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« Des fourrages en dérobée pour renforcer l’autonomie »

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Alimentation - « Des fourrages en dérobée pour renforcer l’autonomie »
L’été dernier, Sylvain (à gauche) et Dominique Delcros ont semé ce colza fourrager après une céréale. À la fin du printemps, ils implanteront à la place une prairie. © Frédérique Ehrhard

Le Gaec Le Truc du midi complète le pâturage de ses brebis avec du colza fourrager et les stocks avec du sorgho sucrier.

ÀPalhers, en Lozère, le redoux fin février a favorisé la croissance du colza fourrager, qui rattrape son retard. « Dès la mi-mars, les brebis vont commencer à le pâturer. Cette culture nous permet de les sortir un mois plus tôt. L’odeur les fait hésiter le premier jour, mais une fois qu’elles y ont goûté, elles broutent volontiers les fleurs et les feuilles. Grâce à sa valeur alimentaire, cette plante relance la lactation tout en améliorant les taux du lait », note Dominique Delcros.

Lactation relancée

Avec sa femme Nicole et leur fils Sylvain, ils élèvent 440 brebis laitières en bio sur 98 ha cultivables et 100 ha de parcours. Pour conforter leur autonomie, ils ont introduit des dérobées. « Depuis deux ans, nous implantons du colza sur 10 ha juste après la moisson, tant que le sol est encore frais. Celui-ci fournit un pâturage à l’automne et un autre au printemps, avant l’implantation d’une prairie », précise Sylvain.

Pour avoir de l’herbe tôt au printemps, ils sèment aussi un mélange de vesce avoine, qui sera suivi en dérobée par un sorgho destiné à l’ensilage. © Frédérique Ehrhard

En 2019, ils ont semé leur colza à la volée après un passage de vibroculteur dans les chaumes, à la dose de 7 kg/ha. Avec deux pâturages, cette culture leur a apporté 4 à 5 t de MS/ha. « En 2020, nous avons griffonné puis semé en combiné, mais trop profond. La levée a été moins bonne et le pâturage d’au­tomne plus court. » Après avoir pâturé le colza, les brebis passent sur un mélange de vesce avoine implanté sur 10 ha autour de la bergerie. Elles y pâturent chaque jour en alternance avec les parcours jusqu’au 10 juin. « Depuis trois ans, nous implantons un sorgho en dérobée sur ces parcelles­. Après un apport de fumier et un labour léger, nous passons le vibroculteur avant de semer à 5 kg/ha vers le 15 juin. »

Semer à la bonne profondeur

À cette période, il y a encore des pluies qui assurent la levée. « Durant l’été, le sorgho végète, puis après le 15 août, il démarre », observe Dominique. Pour le réussir, il faut semer à trois centimètres de profondeur. « Cette année nous allons nous équiper d’un semoir pneumatique à disques qui nous aidera à mieux contrôler la profondeur », relève Sylvain.

Ils ont choisi une variété de sorgho sucrier BMR, Big Dragoon, qu’ils enrubannent en septembre avant de resemer de la vesce avoine. En 2020, ils ont récolté 7 t de MS/ha. « Les semences sont chères. Mais c’est un fourrage riche en sucres qui équilibre bien les légumineuses dans la ration, note Dominique. Il conforte nos stocks et nous donne de la marge pour affourager durant l’été ou l’automne si cela devenait nécessaire. »

Frédérique Ehrhard

En chiffres

• 3 associés

• 440 brebis laitières en bio, 300 l/brebis

• Surface : 198 ha

• Assolement 2020 : 27 ha de prés de fauche, 44 ha de prairies temporaires, 20 ha de céréales, dont 10 ha avec colza fourrager en dérobée, 7 ha de vesce avoine avec sorgho sucrier en dérobée, 100 ha de parcours

S’adapter aux automnes secs

Les brebis, traites de novembre à juillet, arrivent en fin de lactation l’été, quand l’herbe se fait rare. « En août, au tarissement, les parcours boisés leur suffisent », note Dominique. Mais en septembre et octobre, elles doivent se remettre en état avant l’agnelage et la lactation. « Ces dernières années, la sécheresse s’est prolongée à l’automne et nous avons dû entamer les stocks pour compléter. Avec le colza, ce n’est plus nécessaire », apprécie Sylvain. En 2019, celui-ci a bien démarré et les brebis l’ont pâturé du 15 septembre au 10 novembre. En 2020, par contre, avec une levée moins réussie, elles n’y sont restées que deux semaines.

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