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« De l’eau fraîche pour nos bovins dans toutes les prairies »

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Abreuvement - « De l’eau fraîche pour nos bovins dans toutes les prairies »
Gérard Enard et ses deux fils, Julien et Rémi, devant l’un des trente bacs de l’exploitation. © Monique Roque-Marmeys

La famille Enard a installé des compteurs et des adductions d’eau du réseau pour assurer l’abreuvement au pré de leurs 250 charolaises.

« La répétition des séche­resses estivales, le tarissement inédit de sources et l’astreinte d’apporter tous les jours de l’eau au pré pour le troupeau nous a fait revoir notre système d’abreuvement des vaches allaitantes », expliquent Gérard et Chantal Enard, associés avec leurs deux fils Julien et Rémi à Mazirat, dans l’Allier, au sein du Gaec du Chassin.

Mise à l’herbe précoce

Leur exploitation de 400 ha, répartis en quatre sites espacés d’une quinzaine de kilomètres, compte 50 ha de cultures, 15 ha de maïs ensilage et 235 ha de prairies, dont 100 ha de prairies temporaires. Elle abrite 250 vaches charolaises et 30 prim’hosteins. L’îlot principal de 200 ha entourant les bâtiments était celui qui souffrait le plus du manque d’eau accessible durant l’été. Les trois autres sites étaient déjà équipés et l’un d’eux est traversé par un ruisseau. L’herbe est privilégiée dans un système autonome avec une mise à l’herbe précoce, à la mi-mars. Un pâturage tournant est organisé en rotation rapide par lots de 25 animaux. « Jusqu’à l’an passé, il nous fallait deux heures par jour pour apporter de l’eau aux 120 vaches suitées pâturant autour des bâtiments, poursuivent les associés. À raison de 30 € par jour de frais de tracteur (gasoil et amortissement), la distribution quotidienne de 18 m3 d’eau pendant plusieurs semaines nous coûtait cher. Sans compter le souci permanent que les vaches aient toujours de l’eau à disposition ! Un foreur et des sourciers ayant confirmé l’absence de sources exploitables, nous avons décidé d’installer des compteurs herbagers sur des passages d’adduction d’eau du réseau ainsi que des tuyaux conduisant l’eau jusqu’à des bacs équipés de flotteurs dans les différentes parcelles. »

L’installation d’abreuvement du Gaec du Chassin est composée, au total, de quinze compteurs d’eau. © Monique Roque-Marmeys

2 km de tuyaux enterrés

Les éleveurs ont assuré la main-d’œuvre du chantier, échelonné sur quatre ans. Avec l’installation de neuf compteurs, de 2 km de tuyaux enterrés et de trois bacs supplémentaires, leurs vaches ont aujourd’hui de l’eau fraîche dans toutes les parcelles. « À raison de 60 € pour 100 m de tuyau, de 100 € par heure de pelleteuse (pour 100 à 150 m de tuyau) et de 500 à 1 000 € par compteur posé, le budget global atteint 10 000 €, sans compter nos heures de travail, analyse Julien Enard. Nous avons apprécié durant cet été à nouveau très sec les effets positifs de cet investissement de long terme. Nous libérer de cette astreinte quotidienne est une vraie satisfaction. » Les éleveurs attachent aussi une grande importance à offrir une eau de qualité à leurs animaux. « C’est autant de garantie pour leur santé. Les frais vétérinaires s’en trouvent réduits : nous traitons tous les animaux une seule fois par an contre les strongles. Tous les points d’eau stagnante ont été rendus inaccessibles. »

Ce raccordement au réseau d’eau po­table a également affranchi la famille Enard du problème de pompage de l’eau au ruisseau, qui devenait une source de conflits avec le voisinage malgré une autorisation préfectorale.

Monique Roque-Marmeys

Un budget annuel de 15 000 €

« Abreuver 250 mères et leur suite nous coûte 15 000 € par an. L’eau est facturée 2,103 €/m3 (1,94 € en 2016). Nous en consommons en moyenne 3 500 m3 durant l’hiver dans les stabulations. Il faut compter 3 300 m3 durant les étés, qui sont de plus en plus secs, » précise Gérard Enard. À cela s’ajoutent les abonnements des différents compteurs, à raison de 97,40 € par an et par compteur (une augmentation de 30 % a été observée en quatre ans). L’exploitation en possède aujourd’hui quinze, répartis sur les quatre sites. « Le poste “eau” est important sur un plan financier et conséquent sur la santé de nos animaux. C’est pourquoi nous y attachons de l’importance. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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