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Valoriser l’azote en situation de sécheresse

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Céréales - Valoriser l’azote en situation de sécheresse
Un climat desséchant la surface du sol (sec et venté), une culture peu couvrante laissant le sol exposé à la dessiccation et un sol léger, sableux ou caillouteux sont défavorables à la valorisation de l’apport azoté. © Christian Watier

Un cumul de 15 mm de pluie dans les deux semaines suivant l’apport azoté est nécessaire pour sa bonne absorption, mais n’est pas toujours possible.

En 2020, de la mi-mars à la fin du mois d’avril, la majeure partie de la France connaît une période sèche « généralisée et exceptionnellement longue, indique Philippe Braun, d’Arvalis. Pour la quasi-totalité des céréales, cet épisode coïncide avec des apports habituels d’azote. Si les sécheresses ne sont pas rares à cette période, elles tendent à s’aggraver. »

Même des petites pluies

Cette année, à Orléans par exemple, il a fallu attendre trente-deux jours à partir du 10 mars pour cumuler les 15 mm de pluie nécessaires à la bonne valorisation de l’azote. « Pourtant, les efficacités mesurées [fraction de l’azote total du fertilisant absorbée par les plantes jusqu’à la récolte, aussi appelée “coefficient apparent d’utilisation”] ne sont pas si faibles, voire supérieures aux valeurs attendues, malgré la sécheresse », constate l’ingénieur. Selon lui, l’état du sol a joué. « Quelques millimètres de pluie ou des rosées suffisent à faire fondre des granules d’engrais. Les remontées d’eau dans les horizons inférieurs vont distribuer l’azote plus profondément, le rendant accessible aux racines. »

Même des petites pluies, de l’ordre de 5 mm, sont utiles : associées à un sol humide, elles assurent une bonne efficacité. Le raisonnement des apports se fera selon les pluies annoncées plutôt que le stade précis de la culture.

Les doses doivent cependant être cohérentes avec le besoin des plantes. « Bombarder des grosses quantités n’est jamais une bonne idée, prévient Philippe Braun. Attention à cette tentation d’en apporter beaucoup d’un coup parce qu’une pluie est annoncée. L’efficacité sera mauvaise. » Des essais ont montré qu’au-delà de 90 unités d’azote (UN), chaque tranche supplémentaire de 40 UN voit son efficacité diminuer de 20 %. « Une dose élevée va mettre plus de vingt à trente jours à être absorbée, explique-t-il. Pendant ce temps, elle peut être consommée par les micro-organismes du sol ou volatilisée. » Un agriculteur aura intérêt à fractionner et modérer les quantités apportées.

Choisir la bonne forme

Toutes les formes d’azote n’ont pas la même efficacité : l’ammonitrate reste la référence, devant l’urée adjuvantée. La solution azotée, plus sensible à la volatilisation, arrive en dernière position. « Leurs différences sont exacerbées par la sécheresse, rapporte Jean-Louis Moynier, d’Arvalis. En situation de déficit hydrique suivant l’apport, des essais ont montré que l’ammonitrate perd entre 10 et 12 % d’efficacité, et la solution de l’ordre de 30 %. »

Tout apport doit être évité par temps sec et venteux. « S’il ne peut pas attendre, mieux vaut privilégier la forme solide. Si c’est impossible, pour des raisons logistiques par exemple, il est recommandé de ne pas dépasser 50-60 kg/ha d’azote par apport, en évitant les heures les plus chaudes », conclut-il.

Justine Papin

Suivre la dynamique

La consommation d’azote est relative à la croissance de la culture. En phase de tallage, un blé de potentiel 90 q/ha consomme environ 1 kg/ha d’azote par jour. Pendant la croissance rapide de la montaison, la consommation peut atteindre de 3 à 3,5 kg/ha/jour, sachant qu’un climat défavorable (températures froides ou sécheresse) la diminue. La quantité apportée doit être un peu supérieure aux besoins : pour assurer une efficacité de 80 %, il faut environ 20 % d’azote de plus que la consommation probable de la culture.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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