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Acheter des agnelles pour assurer le renouvellement

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Améliorer les résultats techniques et économiques - Acheter des agnelles pour assurer le renouvellement
En mouton vendéen, la productivité des agnelles achetées affiche dix points supplémentaires par rapport à celles issues d’un renouvellement interne. © Watier Visuel

Cette stratégie permet d’améliorer les résultats techniques. L’étude Achagnel, pilotée par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, confirme également son intérêt économique.

Le renouvellement externe ne manque pas d’atouts. Il permet, en particulier, d’affecter tous les lots à la production d’agneaux de boucherie, de faire un lot unique d’agnelles et, ce faisant, de simplifier la conduite d’élevage. Comme le rappelle l’étude Achagnel (1), c’est aussi un levier de progrès technique. Pilotée par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire et cofinancée par le conseil régional, elle a permis d’étudier une cohorte de 5 140 agnelles nées en 2016, 2017 et 2018. Une centaine de lots issus d’une vingtaine d’élevages ont alimenté cette base. Trois d’entre eux travaillaient en renouvellement externe total, huit en renouvellement mixte et huit en renouvellement interne.

Meilleure productivité numérique

En moyenne, « les résultats techniques sont meilleurs dans les lots d’agnelles achetées », indique Laurent Fichet, chargé de mission à la chambre d’agriculture. Le constat vaut surtout dans les élevages en agnelage unique de printemps. Dans ces exploitations, l’achat extérieur est pratiquement la seule solution pour obtenir des agnelles suffisamment âgées et développées pour être mises en lutte dès la première année.

Trois races étaient représentées dans Achagnel : mouton vendéen, romane et rouge de l’Ouest. En mouton vendéen, la cohorte la plus importante, et la seule pour laquelle des lots achetés et conservés ont été comparés, la productivité numérique (PN) des agnelles achetées affiche jusqu’à dix points supplémentaires. Elle est de 1 en moyenne contre 0,89 dans les élevages en renouvellement interne. On observe aussi un gain sur les taux de mise bas (90 % contre 83 %) et de mortalité des agneaux (22 % contre 26 %). La prolificité reste équivalente (1,44 agneau).

Achagnel livre également des résultats intéressants sur l’intérêt économique du renouvellement externe. L’étude a permis de comparer le prix d’achat d’une agnelle de cinq mois – issue d’un troupeau en sélection ou multiplication – au prix de vente à la boucherie de l’agnelle remplacée (120 euros).

De 20 à 60 euros de gain net par animal

« Dans tous les cas, on arrive à un surcoût. Selon le type génétique, il varie entre 10 et 50 euros par agnelle. Mais, pondère Laurent Fichet, en raisonnant à l’échelle de la carrière de l’animal, ce surcoût est compensé et l’on obtient même un gain net. Nous le situons entre 20 et 60 euros. »

Avec une productivité moyenne d’un agneau, contre 0,9 en renouvellement interne, l’écart de production est d’un demi-agneau tous les cinq ans. À ceci « il faut ajouter un écart sur le coût alimentaire », car les animaux issus d’agnelles en renouvellement externe ont un GMQ légèrement plus élevé (250 g par jour contre 240 g en renouvellement interne) et une durée d’engraissement plus courte (132 jours contre 137).

D’autres facteurs plaident également en faveur de cette stratégie. En particulier, la très probable amélioration des qualités bouchères des agneaux nés d’agnelles achetées. « Nous ne l’avons pas chiffrée, mais il y a un plus à ce niveau-là, c’est certain, affirme Laurent Fichet. En renouvellement externe, l’éleveur n’a plus besoin de béliers de type élevage. Il peut sélectionner les reproducteurs uniquement sur leurs qualités bouchères. »

Anne Mabire

(1) Les résultats d’Achagnel ont été présentés le 24 septembre à Laval, dans le cadre de la Rencontre régionale ovine de 2020.

Gérer le risque sanitaire

Le renouvellement externe est intéressant sur les plans technique et économique, à condition toutefois de maîtriser le risque sanitaire. Il est inhérent à l’introduction d’animaux nés à l’extérieur. L’étude Achagnel recommande aux éleveurs de s’approvisionner, a minima, tous les ans dans le même élevage. Il est également important de se concerter avec le naisseur. L’enjeu est d’échanger des informations et des conseils sur la conduite d’élevage. Mais aussi de préparer la transition alimentaire, gage d’une adaptation plus facile.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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