Les méteils ont le vent en poupe, notamment chez les éleveurs de bovins allaitants. Leur récolte avant la sécheresse estivale sécurise en effet les systèmes fourragers. Sur le terrain, la diversité des mélanges et des dates de récolte est toutefois importante. « Comme nous manquions de références sur la valeur de ces fourrages, nous avons conduit des essais, pendant deux ans, en 2016 et 2017, dans trois départements, Indre, Loiret et Cher, sur différents types de parcelles », explique Yvan Lagrost, de la chambre d’agriculture du Cher (1).

Trois mélanges testés

Trois mélanges, plus ou moins riches en protéagineux, étaient testés. Celui avec une dominante de céréales comprenait, par mètre carré au semis : 127 grains de triticale, 68 d’avoine, 17 de pois et 33 de vesce. Le mélange « mixte » était composé de 76 grains de triticale, 41 d’avoine, 29 de pois, 33 de vesce et 10 de féverole. Enfin, le mélange « protéagineux » ne disposait que d’une cé­réale, l’avoine, à raison de 41 grains par m2. Il intégrait aussi 34 grains de pois, 33 de vesce et 13 de féverole.

Toutes les plateformes testées ont reçu 50 unités d’azote soufré par hectare dès que la somme des températures avait atteint 200 °C (base 0 au 1er janvier). À la récolte, la mesure de la proportion de chaque plante a été réalisée. Ensuite, chacune a été envoyée au laboratoire séparément, pour obtenir des résultats les plus précis possible.

De bonnes valeurs

« Le mélange céréalier obtient de bonnes valeurs en énergie et en matière azotée totale (MAT) en coupe très précoce, grâce aux apports azotés, explique le conseiller. Ces valeurs peuvent être toutefois plus mesurées lors des printemps froids et secs, comme ce fut le cas en 2020 et 2021. Le manque d’eau a pénalisé la bonne valorisation de l’apport azoté. »

La mise en place du mélange protéagineux est souvent plus coûteuse en semences. « Il comporte donc un risque de non-retour sur investissement si le rendement n’est pas suffisant », ajouteYvan Lagrost. La moyenne des récoltes précoces du mélange protéagineux s’affiche toutefois à 4 tonnes de MS/ha. « Lorsque le méteil est récolté après épiaison de la graminée, c’est-à-dire lorsque la somme des températures (base 0 au 1er février) atteint 880 °C, les valeurs alimentaires chutent pour les trois mélanges. » Celles du mélange protéagineux sont celles qui résistent le mieux, avec 16 % de MAT et près de 6 t de MS/ha en moyenne.

« Récolter un mélange céréalier tardivement, autour de 1 310 °C, est une stratégie intéressante en bovins viande, déclare l’expert. La valeur alimentaire, meilleure que celle d’un foin des prés, peut constituer une base pour la ration des vaches en hiver. La production supérieure à 9 t de MS/ha sécurise le système fourrager. L’incorporation d’une prairie de moyenne ou longue durée au semis est sans doute à privilégier en cas de récolte tardive. Elle pourra fournir de l’herbe à pâturer à l’automne si la pluie est au rendez-vous ou au moins bénéficier d’une prairie en place. Certains font le choix de n’incorporer qu’un ray-grass hybride pour disposer d’un sol couvert à moindre coût. »

Marie-France Malterre

(1) Le 25 janvier, lors d’un webinaire organisé par la ferme expérimentale de Jeu-les-Bois, dans l’Indre.

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