avec des adhérents dans toute la France. En Occitanie, c’est la coopérative Arterris qui organise la production. Elle fournit les poussins, issus de deux couvoirs régionaux, et fabrique les aliments avec les céréales de ses adhérents. Sa filiale Les fermiers occitans gère l’abattage et la vente. Les débouchés se partagent entre boucheries, supermarchés, grossistes, rôtisseurs et restaurateurs. « La demande progresse pour des poulets plus lourds, de 2,4 à 2,6 kg vifs, note Florence Noyrigat, responsable volailles chez Arterris. Pour y répondre, nous cherchons de nouveaux producteurs prêts à se lancer en 2022. »

En chiffres

• 4 poulaillers de 400 m²

4 parcours de 8 800 m²

• 4 400 poulets par bande

• 3,5 bandes par an

• Indice de consommation : 2,93

• Âge moyen à l’abattage : 84 jours

• Poids vif moyen avant abattage : 2,3 kg

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Cet article est paru dans La France Agricole

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