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Des pistes pour contenir son coût alimentaire en bovin viande

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Rentabilité du système allaitant - Des pistes pour contenir son coût alimentaire en bovin viande
« Une analyse de la valeur des fourrages assure un meilleur ajustement des apports aux besoins des animaux », souligne Jérémy Douhay, de l’Idele. © Ph. Montigny/Filimages

L’Institut de l’élevage préconise quelques leviers à mettre en place en élevage allaitant, pour éviter un dérapage des charges sur le poste de l’alimentation.

La hausse des prix des matières premières, qui s’est amplifiée ces derniers mois, affecte la rentabilité des systèmes allaitants. Pour en limiter les effets, l’Institut de l’élevage (Idele) a formulé quelques recommandations. Le levier d’action prioritaire consiste à favoriser la consommation de fourrages, pâturés ou stockés, par le troupeau reproducteur ou les animaux en finition, ce qui réduit le recours aux concentrés, un poste de charges important.

Transition alimentaire

Pour les vaches mises à la reproduction en bâtiment, « une analyse de fourrages et un contrôle par pesée des quantités distribuées permettent d’économiser jusqu’à 1 kg de concentrés par vache et par jour », illustre Jérémy Douhay, du service productions de viandes de l’Idele.

L’expert rappelle qu’au moment de la sortie au pâturage, une transition alimentaire progressive est nécessaire pour valoriser au mieux l’herbe de printemps. Afin d’éviter aux bovins un transit trop rapide, il est conseillé de leur apporter un fourrage grossier – foin ou paille – durant deux à trois semaines après le lâcher. « En début de saison, l’herbe pâturée est un fourrage équilibré qui ne nécessite pas de complémentation », reprend Jérémy Douhay. Tout au long de la période à l’herbe, opter pour une conduite en pâturage tournant permet « une meilleure valorisation du potentiel herbager et une réduction des besoins en concentrés, d’autant plus si les prairies sont riches en légumineuses », poursuit-il.

L’optimisation du stade et de la technique de récolte assure également la production de fourrages plus riches en énergie et en matières azotées. « C’est une stratégie gagnante pour réduire les apports en concentrés azotés », évoque l’expert. À titre d’exemple, pour un troupeau de 70 vaches allaitantes alimentées en bâtiment pendant 200 jours, « l’introduction de 3 kg de matière sèche d’ensilage d’herbe par animal et par jour dans la ration hivernale fait économiser près de 3 tonnes de soja par an. »

Une autre voie consiste à gérer la complémentation des veaux sous la mère au pré, en fonction de la disponibilité et de la qualité de l’herbe offerte. Des essais menés à la ferme de Jalogny (1) montrent qu’une conduite en pâturage tournant bien gérée, avec une mesure des hauteurs d’herbe à chaque entrée et sortie de parcelle, conduit à une économie de 100 kg de concentrés par veau, sans détériorer les performances (lire l’encadré).

Croissance compensatrice

Comme autre piste d’intérêt, l’Idele évoque la possibilité de jouer sur la croissance compensatrice des génisses d’élevage. La réduction du niveau énergétique d’UFL dans la ration se traduira par « une baisse de la croissance de 200 g/j, soit 10 à 20 kg de poids vif en moins, qui sont rattrapables lors de la mise à l’herbe au printemps », assure Jérémy Douhay. Deux conditions restent à remplir : la ration doit être bien équilibrée et l’herbe pâturée au printemps doit être en quantité et en qualité suffisantes.

Lucie Pouchard

(1) Lire La France agricole  n° 3859 p. 29 « Alimenter ses broutards en fonction de ses objectifs de vente ».

Économie de concentrés

La ferme expérimentale de Jalogny, en Saône-et-Loire, poursuit ses essais sur la complémentation de veaux mâles nés à l’automne. La dernière série affiche des résultats prometteurs. Pendant la période de pâturage d’avril à juin 2021, le lot complémenté a été rationné au nourrisseur à 3 kg d’aliment par veau et par jour, pour atteindre un gain moyen quotidien (GMQ) au sevrage de 1 690 g/j. Le lot non complémenté a, quant à lui, enregistré un GMQ de 1 600 g/j. « En vue d’atteindre le même poids à la vente, le sevrage du lot non complémenté a été différé de quinze jours. Le décalage des sorties n’a pas eu d’impact sur le prix de vente moyen par rapport au premier lot, alors que la marge sur coût alimentaire a été réduite de 40 €/veau pour le lot non complémenté », note Jérémy Douhay.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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