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« De l’herbe pâturée tout l’été pour mes 55 vaches allaitantes »

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Pratique agroenvironnementale - « De l’herbe pâturée tout l’été pour mes 55 vaches allaitantes »
Une gestion efficace de l’herbe permet à David Gauthier d’être quasiment autonome, été comme hiver, pour ses 55 vaches allaitantes. © D. Gauthier

Grâce à un pâturage tournant dynamique et à des parcelles d’herbe de réserve, David Gauthier évite le « trou d’herbe d’été » fréquent dans l’Allier.

«Adepte du pâturage tournant depuis mon installation en 1999, je suis passé à la version dynamique il y a quatre ans », explique David Gauthier, qui exploite 135 ha, dont 40 ha de cultures, à Châtel-Montagne, dans l’Allier. Il conduit 55 vaches limousines et charolaises et 9 000 poules pondeuses, en bio. « En créant le GIEE Patoudyapa (1) avec cinq polyculteurs-éleveurs de la montagne bourbonnaise, nous voulions une meilleure autonomie alimentaire tout en respectant davantage l’environnement et en produisant des viandes de qualité. Je suis satisfait de cette pratique plus pointue et très efficace. »

Entre un et trois jours de rotation

L’éleveur a divisé ses 95 ha de prairies en une centaine de paddocks, et son troupeau bovin en trois lots. Un lot de 20 limousines et leurs veaux et un autre de 20 génisses de trois ans tournent sur des paddocks de 7 000 m². Le lot composé de 34 animaux âgés d’un à trois ans bénéficie, quant à lui, de 30 paddocks d’1 ha. Les rotations sont brèves, entre un et trois jours. Le passage rapide des vaches limite les dégâts causés par leur piétinement. « Cette pratique optimise la pousse de l’herbe et me donne la possibilité de sauvegarder des paddocks en réserve, que j’utilise pour faire pâturer les animaux entre le 14 juillet et le 15 août, une période séchante durant laquelle il est fréquent d’affourager. Je n’ai distribué aucun foin sur l’été 2020, pourtant très sec, grâce à une dizaine d’hectares préservés en stocks sur pied. Ces parcelles sont également très profitables pour les oiseaux et pour les insectes. Un constat qu’apprécient les chasseurs avec lesquels nous réimplantons plusieurs centaines de haies chaque année, » indique l’agriculteur.

Débourrage précoce

« J’ai encore une marge de progrès en matière d’autonomie et d’optimisation des prairies, poursuit-il. Je pratique désormais un débourrage des prairies au mois de février afin de démarrer la saison de pousse de l’herbe avec un gazon ras. La pousse est plus précoce et plus rapide. » À l’automne, il sème aussi du pois, de la féverole et du triticale sous couvert végétal pour des récoltes en enrubannage au mois de juin, suivies d’un pâturage estival. « En 2020, mes achats d’aliments complémentaires se sont limités à 4 t d’un mélange d’orge et de pois et 2 t d’aliment bio pour les veaux », se réjouit David, qui vend les mâles en veaux rosés sous la mère ou en bœufs de 3 ans. Un lot de 12 vaches en finition reçoit 2 kg d’orge par animal et par jour en plus de l’herbe pâturée.

Cohérence agronomique et environnementale

Pour augmenter ses réserves en protéines, l’éleveur achète de la luzerne sur pied (5 à 6 ha couvrent les besoins de son troupeau). Cette culture est complexe sur ses terres trop riches en fer.

« J’aime cette approche globale de mon système d’exploitation. Sa cohérence sur un plan agronomique et environnemental facilite la communication que nous devons faire sur notre métier. »

Monique Roque Marmeys

(1) Pâturage tournant dynamique pour aller vers une plus grande autonomie des exploitations tout en améliorant les pratiques agroenvironnementales.

Lauréat au Concours des pratiques agroécologiques

David Gauthier fait partie des 32 lauréats qualifiés pour la finale nationale du Concours 2021 des pratiques agroécologiques. Sa participation antérieure au concours organisé par l’association « Symbiose Allier » lui a valu cette qualification, avec de nombreux points forts relevés par le jury : « Les pratiques mises en œuvre par l’éleveur (pâturage tournant dynamique, alternance de fauche et de pâture) conduisent à optimiser le potentiel agronomique et zootechnique de la parcelle. Sa flore est très diversifiée. Une gestion différenciée de l’herbe offrant des hauteurs variées est favorable à la faune locale (zone refuge ou site de reproduction avec plus de couvert et zone de nourrissage et de déplacement en herbe plus rase). »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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