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Cibler 7 cm pour la hauteur de fauche est crucial pour les stocks

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Prairies - Cibler 7 cm pour la hauteur de fauche est crucial pour les stocks
Essais de fauche réalisés dans la Loire : à gauche, la hauteur est de 7 cm, tandis que la bande la plus claire est coupée à 5 cm. © P. Vergiat

Faucher haut s’impose pour pérenniser les prairies. C’est aussi une condition à respecter pour récolter tôt et vite une herbe entre 30 et 35 % de matière sèche.

Comment gagner rapidement de la matière sèche (MS) sur les fauches précoces ? « En fauchant à 7 cm, ni plus, ni moins ! insiste Pierre Vergiat, de la chambre d’agriculture de la Loire (1). Avec le réchauffement climatique, la stratégie de récolte revêt une importance primordiale. « Surtout au printemps, car la première coupe représente 30 à 40 % du rendement annuel d’une prairie », ajoute l’expert.

Bonne repousse

La hauteur de 7 cm favorise la repousse rapide. « Les réserves de la plante ne sont pas entamées, indique Pierre Vergiat. Des études conduites sur l’ensemble de la saison ont montré qu’il était possible de gagner 1 tonne de matière sèche par hectare et par an par rapport à une fauche réalisée à 5 cm. »

Avec une fauche haute, la qualité du fourrage récolté est également meilleure. La partie de la plante la plus proche du sol a une moins bonne valeur alimentaire. « Les fourrages fauchés entre 6 et 8 cm affichent une teneur en matières azotées totales (MAT) supérieure de 1 point par rapport à ceux coupés entre 3 et 4 cm », souligne-t-il. À l’exception des parcelles de ray-grass italien qui seront retournées pour implanter du maïs, il n’est pas intéressant d’aller chercher des stocks au plus ras.

Pour un gain de 250 kg de MS/cm/ha récolté, les inconvénients sont lourds de conséquences. En plus de dégrader la pérennité de la prairie, il n’est pas rare de « ramasser » de la terre, ce qui risque d’induire des problèmes de butyriques en élevage laitier. « La fauche haute est par ailleurs favorable à un ressuyage plus rapide du fourrage », ajoute Pierre Vergiat. L’herbe coupée repose sur une sorte de coussin d’air.

Vérifier les réglages

« À récolter trop ras, l’exploitant s’expose à un risque de salissement accru de la prairie », souligne-t-il. Des espèces peu intéressantes telles que le pissenlit, le rumex ou le chiendent peuvent apparaître. Ce phénomène s’accentue en cas de sécheresse.

En fauchant haut, le risque d’endommager le matériel est aussi minimisé. En somme, vérifier le réglage de la faucheuse en début de chantier s’impose. « Un éleveur de notre zone a soudé un sabot sous sa faucheuse pour être sûr de ne pas descendre trop bas, précise le technicien. La couleur de l’herbe coupée est également un bon indicateur. En circulant sur les routes de campagne au printemps, on voit que les parcelles vert clair, signe d’une coupe trop rase, sont encore trop nombreuses ! »

M.-F. Malterre

(1) Intervention lors du webinaire Journée herbe, organisé par la ferme expérimentale de Jalogny (Saône-et-Loire) le 13 avril 2021.

S’adapter à la précocité

« Les stades des végétaux sont plus précoces, observe Pierre Vergiat. Certaines années, la pousse démarre dès la fin de l’hiver. Résultat : les premières coupes débutent alors que les fenêtres météo ne sont pas toujours favorables. » L’effet du gel inquiète aussi. Si le nombre de jours diminue globalement, les gelées tardives sur des stades plus avancés sont préoccupantes. Les événements des derniers jours semblent le prouver. « Les graminées qui subissent un stress thermique vont avoir tendance à monter rapidement à épiaison, afin de faire des graines pour assurer la pérennité de l’espèce, ajoute-t-il. C’est une réaction de survie naturelle. »

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