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Des minéraux pour soigner les troubles locomoteurs des volailles

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Phosphore et calcium - Des minéraux pour soigner les troubles locomoteurs des volailles
La complémentation minérale des volailles est distribuée dans l’eau de boisson. © Sébastien Champion

Certains cas de boiteries relèvent exclusivement de déséquilibres métaboliques et nécessitent une supplémentation adaptée de l’alimentation.

Et si les problèmes de locomotion des volailles n’étaient pas forcément d’origine infectieuse ? Pour Samuel Sauvaget, vétérinaire spécialisé dans la médecine des volailles et lapins aux Herbiers, en Vendée, « la recherche systématique d’agents infectieux n’est pas toujours suffisante dans la prise en charge thérapeutique des boiteries. Un certain nombre d’étiologies (1) relève de troubles exclusivement métaboliques, non détectables par une analyse bactériologique classique. » Par ailleurs, « les conséquences de certaines pathologies, infectieuses ou non, peuvent se manifester par des modifications de l’équilibre phosphocalcique ».

Phosphore et calcium

Or, cet équilibre des concentrations de calcium et de phosphore dans le sang, mesurées grâce à une analyse biochimique (lire l’encadré ci-contre), est déterminant pour la qualité de l’ossification. « Cela influe donc sur la croissance des volailles de chair, ainsi que sur la ponte pour les animaux reproducteurs et les poules pondeuses », appuie Samuel Sauvaget.

En 2018, le praticien a étudié une série de vingt-deux cas de troubles locomoteurs : dix poulets, sept dindes, trois canards et deux pintades (2). À l’issue des analyses biochimiques, « 55 % des cas débouchent sur une prescription en phosphore, 27 % en calcium, 14 % concluent à une absence de complémentation et 4 % à une complémentation mixte ».

Causes multiples

En cas de cause infectieuse de la boiterie, quelle que soit l’espèce, deux tiers des sujets étudiés nécessitent une supplémentation en phosphore. « Lorsque la cause est non infectieuse, la répartition est plus équilibrée avec 39 % de supplémentation en calcium et 46 % en phosphore », précise Samuel Sauvaget.

Les origines des déficits en minéraux sont multiples, mais résultent toujours d’un problème d’assimilation lié à un dysfonctionnement digestif. « Des maladies telles que la réovirose, mais aussi des problèmes de qualité de l’eau (charge bactérienne néfaste, pH trop basique) peuvent être responsables de défauts d’absorption intestinale. » La qualité de ventilation du bâtiment, de la distribution de l’aliment ou encore du programme lumineux sont également des pistes à explorer.

La supplémentation minérale est réalisée dans l’eau de boisson. Elle dure 3 à 5 jours, pour un coût compris entre 1 et 2 centimes/m2 par jour pour du poulet de chair standard. « Pour les poules pondeuses, dont la durée de séjour est plus importante dans l’élevage, un suivi biochimique peut ensuite être envisagé, afin de vérifier le bon fonctionnement métabolique des animaux dans le temps », explique Samuel Sauvaget.

Vincent Guyot

(1) Étude des causes des maladies.

(2) Présentée aux journées de la recherche avicole.

Prélèvement sanguin

Pour justifier la prescription d’une complémentation minérale, une analyse de biochimie sanguine est nécessaire. « Le sang est prélevé en élevage ou en laboratoire, préalablement à l’autopsie », détaille Samuel Sauvaget. Trois paramètres sont mesurés : le calcium, le phosphore et le taux de protéines totales, « car il peut impacter la calcémie », précise le praticien. Le coût de l’analyse est de 15,60 € HT par animal. « Il convient d’analyser 5 à 10 sujets présentant des symptômes, ainsi que 4 à 5 autres qui ne boîtent pas. » Plus largement, le recours à la biochimie sanguine peut être un levier pour limiter l’usage des antibiotiques. « De plus en plus de groupements de producteurs en sont demandeurs, rapporte Samuel Sauvaget. Cela permet également d’identifier des pistes d’améliorations techniques dans les ateliers de production. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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